Oui, une borne 7,4 kW peut fonctionner avec un abonnement 6 kVA, mais pas à pleine puissance. À 7,4 kW, une borne monophasée appelle 32 A, alors qu’un abonnement 6 kVA correspond à 30 A : elle doit être bridée ou pilotée par un délestage, à moins d’augmenter la puissance souscrite.
Vous saurez chiffrer l’énergie à récupérer chaque nuit, lire la marge de votre compteur Linky, comparer bridage, délestage et passage à 9 kVA avec les tarifs d’Enedis et d’EDF, puis arriver à la visite technique avec les bonnes questions.
Borne 7,4 kW sur abonnement 6 kVA : pourquoi le compte n’y est pas
À pleine puissance, la borne seule dépasse ce que le contrat autorise. Enedis fait correspondre, en monophasé, 6 kVA à 30 A, 9 kVA à 45 A et 12 kVA à 60 A ; la fiche technique de la Schneider Charge, par exemple, associe 7,4 kW à 32 A en monophasé.
| Puissance souscrite (monophasé) | Courant maximal selon Enedis | Marge face à une borne à 32 A |
|---|---|---|
| 6 kVA | 30 A | Aucune : 32 A dépassent 30 A |
| 9 kVA | 45 A | 13 A |
| 12 kVA | 60 A | 28 A |
La puissance souscrite est le plafond que votre contrat vous autorise à appeler en même temps, tous appareils confondus. Au-delà, le Linky coupe l’alimentation et affiche « PUISS DEPASSEE », selon Enedis : ce n’est pas une panne, c’est le contrat qui s’applique.
Certains foyers découvrent ce plafond avec le Linky. Enedis explique qu’un ancien disjoncteur mal réglé pouvait laisser consommer plus que la puissance souscrite, alors que le Linky applique le réglage du contrat : une maison qui « tenait » avant ne supportera pas forcément une recharge en plus.
Enfin, kVA et kW ne sont pas interchangeables : le guide puissance souscrite et puissance de recharge détaille la différence.
Quelle énergie votre voiture doit-elle récupérer chaque nuit ?
Partez des kilowattheures à rendre à la batterie pendant que la voiture est garée, pas de la puissance de la borne. Un kilowattheure (kWh) est une quantité d’énergie, un kilowatt (kW) un débit : diviser l’un par l’autre donne une durée.
Prenons une voiture qui consommerait 17 kWh aux 100 km, valeur choisie pour l’exemple. Selon l’enquête d’Enedis de septembre 2024, les conducteurs de voitures 100 % électriques parcourent en moyenne 62 km par jour en semaine : 62 × 17 / 100 = 10,5 kWh environ. Pour 8 km aller, la médiane domicile-travail mesurée par l’Insee en 2019, l’aller-retour demande environ 2,7 kWh.
Sur 8 heures de stationnement, durée retenue pour l’exemple, 10,5 kWh représentent une puissance moyenne d’environ 1,3 kW, et 2,7 kWh moins de 0,4 kW. Ajoutez les pertes de charge, l’énergie perdue entre le réseau et la batterie : dans son étude de 2026 sur cinq voitures, l’ADAC a mesuré de 5,1 à 7,0 % de pertes sur une borne 11 kW, et de 12,7 à 24,2 % sur une prise domestique.
Ce calcul ne dimensionne pas l’installation, mais il recadre la question : placer quelques kilowattheures dans les heures où la maison consomme peu. Le guide combien de kWh recharger selon vos kilomètres détaille la méthode.
Lire la marge disponible sur votre compteur Linky
Votre compteur indique ce que la maison consomme déjà. En faisant défiler ses écrans, le Linky affiche la puissance appelée à l’instant et la puissance maximale atteinte dans la journée, en VA : divisez par 1 000 pour comparer aux kVA de votre contrat.
Exemple : un soir d’hiver, l’écran indique un maximum de 4 800 VA, soit 4,8 kVA. Sur un contrat de 6 kVA, il reste environ 1,2 kVA à ce moment-là, bien moins qu’une borne à pleine puissance. À 3 h du matin, la même maison appelle peut-être beaucoup moins : relevez sur plusieurs jours, en saison froide si vous vous chauffez à l’électricité.
Sur la durée, votre espace client Enedis donne l’historique de la puissance maximale quotidienne et, sous réserve de disponibilité, la courbe de charge. Par défaut, le Linky mémorise cette courbe au pas de 60 minutes, au pas de 30 minutes si la collecte est activée. Croisez les deux : la courbe montre les heures chargées, le maximum quotidien montre le pic.
Photographiez les écrans, n’ouvrez rien : la notice d’Enedis rappelle que le compteur reste sous tension même disjoncteur coupé et qu’il ne doit pas être démonté.
Les usages qui entrent en concurrence avec la recharge
La recharge manque de place quand d’autres gros appareils tournent en même temps : chauffage, pompe à chaleur, ballon d’eau chaude, cuisson. Leur calendrier compte autant que leur puissance.
Exemple type : le ballon d’eau chaude. Quand il est commandé par le contact sec du Linky, une sortie qui met en marche ou arrête automatiquement un appareil, il chauffe en heures creuses : une borne programmée sur les mêmes heures démarre alors en même temps que lui. Le guide recharge et chauffe-eau détaille ce chevauchement, et celui consacré à la recharge avec une pompe à chaleur traite le chauffage.
Les horaires bougent aussi. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, Enedis repositionne les heures creuses par étapes : toujours 8 heures par jour, dont au moins 5 heures consécutives la nuit entre 23 h et 7 h, et, pour la plupart des foyers concernés, un créneau entre 11 h et 17 h. Selon la CRE, le chauffe-eau relié au compteur s’adapte seul, mais une voiture ou une borne programmée sur un horaire peut devoir être reprogrammée.
Évitez enfin la plage 17 h-21 h, la plus défavorable pour le réseau selon Enedis : selon son enquête publiée en octobre 2025, 11 % des utilisateurs qui rechargent à domicile y démarrent encore généralement leur recharge.
Brider, programmer ou délester : trois façons de rester dans 6 kVA
Sans changer de contrat, trois réglages jouent sur ce que la borne appelle ou sur le moment où elle l’appelle ; seuls le bridage et le délestage ramènent une borne 7,4 kW sous les 30 A du contrat.
Le bridage fixe
L’installateur règle, à la mise en service, une puissance maximale inférieure à 7,4 kW, selon les possibilités du modèle. C’est simple, mais le réglage vaut à toute heure : trop bas, il ralentit chaque recharge ; trop haut, il ne protège pas d’un soir où tout fonctionne.
La programmation horaire
Enedis indique que programmer la recharge la nuit permet souvent de ne pas augmenter la puissance de son abonnement. Souvent, pas toujours : un calendrier, dans la voiture ou dans la borne, ne réagit pas à la consommation instantanée du logement et ne réduit pas les 32 A d’une borne à pleine puissance. Il complète donc un bridage ou un délestage.
Le délestage dynamique
Le délestage réduit automatiquement la puissance de la borne quand la maison consomme davantage. Exemple : le module Schneider Charge mesure la puissance disponible par un transformateur de courant posé sous le disjoncteur principal et ne fonctionne qu’avec les bornes de la marque. Le fabricant précise qu’au moins 9 A doivent être disponibles par phase pour que la charge redémarre : un soir très chargé, la recharge attend que la marge revienne. Le guide sur le délestage dynamique liste les informations à demander.
Passer de 6 à 9 kVA : démarches et coût réel
Avec un Linky, augmenter la puissance coûte peu une fois ; l’effet durable porte sur l’abonnement. La demande passe obligatoirement par votre fournisseur, qui sollicite Enedis ; avec un Linky, le changement peut se faire à distance, sous 24 heures.
Au catalogue des prestations d’Enedis en vigueur au 1ᵉʳ août 2026, cette modification coûte 3,60 € HT, soit 4,32 € TTC, et n’est pas facturée si le Linky a été posé depuis moins d’un an. Votre fournisseur peut ajouter ses propres frais : demandez-les.
Au Tarif Bleu d’EDF au 1ᵉʳ août 2026, l’abonnement mensuel TTC passe de 15,86 € en 6 kVA à 19,88 € en 9 kVA, soit 4,02 € de plus par mois et 48,24 € par an.
Trois limites. L’option Base n’est plus proposée au Tarif Bleu à partir de 9 kVA : il faudra une autre option, heures pleines/heures creuses par exemple (0,2142 € TTC le kWh en heures pleines, 0,1589 € en heures creuses, contre 0,2001 € en Base à 6 kVA). En monophasé, Enedis n’accorde pas plus de 12 kVA, sauf à d’anciens branchements déjà souscrits au-delà ; ensuite, passage au triphasé, 184,84 € TTC au catalogue hors travaux éventuels. Enfin, la notice du Linky demande de vérifier la compatibilité de l’installation avant d’augmenter la puissance : une question pour l’électricien.
Comparer les scénarios par écrit
Faites chiffrer au moins deux scénarios sur le même devis, avec leurs coûts et leurs limites.
| Scénario | Ce qui change | Coûts connus | À vérifier |
|---|---|---|---|
| Borne bridée | Puissance maximale fixe | Réglage, au devis | Durée de recharge, soirs chargés |
| Programmation horaire | La recharge démarre à une heure donnée | Aucun changement de contrat | Chevauchement avec le chauffe-eau, heures creuses modifiées |
| Délestage dynamique | La borne suit la consommation mesurée | Module et capteur, au devis | Compatibilité, perte de communication |
| Passage à 9 kVA | Plafond porté à 45 A | 4,32 € TTC (Linky), puis 4,02 € TTC par mois au Tarif Bleu | Frais du fournisseur, fin de l’option Base |
Sur cinq ans, à tarif inchangé, le 9 kVA coûte 5 × 48,24 = 241,20 € TTC d’abonnement de plus au Tarif Bleu : comparez ce montant au prix d’un délestage. Le guide augmenter son abonnement ou piloter la charge approfondit cet arbitrage.
Les questions à poser à l’installateur
Ces questions obligent le devis à décrire votre maison plutôt qu’une installation type :
- À quelle puissance maximale la borne sera-t-elle réglée, et combien de temps faudra-t-il pour récupérer mes kWh quotidiens à ce réglage ?
- Comment la borne tient-elle compte des autres appareils, et que fait-elle si la mesure est perdue ?
- La programmation se fera-t-elle dans la voiture ou dans la borne, et qui la modifie si mes heures creuses changent ?
- Un passage à 9 kVA est-il utile, et mon installation le permet-elle ?
- Mon tableau peut-il recevoir un nouveau circuit, et la mise à la terre est-elle en place ?
Deux points ne se discutent pas. Au-delà de 3,7 kW dans une habitation, la pose revient à un professionnel titulaire d’une qualification IRVE, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie. Et chaque point de recharge demande un circuit spécialisé, une ligne qui part du tableau et n’alimente que la borne, protégé par un différentiel de 30 mA dédié : on ne touche pas soi-même au tableau.
Préparer votre dossier avant la visite technique
Un dossier complet permet de chiffrer plusieurs scénarios dès le premier devis. Rassemblez :
- la dernière facture d’électricité, avec la puissance souscrite, l’option tarifaire et le numéro PRM, l’identifiant à 14 chiffres de votre logement sur le réseau ;
- des photos des écrans du Linky un soir chargé, dont la puissance maximale du jour, et si possible l’historique de votre espace client Enedis ;
- une photo du tableau électrique, sans rien démonter ;
- la liste des gros appareils et de leurs horaires ;
- le modèle de la voiture et sa puissance de charge en courant alternatif, par exemple 7,4 kW au plus en monophasé pour la famille Volkswagen ID. ;
- vos kilomètres quotidiens, vos heures de stationnement et l’emplacement prévu pour la borne.
Envoyez ensuite votre demande de devis de borne. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France avec une visite technique et un devis détaillé. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Le guide de choix d’une borne aide à repérer les fonctions utiles, comme le délestage.
L’essentiel à retenir
- À pleine puissance, une borne 7,4 kW appelle 32 A en monophasé, plus que les 30 A d’un abonnement 6 kVA : elle doit être bridée ou pilotée par un délestage.
- Le besoin se compte en kWh : pour 62 km par jour à 17 kWh aux 100 km, 10,5 kWh sur 8 heures font environ 1,3 kW en moyenne.
- Le Linky affiche la puissance maximale du jour en VA : divisez par 1 000 pour la comparer à votre contrat.
- Passer de 6 à 9 kVA coûte 4,32 € TTC chez Enedis avec un Linky, hors frais du fournisseur, puis 4,02 € TTC de plus par mois au Tarif Bleu, sans option Base.
- Un calendrier ne réagit pas à la consommation du logement ; un délestage qui la mesure, si.
- Au-delà de 3,7 kW, la pose revient à un professionnel qualifié IRVE, sur un circuit dédié.
Questions fréquentes
Peut-on installer une borne 7,4 kW avec un abonnement 6 kVA ?
Oui, à condition qu’elle ne tire jamais sa pleine puissance. En monophasé, 6 kVA correspondent à 30 A selon Enedis, alors qu’une borne 7,4 kW appelle 32 A. L’installateur la bride ou ajoute un délestage qui mesure la consommation de la maison. Enedis indique aussi que programmer la recharge la nuit permet souvent de ne pas augmenter la puissance de l’abonnement.
Combien coûte le passage de 6 à 9 kVA ?
Comptez 4,32 € TTC pour la modification à distance d’un compteur Linky, au catalogue d’Enedis en vigueur au 1ᵉʳ août 2026, sans frais si le Linky a moins d’un an, plus d’éventuels frais de votre fournisseur. L’abonnement augmente ensuite : au Tarif Bleu d’EDF, 15,86 € TTC par mois en 6 kVA contre 19,88 € en 9 kVA, soit 48,24 € de plus par an.
Que faire si le Linky affiche « PUISS DEPASSEE » pendant la recharge ?
Arrêtez un ou plusieurs appareils, puis appuyez quelques secondes sur la touche + du compteur, comme l’indique la notice d’Enedis. Le message signifie que la maison a appelé plus que la puissance souscrite : ce n’est pas une panne. Si la coupure revient à chaque recharge, faites revoir le réglage de la borne ou son pilotage par l’installateur, sans ouvrir ni le compteur ni le tableau.
Faut-il changer de compteur pour installer une borne de recharge ?
Non, pas dans le cas courant d’une maison. Selon Enedis, si la borne est branchée sur l’installation existante, il suffit de vérifier avec votre fournisseur si la puissance souscrite doit augmenter ; avec un Linky, ce changement peut se faire à distance, sous 24 heures. Un compteur séparé, dédié à la recharge, relève d’une demande de raccordement auprès d’Enedis, avec des travaux.
Peut-on garder l’option Base en passant à 9 kVA ?
Non, pas au Tarif Bleu d’EDF : l’option Base n’y est plus proposée à la souscription de 9 à 36 kVA, et la CRE l’a mise en extinction de 9 à 15 kVA depuis le 1ᵉʳ février 2025. En passant à 9 kVA, il faut choisir une autre option, par exemple heures pleines/heures creuses. Les offres de marché fixent leurs propres conditions : demandez une simulation à votre fournisseur.
Combien de temps dure une recharge avec une borne bridée ?
Divisez l’énergie à récupérer par la puissance réglée : 10,5 kWh, soit 62 km pour une voiture hypothétique consommant 17 kWh aux 100 km, demandent un peu moins de 3 heures à 3,7 kW, hors pertes, contre environ 1 h 25 à 7,4 kW. Pour la Renault 5 E-Tech de 40 kWh, Renault annonce de 15 à 80 % en 3 h 55 sur borne 7,4 kW et 6 h 58 sur prise renforcée 3,7 kW.


