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Guide pratique · 12 min de lecture

Véhicules partagés : organiser la recharge entre deux réservations

Véhicules partagés : calculez l’énergie utile à la réservation suivante et la durée de recharge réelle, puis organisez retours, branchement et retards.

Remise d’un véhicule électrique et de ses clés à une collaboratrice.
  • Entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE
  • Assurance décennale AXA
  • Partout en France
  • Objectif : devis sous 48 h après dossier complet
  • Supervision OCPP
  • Aides ADVENIR
Sommaire de l’article

Pour organiser la recharge d’un véhicule partagé entre deux réservations, partez de l’énergie dont le conducteur suivant aura besoin, pas d’un pourcentage fixe. Chaque retour appelle trois gestes : noter le niveau de batterie, brancher, constater que la session démarre. Le créneau libre doit couvrir la durée de recharge réellement mesurée.

Vous saurez calculer l’énergie à rendre au véhicule, estimer la durée de recharge, fixer des règles de réservation, rédiger une fiche de retour et traiter un retard.

Un véhicule partagé rendu n’est pas encore un véhicule prêt

Un véhicule rendu à l’heure reste inutilisable s’il n’a pas été branché, si la session n’a pas démarré ou si le créneau libre est trop court. Le calendrier doit donc suivre trois états, et non la seule mention « véhicule rendu » :

  • rendu : clés restituées, véhicule garé sur sa place, niveau de batterie noté ;
  • branché : câble raccordé à la borne et au véhicule ;
  • en charge : la borne ou le logiciel de supervision indique une session active, avec une énergie délivrée qui augmente.

Le passage de « branché » à « en charge » n’est pas automatique : un badge non présenté, une programmation horaire ou une borne en défaut bloquent la recharge alors que tout paraît en place. Le seul contrôle fiable : vérifier, une ou deux minutes après le branchement, que l’énergie délivrée progresse.

Répartissez les rôles : le conducteur qui rend le véhicule branche et vérifie ; un référent de site reçoit les alertes. Sans référent, chaque anomalie est découverte par le conducteur suivant, à l’heure du départ.

Calculer l’énergie nécessaire à la réservation suivante

L’énergie à recharger est la différence entre ce que demande le prochain trajet, réserve comprise, et ce qui reste dans la batterie. Le kilowattheure (kWh) mesure une quantité d’énergie ; le kilowatt (kW), une puissance, c’est-à-dire un débit.

Les trois données à réunir

Il vous faut la distance de la réservation suivante, que le formulaire doit demander. Puis la consommation du véhicule, lue dans l’historique de son ordinateur de bord, car elle varie avec la saison, la vitesse et le chargement. Enfin la capacité utile de la batterie, donnée par la documentation du constructeur : elle convertit le pourcentage affiché en kilowattheures.

Le calcul pas à pas

Prenons une voiture qui consomme 17 kWh aux 100 km, avec une capacité utile de 50 kWh ; ces valeurs sont des hypothèses d’exemple. Elle revient à 40 %, soit 20 kWh. La réservation suivante prévoit 150 km : 150 × 17 ÷ 100 = 25,5 kWh. Avec une réserve d’arrivée de 10 %, soit 5 kWh, il faut 30,5 kWh au départ : 10,5 kWh sont à ajouter.

La réserve est une décision de gestion, pas une valeur réglementaire : augmentez-la en hiver ou sur autoroute. Une règle « toujours 80 % au départ » occupe la borne avant des trajets de 20 km et peut manquer pour une journée de rendez-vous éloignés.

Quelle durée de recharge prévoir entre deux réservations ?

La durée se calcule avec la puissance réellement obtenue sur votre parking, pas avec celle inscrite sur la borne. Divisez l’énergie tirée du réseau par cette puissance effective, puis ajoutez le temps de remise.

Selon le guide pratique d’Enedis, une voiture branchée sur une borne qui délivre plus qu’elle ne peut accepter recharge à son propre maximum : une borne de 22 kW ne recharge pas à 22 kW un véhicule qui accepte moins. Une partie de l’énergie se perd aussi : dans une étude publiée en août 2026 sur cinq voitures, l'ADAC, le club automobile allemand, a mesuré, pour une charge de 10 à 90 %, de 5,1 à 7,0 % de pertes sur une borne de 11 kW, et de 12,7 à 24,2 % sur une prise domestique.

La puissance effective se lit en supervision : énergie d’une session divisée par sa durée de charge active. Avec un pilotage dynamique, qui répartit la puissance disponible entre les véhicules branchés, elle baisse quand plusieurs voitures chargent ensemble.

Le tableau reprend l’exemple avec deux hypothèses : 7 % de pertes, haut de la fourchette mesurée par l’ADAC à 11 kW, et deux puissances effectives.

Niveau au retourTrajet suivantÀ ajouter dans la batterieTiré du réseauÀ 6 kW effectifsÀ 10 kW effectifs
60 % (30 kWh)80 km (13,6 kWh)0 kWh0 kWhaucune attenteaucune attente
40 % (20 kWh)150 km (25,5 kWh)10,5 kWh11,3 kWhenviron 1 h 53environ 1 h 08
20 % (10 kWh)200 km (34 kWh)29 kWh31,2 kWhenviron 5 h 12environ 3 h 07

Ajoutez le temps de remise mesuré sur quelques retours. La troisième ligne ne tient pas dans une pause de midi : elle impose un autre véhicule ou une recharge de nuit.

Relier le calendrier des réservations aux besoins de recharge

Le calendrier devient utile quand chaque réservation porte une distance et que chaque créneau libre est comparé à la durée de recharge nécessaire. Trois règles suffisent pour démarrer :

  1. attribuer le véhicule le mieux chargé à la réservation la plus longue, plutôt que dans l’ordre des demandes ;
  2. bloquer après chaque retour un temps tampon proportionné à la distance de la réservation suivante ;
  3. signaler deux réservations longues trop rapprochées sur le même véhicule, et proposer une autre voiture.

La nuit laisse de la marge aux départs du matin ; la difficulté se concentre dans la journée, quand deux missions se succèdent.

Quand plusieurs voitures attendent la même borne, l’ordre de passage suit l’heure du prochain départ ; le guide pour prioriser une recharge selon la prochaine mission du véhicule le détaille, et le guide pour électrifier une flotte replace ces règles dans l’ensemble des missions.

Programmations et heures creuses : vérifier que la recharge démarre à temps

Quand un véhicule branché repart presque vide, vérifiez d’abord les programmations : le véhicule ou la borne attend peut-être une plage horaire avant de charger. Utile la nuit, ce réglage gêne quand un départ approche.

Si votre site est au Tarif Bleu, option Heures creuses, EDF indique 8 heures creuses par jour, déterminées par Enedis, sans choix du client. Selon Enedis, ces plages changent progressivement depuis le 1ᵉʳ novembre 2025 pour les compteurs Linky : au moins 5 heures consécutives entre 23 h et 7 h, les 3 heures restantes pouvant être placées entre 11 h et 17 h. Enedis annonce les clients professionnels pour le second semestre 2027, et le fournisseur prévient environ un mois à l’avance.

Une voiture rendue à 14 h et programmée pour les seules heures creuses peut donc attendre la nuit, ou démarrer à une heure qui a changé. Prévoyez une commande de recharge immédiate, accessible au référent, pour les créneaux serrés.

Revérifiez les programmations à chaque changement de plage, indiquée sur la facture ou le compteur. Une limite de charge réglée dans le véhicule arrête aussi la session avant le niveau attendu.

La fiche de retour : cinq informations, une minute sur le parking

La fiche de retour proposée au conducteur tient en cinq champs, remplis sur place depuis son téléphone :

  • le niveau de batterie affiché au tableau de bord ;
  • la place occupée, si le véhicule n’a pas retrouvé sa place équipée ;
  • le branchement fait et la session vue en cours, sur la borne ou dans l’application ;
  • le câble rangé dans le coffre ou raccroché à la borne, sans traîner au sol ;
  • une anomalie éventuelle en une phrase : voyant allumé, connecteur difficile à retirer, choc.

Montrez deux gestes à chaque nouvel utilisateur : garer la voiture trappe de recharge du côté de la borne, pour ne pas tendre le câble, puis attendre le démarrage de la session et signaler tout de suite son absence.

Le conducteur ne touche jamais au coffret ni au tableau électrique : une borne en défaut relève du référent, puis de l’installateur. Le guide sur la gestion des câbles et badges d’une flotte partagée précise qui détient quoi.

Données de recharge et de réservation : collecter l’utile, rien de plus

Selon les équipements, la supervision fournit l’heure de branchement, le début et la fin de session, l’énergie délivrée, la puissance et les défauts de borne. Le niveau de batterie, lui, vient du véhicule.

Elle repose souvent sur OCPP (Open Charge Point Protocol), le protocole ouvert entre bornes et logiciels de gestion, publié en versions 1.6, 2.0.1 et 2.1. Demandez laquelle vos équipements utilisent, et si une session non démarrée déclenche une alerte ; le guide du logiciel de supervision de bornes aide à ce tri.

Ne promettez pas que la borne connaîtra le niveau de batterie. Le règlement délégué (UE) 2025/656 relève, selon le CEN et le Cenelec, que les véhicules alors sur le marché n’étaient équipés que selon la partie 15118-2 de la norme de communication véhicule-borne, qui omet plusieurs fonctions avancées.

Ces données étant nominatives, le RGPD impose des finalités définies, des données minimales et une conservation limitée. Selon l’article L1222-4 du code du travail, aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui ne lui a pas été présenté ; dans une entreprise d’au moins 50 salariés, le CSE est informé et consulté avant la mise en œuvre de tout moyen de contrôle de l’activité des salariés.

Si les véhicules sont géolocalisés, la CNIL l’admet notamment pour leur sécurité ou le contrôle de leurs règles d’utilisation, pas pour surveiller un salarié en permanence ni contrôler sa vitesse. La collecte doit pouvoir être désactivée hors temps de travail, et les positions ne sont en principe pas conservées plus de deux mois.

Retards et retours insuffisamment chargés : prévoir les exceptions

Un retard ou un retour presque vide doit être visible avant l’arrivée du conducteur suivant : l’outil alerte le référent dès qu’un créneau de recharge devient trop court.

Qui prévient qui

Fixez une règle écrite : le conducteur en retard prévient dès qu’il le sait ; l’outil, ou le référent, informe le conducteur suivant et lui propose un autre véhicule, un départ décalé ou un arrêt de recharge en route. Le point de contact doit être joignable aux heures d’utilisation des véhicules.

Les solutions de repli

Un véhicule tampon absorbe les décalages courts. Pour un trajet long, le réseau public peut compléter : fin août 2026, la France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public selon l’Avere-France. Le guide sur la solution de secours d’un véhicule de service détaille ces options.

Inscrivez les obligations durables, comme rebrancher le véhicule ou libérer la place, dans une charte de recharge. Lorsqu’un règlement intérieur existe, une charte fixant des règles générales et permanentes de discipline ou de sécurité en devient une adjonction : avis du CSE, entrée en vigueur un mois après les formalités de publicité.

Préparer l’installation : ce qu’il faut réunir avant de demander un devis

Un devis utile part des réservations réelles, pas du seul nombre de voitures. Avant la visite technique, préparez :

  • la liste des véhicules partagés et, selon la documentation du constructeur, la puissance de recharge qu’ils acceptent ;
  • quelques semaines d’historique de réservations : créneaux les plus rapprochés, distances, heures de retour ;
  • le plan du parking, l’emplacement du tableau électrique et la puissance souscrite ;
  • les règles d’accès voulues : badge par conducteur ou par véhicule, bornes réservées aux salariés ou ouvertes à des tiers.

Ce dernier choix a une portée juridique : selon le règlement européen AFIR, un parking de bureaux réservé aux salariés et personnes autorisées n’est pas ouvert au public, et les points d’autopartage ne le sont que s’ils autorisent explicitement l’accès de tiers. Des bornes ouvertes à des tiers entraînent d’autres obligations, comme la recharge à l’acte lorsque le service est payant.

Dans un parking d’entreprise, la pose et la maintenance d’une borne dédiée relèvent de professionnels qualifiés, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France : visite technique, devis détaillé, supervision OCPP. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet, depuis la demande de devis professionnel.

L’essentiel à retenir

  • Un véhicule partagé est prêt quand il a assez d’énergie pour la réservation suivante, réserve comprise.
  • L’énergie à ajouter dépend de la distance du prochain trajet, de la consommation relevée sur le véhicule et du niveau au retour.
  • La durée de recharge se calcule avec la puissance effective mesurée en supervision, pertes comprises.
  • Une voiture branchée peut ne pas charger : seul le démarrage constaté de la session compte.
  • Un référent joignable, un véhicule tampon et une recharge publique de repli absorbent les retards.
  • Les données collectées se limitent au nécessaire, avec information préalable des salariés.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour recharger un véhicule partagé entre deux réservations ?

Cela dépend de l’énergie à ajouter et de la puissance réellement obtenue, pas de la puissance affichée sur la borne. Divisez l’énergie tirée du réseau par la puissance effective lue en supervision. Par exemple, avec une hypothèse de 7 % de pertes, 29 kWh à ajouter dans la batterie représentent 31,2 kWh tirés du réseau, soit environ 3 h 07 à 10 kW effectifs. Ajoutez ensuite le temps de remise des clés et du branchement.

Pourquoi une voiture électrique branchée ne recharge-t-elle pas ?

Parce qu’une condition de démarrage manque : badge non présenté, programmation horaire dans le véhicule ou la borne, limite de charge déjà atteinte, ou borne en défaut. Un câble raccordé ne prouve pas qu’une session a démarré. Vérifiez dans les minutes qui suivent le branchement que l’énergie délivrée augmente. Si la borne reste en défaut, prévenez le référent ou l’installateur sans ouvrir le coffret ni toucher au tableau électrique.

Faut-il recharger les voitures de pool à 100 % après chaque trajet ?

Non, ce n’est pas nécessaire pour organiser un parc partagé. Visez l’énergie dont a besoin la réservation suivante, plus une réserve fixée par l’entreprise selon la saison et le type de trajet. Une règle uniforme occupe la borne avant des trajets courts, alors qu’un véhicule attendu pour une longue journée doit recevoir la priorité. Le formulaire de réservation doit donc demander la distance prévue.

La borne de recharge connaît-elle le niveau de batterie du véhicule ?

Pas de façon fiable : cela dépend du véhicule et du protocole de communication qu’il prend réellement en charge. D’après le règlement délégué (UE) 2025/656, qui reprend un constat du CEN et du Cenelec, les véhicules alors sur le marché n’étaient équipés que selon la partie 15118-2 de la norme véhicule-borne, sans recharge bidirectionnelle ni recharge intelligente avancée. Relevez donc le niveau au tableau de bord ou dans l’application du constructeur.

Peut-on géolocaliser les véhicules partagés de l’entreprise ?

Oui, pour des finalités admises par la CNIL, comme la sécurité des véhicules ou le contrôle du respect de leurs règles d’utilisation. La géolocalisation ne peut pas servir à surveiller un salarié en permanence ni à contrôler sa vitesse, et la collecte doit pouvoir être désactivée hors temps de travail. Les positions ne sont en principe pas conservées plus de deux mois, et les salariés comme leurs représentants sont informés au préalable.

Les bornes d’un service d’autopartage interne sont-elles ouvertes au public ?

Non, tant qu’elles restent réservées aux salariés et aux personnes autorisées. Selon le règlement européen AFIR, le parking d’un immeuble de bureaux accessible à ce seul cercle n’est pas ouvert au public, et les points d’un système d’autopartage ne le sont que s’ils autorisent explicitement l’accès de tiers. Ouvrir les bornes à des tiers entraîne d’autres obligations, comme la recharge à l’acte lorsque le service est payant.

Relecture prévue par Anna Du Bois.
À valider avant de présenter cette relecture comme terminée.

Sources et lectures complémentaires

Documentation des organismes et fabricants pour approfondir le sujet. Pour une procédure propre à votre véhicule ou à votre borne, consultez la notice correspondant au modèle et à sa version.

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