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Guide pratique · 12 min de lecture

Combien de kWh recharger pour 30, 80 ou 150 km par jour ?

Calculez les kWh à recharger pour 30, 80 ou 150 km par jour : formule, pertes mesurées par l’ADAC, durée selon la puissance et coût en heures creuses.

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Sommaire de l’article

Pour estimer le besoin de recharge d’une voiture électrique par jour, multipliez vos kilomètres par la consommation en kWh aux 100 km, divisez par 100, puis ajoutez les pertes. Avec 18 kWh/100 km et 7 % de pertes en exemple, 30, 80 et 150 km demandent environ 5,8, 15,5 et 29 kWh au compteur sur une borne.

Vous saurez ensuite refaire ce calcul pour votre voiture, vérifier si vos heures creuses suffisent, estimer la puissance moyenne nécessaire et le coût d’une journée type, puis réunir ce que l’installateur doit connaître pour dimensionner la recharge sur vos trajets réels.

Besoin de recharge par jour : la formule de base

Le calcul tient en une ligne : énergie du trajet (kWh) = distance (km) × consommation (kWh/100 km) ÷ 100. Le kilowattheure (kWh) mesure une quantité d’énergie : c’est ce que fournit une puissance d’un kilowatt pendant une heure. La consommation s’exprime en kWh pour 100 km, comme les litres aux 100 km d’une voiture thermique.

Il n’existe pas de consommation unique à retenir : elle dépend du modèle, de la vitesse, du relief, de la saison et du chauffage. Le tableau encadre donc le résultat avec trois hypothèses d’exemple, qui ne sont pas des moyennes.

Distance quotidienneÀ 15 kWh/100 kmÀ 18 kWh/100 kmÀ 22 kWh/100 km
30 km4,5 kWh5,4 kWh6,6 kWh
80 km12 kWh14,4 kWh17,6 kWh
150 km22,5 kWh27 kWh33 kWh

Ce qui compte chaque soir, c’est l’énergie consommée dans la journée, pas la capacité de la batterie. À 150 km, l’écart entre une voiture sobre et une gourmande atteint 10,5 kWh : partez donc de votre propre consommation. Notre guide kW, kWh et ampères revient sur ces unités.

Trouver votre consommation réelle en kWh/100 km

La donnée la plus fiable est la vôtre, relevée sur vos trajets habituels et dans plusieurs saisons. Trois sources sont utilisables :

  • l’ordinateur de bord : remettez à zéro le compteur partiel un lundi matin et notez la moyenne affichée le vendredi soir ;
  • l’historique de la borne, s’il affiche l’énergie de chaque session : kWh chargés sur un mois ÷ kilomètres parcourus × 100 ;
  • le compteur Linky : Enedis met à disposition dans l’espace client l’historique des index quotidiens, où se lisent les kWh supplémentaires des nuits de recharge.

Les deux dernières méthodes mesurent l’énergie tirée du réseau, pertes comprises ; à la première, il faudra ajouter les pertes.

Relevez la consommation dans les conditions qui vous concernent vraiment. Une moyenne urbaine de juin renseigne mal sur un trajet autoroutier de janvier, chauffage allumé. Notre article sur l'autonomie d’une voiture électrique en hiver détaille ce qui change quand il fait froid.

Les pertes entre le compteur et la batterie

Une partie de l’énergie tirée du réseau n’arrive pas dans la batterie. Sur borne ou sur prise, le courant alternatif passe par le chargeur embarqué, qui le convertit en courant continu dans la voiture.

L’ADAC, le club automobile allemand, a mesuré ces pertes dans une étude publiée le 6 août 2026 : cinq voitures chargées de 10 à 90 %, batterie entre 20 et 30 °C, en comparant l’énergie tirée du réseau à celle arrivée dans la batterie. Sur une borne de 11 kW, les pertes allaient de 5,1 % (Renault 5 E-Tech) à 7,0 % (Volvo EX30). Sur une prise domestique, elles montaient de 12,7 % (Tesla Model Y) à 24,2 % (Mercedes CLA). Le « 10 à 15 % » que citaient d’anciens guides ne correspond à aucun de ces deux cas.

Pour passer du trajet au compteur, divisez l’énergie du trajet par (1 − taux de pertes). Pour 80 km à 18 kWh/100 km, avec 7 % de pertes, la valeur haute mesurée sur borne de 11 kW : 14,4 ÷ 0,93 ≈ 15,5 kWh. Sur prise domestique, avec la valeur médiane des cinq mesures de l’ADAC (14,2 %) : 14,4 ÷ 0,858 ≈ 16,8 kWh.

Si votre consommation vient déjà du Linky ou de l’historique de la borne, elle inclut ces pertes : ne les ajoutez pas une seconde fois.

30, 80 ou 150 km : kWh au compteur, durée et coût

Avec l’exemple de 18 kWh/100 km, il faut tirer du réseau environ 5,8, 15,5 et 29 kWh sur une borne, un peu plus sur une prise.

DistanceAu compteur (borne / prise)À 2,3 kWÀ 3,7 kWÀ 7,4 kWCoût en heures creuses
30 km5,8 / 6,3 kWh2 h 441 h 4247 min0,92 €
80 km15,5 / 16,8 kWh7 h 184 h 322 h 062,46 €
150 km29 / 31,5 kWh13 h 418 h 303 h 554,61 €

Les durées supposent une puissance constante, avec par prudence les pertes médianes de la prise domestique à 2,3 et 3,7 kW, et 7 % à 7,4 kW : l’ADAC n’a mesuré ni 3,7 ni 7,4 kW, ces taux sont donc des hypothèses. Le coût reprend l’énergie sur borne et le prix du kWh en heures creuses du Tarif Bleu d’EDF au 1ᵉʳ août 2026, 0,1589 € TTC, hors abonnement.

En heures pleines, à 0,2142 € TTC le kWh, la journée de 80 km coûterait environ 3,32 €. Le simulateur de coût de recharge applique votre propre tarif. Gardez de la marge sur les durées : la notice de la Renault 4 E-Tech prévient que le temps réel peut dépasser le temps affiché selon le niveau de départ, le froid ou la qualité du réseau.

Où se situent 30, 80 et 150 km par rapport aux usages réels ?

Selon l'enquête d’Enedis de septembre 2024, les conducteurs de voitures 100 % électriques déclarent en moyenne 62 km par jour du lundi au vendredi et 52 km le week-end, avec une voiture utilisée 6 jours par semaine. C’est une enquête déclarative, pas une mesure sur l’ensemble des Français.

Pour l’ensemble des actifs en emploi, l’Insee indique qu’en 2019 la moitié parcourait au moins 8 km pour aller travailler, et au moins 13 km en zone rurale. Ce sont des distances aller : l’aller-retour rural médian fait déjà 26 km. Le scénario à 30 km correspond donc à un usage domicile-travail ordinaire ; celui à 80 km dépasse la moyenne déclarée des conducteurs électriques.

150 km par jour, c’est plus du double de cette moyenne. Pour les « très longs trajets quotidiens », sans fixer de seuil, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) oriente vers une borne ou une offre de fourniture plus adaptée.

Vos heures de branchement fixent la puissance utile

La puissance moyenne nécessaire est l’énergie à fournir divisée par le nombre d’heures où la voiture est branchée et autorisée à charger. Le kilowatt (kW) mesure une puissance, c’est-à-dire un débit d’énergie : 3 kW pendant 5 heures fournissent 15 kWh.

Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, Enedis repositionne les heures creuses par étapes : toujours 8 heures par jour, dont au moins 5 heures consécutives la nuit entre 23 h et 7 h, et pour la plupart des foyers concernés un créneau d’après-midi entre 11 h et 17 h. Dans sa foire aux questions de février 2025, la CRE estime que ces 5 heures de nuit suffisent pour recharger dans le cadre des trajets quotidiens.

Pour 15,5 kWh en 5 heures, il faut 3,1 kW en moyenne ; pour 29 kWh, 5,8 kW. Si la voiture profite aussi du créneau d’après-midi, 29 kWh sur 8 heures ne demandent que 3,6 kW en moyenne.

Enedis recommande d’éviter autant que possible la plage 17 h-21 h, la plus défavorable pour le réseau. Et lors d’un changement de plages, une voiture ou une borne programmée sur un horaire peut devoir être reprogrammée, contrairement au chauffe-eau piloté par le compteur. Voyez aussi si une borne de 3,7 kW suffit à vos trajets quotidiens.

Ce qui limite la puissance réellement disponible

La puissance de charge est plafonnée par le maillon le plus faible : la voiture, la borne, le circuit électrique ou l’abonnement.

La voiture

Le chargeur embarqué fixe la puissance maximale en courant alternatif. Sur les Volkswagen de la famille ID., par exemple, elle atteint 11 kW en triphasé et 7,4 kW en monophasé, et la voiture ne dépasse pas 11 kW sur une borne de 22 kW. Renault situe les bornes domestiques entre 3,7 et 22 kW, les plus courantes étant 7,4 kW en monophasé et 11 kW en triphasé.

L’abonnement

La puissance souscrite, en kVA, est la puissance maximale que votre contrat autorise à tirer en même temps. En monophasé, 6 kVA correspondent à 30 A et 9 kVA à 45 A, selon Enedis, qui note que programmer la recharge la nuit permet souvent de ne pas augmenter son abonnement. Dans son enquête d’octobre 2025, 17 % des propriétaires de véhicules électriques avaient augmenté leur puissance après l’achat. Voir notre guide sur la puissance de compteur pour une borne.

L’installation

Chaque point de recharge demande un circuit spécialisé protégé par un différentiel de 30 mA. Au-delà de 3,7 kW dans un logement privé, l’article D353‑2 du code de l’énergie impose un installateur qualifié IRVE : n’intervenez jamais vous-même sur le tableau.

Faut-il recharger toute la batterie chaque nuit ?

Non : il suffit de rendre l’énergie consommée, plus la réserve nécessaire au départ suivant.

Pour la Renault 5 E-Tech, Renault annonce de 15 à 80 % : 3 h 55 (batterie de 40 kWh) ou 5 h 11 (52 kWh) sur une borne domestique de 7,4 kW, 6 h 58 ou 9 h 48 sur une prise renforcée de 3,7 kW, 11 h 12 ou 17 h 13 sur une prise standard de 2,3 kW. Ces chiffres, propres à ce modèle, décrivent une grosse remise à niveau ; une journée de 30 km n’en demande qu’une fraction.

La limite de charge quotidienne, elle, relève du constructeur. La notice de la Renault 4 E-Tech recommande par exemple 80 % pour un usage quotidien ; la vôtre peut dire autre chose.

Avec 30 km par jour, brancher un soir sur deux peut suffire si la réserve reste confortable ; à 150 km, la recharge devient quotidienne. Les hybrides rechargeables sont à part : Renault recommande fortement de les recharger chaque jour. Voir aussi : faut-il brancher sa voiture électrique tous les soirs.

Préparer votre calcul avant la visite technique

Avec une semaine de relevés, l’installateur dimensionne la recharge sur vos besoins réels plutôt que sur une hypothèse. Avant de demander un devis, réunissez :

  • la distance de chaque jour, l’heure d’arrivée et l’heure du prochain départ ;
  • la consommation relevée, si possible en été et en hiver ;
  • la journée exceptionnelle qui compte vraiment : longue tournée, deux voitures présentes, départ très matinal ;
  • la puissance souscrite et les plages d’heures creuses, indiquées sur la facture ;
  • le type d’alimentation, monophasée ou triphasée ;
  • la puissance de charge maximale en courant alternatif de la voiture, dans sa fiche technique ;
  • des photos du tableau électrique et de l’emplacement prévu.

Ne dimensionnez pas tout le quotidien sur un jour rare : si la journée de 150 km ne revient qu’une fois par mois, une nuit plus longue ou une recharge complémentaire peut la couvrir.

Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, part de ces scénarios en visite technique pour étudier la puissance disponible et le pilotage, puis remet un devis détaillé : demander un devis pour une recharge adaptée à vos trajets. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet.

L’essentiel à retenir

  • Besoin quotidien : distance × consommation ÷ 100, divisé par (1 − pertes) si la consommation vient de l’ordinateur de bord.
  • Avec 18 kWh/100 km pris comme exemple, 30, 80 et 150 km demandent environ 5,8, 15,5 et 29 kWh au compteur sur une borne.
  • Sur cinq voitures, l’ADAC a mesuré en 2026 de 5,1 à 7,0 % de pertes sur borne de 11 kW et de 12,7 à 24,2 % sur prise domestique.
  • Puissance moyenne utile : énergie à fournir ÷ heures de branchement ; selon la CRE, 5 heures creuses de nuit suffisent aux trajets quotidiens.
  • Inutile de remplir la batterie chaque nuit : rendez l’énergie consommée et suivez la limite de charge de votre notice.
  • Au-delà de 3,7 kW, la pose d’une borne relève d’un professionnel qualifié IRVE (article D353‑2 du code de l’énergie).

Questions fréquentes

Quel est le besoin de recharge d’une voiture électrique par jour en moyenne ?

Environ 12 kWh au compteur pour la distance moyenne déclarée par les conducteurs de voitures électriques, si l’on retient 18 kWh/100 km comme exemple. L’enquête d’Enedis de septembre 2024 relève 62 km par jour du lundi au vendredi : 62 × 18 ÷ 100 = 11,2 kWh de trajet, soit 11,2 ÷ 0,93 ≈ 12 kWh avec 7 % de pertes sur borne. Refaites le calcul avec votre consommation réelle.

Combien de kWh faut-il pour parcourir 100 km en voiture électrique ?

Cela dépend du modèle et des conditions : il n’existe pas de consommation unique. Avec 18 kWh/100 km, pris ici comme exemple, il faut environ 19,4 kWh au compteur sur une borne (18 ÷ 0,93), en retenant 7 % de pertes, la valeur haute mesurée par l’ADAC sur borne de 11 kW. Relevez votre propre consommation sur une semaine, en été comme en hiver.

Une prise classique suffit-elle pour rouler 80 km par jour ?

Pas dans les seules heures creuses de nuit, avec notre exemple. À 2,3 kW, avec 18 kWh/100 km et 14,2 % de pertes, 80 km demandent environ 16,8 kWh, soit 7 h 18 de charge, au-delà des 5 heures consécutives de nuit garanties au minimum par la réforme des heures creuses. Une prise domestique reste un appoint : la notice de la Renault 4 E-Tech y limite la charge à 8 A et interdit rallonges et multiprises.

Combien coûte la recharge de 80 km par jour à la maison ?

Environ 2,46 € en heures creuses au Tarif Bleu d’EDF du 1ᵉʳ août 2026, dans notre exemple : 15,5 kWh au compteur (80 km à 18 kWh/100 km, 7 % de pertes) multipliés par 0,1589 € TTC. En heures pleines, à 0,2142 € TTC, la même recharge coûte environ 3,32 €. L’abonnement n’est pas compris ; avec une offre de marché, appliquez votre propre prix du kWh.

Faut-il une borne 7,4 kW pour rouler 150 km par jour ?

Pas forcément, mais une prise ne suffit plus dans notre exemple. 150 km demandent environ 29 kWh au compteur sur une borne : 5,8 kW en moyenne pour tenir dans les 5 heures creuses de nuit, 3,6 kW si la voiture peut aussi charger l’après-midi et profiter des 8 heures. La CRE oriente les très longs trajets quotidiens vers une borne ou une offre adaptée. Au-delà de 3,7 kW, la pose relève d’un professionnel qualifié IRVE.

Combien de temps faut-il pour recharger 100 km à la maison ?

Environ 2 h 37 sur une borne de 7,4 kW et 9 h 07 sur une prise domestique à 2,3 kW, avec 18 kWh/100 km en exemple. La borne tire environ 19,4 kWh du réseau (7 % de pertes supposées), la prise environ 21 kWh (14,2 %, médiane des mesures de l’ADAC). Ces durées supposent une puissance constante : la notice de la Renault 4 E-Tech prévient que le froid ou le niveau de départ peuvent allonger la charge.

Relecture prévue par Anna Du Bois.
À valider avant de présenter cette relecture comme terminée.

Sources et lectures complémentaires

Documentation des organismes et fabricants pour approfondir le sujet. Pour une procédure propre à votre véhicule ou à votre borne, consultez la notice correspondant au modèle et à sa version.

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