Une borne de recharge au restaurant se choisit d’abord selon la durée des repas : vos clients rechargent pendant qu’ils mangent, donc l’énergie offerte dépend du temps passé sur place et de ce que leur voiture accepte. Un repas assis permet un appoint ; seule une borne rapide transforme une courte halte en étape de recharge.
Vous saurez estimer les kilowattheures réellement disponibles pendant un service, choisir entre recharge normale et rapide, savoir ce qu’impose une borne « ouverte au public », puis préparer un projet que votre équipe de salle pourra faire vivre.
Borne de recharge au restaurant : quelle puissance pour quelle durée de repas ?
La bonne puissance est celle qui remplit utilement le temps que vos clients passent à table, pas la plus élevée du catalogue. Le kilowatt (kW) mesure une puissance, c’est-à-dire un débit ; le kilowattheure (kWh) mesure une quantité d’énergie, celle que la batterie reçoit.
L’énergie délivrée se calcule en multipliant la puissance effective par la durée : une heure à 7 kW donne 7 kWh au point de mesure.
La durée de présence découpe trois services. Un déjeuner en semaine, calé sur l’heure de reprise du travail, laisse un appoint. Un dîner ou un repas de week-end permet de récupérer davantage. Une halte sur un axe routier, où le voyageur veut repartir vite, appelle la recharge rapide.
Notre guide kW, kWh et ampères pour comprendre la recharge reprend ces notions. Le principe du projet : proposer un appoint pendant le repas, sans promettre un plein ni un nombre de kilomètres.
Combien d’énergie un client récupère-t-il pendant son repas ?
Multipliez la puissance que la voiture accepte réellement par le temps de stationnement, puis retirez les pertes de charge. Le tableau donne l’énergie délivrée au point de mesure pour trois durées prises comme exemples, à remplacer par vos propres relevés.
| Durée de stationnement (exemple) | Voiture rechargeant à 3,7 kW | Voiture rechargeant à 7 kW | Voiture rechargeant à 11 kW |
|---|---|---|---|
| 45 minutes | 2,8 kWh | 5,3 kWh | 8,3 kWh |
| 1 h 30 | 5,6 kWh | 10,5 kWh | 16,5 kWh |
| 2 h 30 | 9,3 kWh | 17,5 kWh | 27,5 kWh |
Premier correctif, la voiture. Selon le guide pratique d’Enedis sur la recharge, une voiture branchée sur une borne qui délivre plus de kW qu’elle ne peut en accepter recharge à son propre maximum. Lisez donc la colonne qui correspond au véhicule, pas à l’étiquette de la borne.
Deuxième correctif, les pertes. L’ADAC a mesuré en 2026, sur cinq voitures rechargées de 10 à 90 % à une borne de 11 kW, batterie entre 20 et 30 °C, de 5,1 à 7,0 % d’écart entre l’énergie tirée du réseau et celle arrivée dans la batterie. Sur 16,5 kWh délivrés, entre 15,3 et 15,7 kWh atteignent donc la batterie. Pour une voiture qui consommerait 17 kWh aux 100 km, cela représente environ 90 km : un exemple, jamais une promesse à afficher.
Troisième correctif, le partage : si plusieurs points se partagent une alimentation limitée, un pilotage répartit la puissance entre eux, et chaque voiture reçoit moins que le maximum de sa borne.
Recharge normale ou borne rapide : quel service pour quelle clientèle ?
Pour un repas assis, une recharge normale en courant alternatif (AC) suffit à offrir un appoint ; la recharge rapide en courant continu (DC) se justifie quand votre clientèle s’arrête pour une étape de trajet. En courant alternatif, le chargeur embarqué de la voiture convertit le courant ; en courant continu, la conversion se fait dans la borne.
Une borne rapide appelle une puissance bien supérieure, des travaux plus lourds et des règles propres. Selon le règlement européen AFIR, les points en courant continu ouverts au public doivent avoir un câble fixe depuis le 14 avril 2025. Pour les points de 50 kW et plus déployés depuis le 13 avril 2024, le prix à l’acte se fonde sur le prix au kWh, et l’exploitant peut ajouter des frais d’occupation à la minute pour décourager une occupation trop longue, utile si un client prolonge son dessert après la fin de sa charge.
AFIR prévoit aussi qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les points de 50 kW et plus situés le long du réseau routier transeuropéen (RTE-T) acceptent la carte de paiement, même installés avant le 13 avril 2024. Le guide sur la différence entre recharge AC et DC compare les deux solutions en détail.
Observer vos services avant de dimensionner la recharge
Quelques semaines d’observation, couvrant déjeuners, dîners et week-ends, valent mieux qu’une hypothèse. Ces relevés serviront de base au devis et éviteront d’acheter une puissance que personne n’utilisera.
Pendant cette période, notez pour chaque service :
- l’heure d’arrivée et de départ des voitures, qui donne la durée réelle de stationnement, parfois plus longue que le repas ;
- les pics d’occupation ;
- les voitures du personnel, qui restent tout le service et bloqueraient une place équipée ;
- les visiteurs extérieurs qui se garent sans consommer ;
- les demandes de recharge déjà formulées à la réservation.
Sur le terrain, repérez l’emplacement proche de l’entrée le plus facile à alimenter. Le câble ne doit jamais traverser le cheminement des piétons ; garez une voiture sur la place envisagée et vérifiez que la trappe de recharge reste accessible.
À titre de repère, le baromètre de l’Avere-France compte en août 2026 en moyenne 39,3 sessions par point ouvert au public sur le mois, soit un peu plus d’une par jour, et 855 kWh délivrés, soit environ 22 kWh par session, toutes puissances confondues. Vos propres relevés feront foi. La méthode complète figure dans notre guide sur l’audit des usages avant d’équiper un parking.
Borne réservée aux clients : les règles d’un point ouvert au public
Une borne réservée à vos clients est en principe « ouverte au public ». Selon le règlement (UE) 2023/1804, dit AFIR, un point situé sur une propriété privée ouverte au public l’est même si son accès est limité à un groupe d’utilisateurs, par exemple des clients. À l’inverse, un parking réservé aux seuls salariés ne l’est pas.
Ce statut entraîne plusieurs exigences, européennes puis françaises (articles R353‑4‑2 à R353‑4‑6 du code de l’énergie, pour les infrastructures installées après le 14 janvier 2017) :
- la recharge à l’acte, sans abonnement ; pour les points déployés depuis le 13 avril 2024, un paiement par lecteur de carte, sans contact ou, sous 50 kW, par un dispositif en ligne sécurisé comme un code QR ;
- des prix raisonnables et transparents ; sous 50 kW, une information avant la session dans l’ordre : prix par kWh, par minute, par session, autres éléments ;
- depuis le 14 octobre 2024, un point connecté, surveillé et contrôlé à distance ;
- la publication de la localisation et des caractéristiques des points sur le site national prévu par le code des transports ;
- une information publique pour tout incident rendant l’infrastructure inutilisable plus de deux heures, et l’accès des clients d’autres réseaux si la borne est supervisée.
Chaque manquement à ces règles françaises expose à une amende administrative d’au plus 300 euros par point. Les exigences de paiement ne s’appliquent pas si la recharge est gratuite, mais la borne doit rester connectée et les autres obligations demeurent. Ces tâches reposent sur la supervision, souvent reliée par OCPP, le protocole ouvert de l’Open Charge Alliance (versions 1.6, 2.0.1 et 2.1) : notre guide du logiciel de supervision de bornes détaille ce qu’il faut exiger.
Parking de plus de 20 places : ce que la loi impose déjà
Si votre restaurant occupe un bâtiment non résidentiel dont le parking compte plus de 20 emplacements, l’article L113‑13 du code de la construction et de l’habitation impose depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 au moins un point de recharge, sur un emplacement dimensionné pour les personnes à mobilité réduite, puis un point par tranche de 20 emplacements supplémentaires.
Ces points supplémentaires peuvent être limités si les travaux en amont du tableau général basse tension, tableau compris, coûtent plus que ceux réalisés en aval ; jamais le premier. L’obligation vise le propriétaire : si vous êtes locataire, parlez-en avec lui avant d’investir. L’article L113‑14 l’écarte pour les bâtiments à la fois possédés et occupés par une PME, c’est-à-dire, selon la recommandation européenne 2003/361/CE, une entreprise de moins de 250 personnes dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions d’euros ou le total de bilan 43 millions.
À partir de 50 places, une étude de conception électrique est obligatoire (code de l’énergie, article D353‑2). Et la directive européenne 2024/1275, plus exigeante, n’est pas transposée : au 23 septembre 2026, son volet recharge est toujours en première lecture à l’Assemblée nationale. Le guide sur le pré-équipement des parkings distingue place prééquipée et place équipée.
Organiser le service en salle sans improviser une assistance technique
Le service se joue autant à l’accueil qu’au parking : le client connaît les règles avant d’arriver, et l’équipe sait quoi faire quand la borne ne répond pas. Le code du travail réserve les opérations sur les installations électriques aux travailleurs habilités par leur employeur : votre équipe de salle n’a pas à y toucher.
À la réservation, indiquez si une borne existe, sa puissance, si la place se réserve, le prix ou la gratuité et la durée autorisée. Sur place, un panneau rappelle qui peut recharger, la règle de durée, par exemple le temps du repas, et un contact. Pour éviter qu’une voiture chargée reste branchée tout l’après-midi, voyez comment prévenir les voitures ventouses sur les places équipées.
Préparez une fiche au comptoir pour les pannes :
- l’identifiant de chaque point, tel qu’il figure sur la borne ou dans la supervision ;
- le numéro d’assistance de la supervision ou du mainteneur ;
- les vérifications permises : voyant, écran, câble bien enclenché, badge ou code QR ;
- l’interdiction d’ouvrir un coffret ou de réarmer une protection dans le tableau électrique.
La maintenance relève d’un professionnel : selon l’article D353‑2 du code de l’énergie, les travaux de maintenance d’une borne dédiée et accessible au public sont confiés à des professionnels titulaires d’une qualification délivrée par un organisme agréé.
Préparer votre projet et votre demande de devis
Un devis juste part de vos données d’exploitation. Pour un parking de restaurant, la pose d’une borne dédiée revient à un professionnel titulaire d’une qualification délivrée par un organisme agréé, quelle que soit sa puissance : l’exception de 3,7 kW de l’article D353‑2 ne vise que l’habitation privée et les installations non dédiées et non accessibles au public. Selon ADVENIR, seuls QUALIFELEC, AFNOR et Qualit’EnR délivrent la qualification IRVE ; une attestation de formation ne la remplace pas.
Rassemblez avant le premier échange :
- le plan du parking, l’emplacement souhaité et la position du tableau électrique ;
- la puissance souscrite, indiquée sur votre facture d’électricité ;
- vos relevés de stationnement par service ;
- la clientèle visée : repas assis, halte sur un trajet, ou les deux ;
- les règles d’accès et le choix entre recharge gratuite ou payante.
Aucun prix de référence officiel n’existe : le devis détaillé le précisera. N’intégrez pas d’aide ADVENIR, dont la page des montants ne prévoit au 23 septembre 2026 aucune prime pour un parking d’entreprise destiné aux voitures. À la fin des travaux, notez les défauts visibles en réserves au procès-verbal de réception : selon l’article 1792-6 du code civil, l’entrepreneur doit réparer pendant un an les désordres ainsi signalés, ou notifiés par écrit s’ils apparaissent ensuite.
Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France : visite technique, devis détaillé, supervision OCPP. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet, via notre demande de devis de borne de recharge pour entreprise.
L’essentiel à retenir
Cinq points résument la démarche :
- L’énergie offerte pendant un repas se calcule : puissance acceptée par la voiture multipliée par le temps de stationnement, moins les pertes, de 5,1 à 7,0 % selon l’ADAC à 11 kW.
- Pour un repas assis, la recharge normale en courant alternatif offre un appoint ; la recharge rapide en courant continu sert les haltes courtes sur un trajet.
- Une borne réservée aux clients d’un lieu ouvert au public est « ouverte au public » : recharge à l’acte, prix transparents, borne connectée, sans exigence de paiement si la recharge est gratuite.
- Un bâtiment non résidentiel dont le parking dépasse 20 places doit disposer d’au moins un point de recharge depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, sauf s’il est possédé et occupé par une PME.
- Pose et maintenance relèvent d’un professionnel qualifié ; l’équipe de salle informe et alerte, sans jamais intervenir sur l’installation.
Questions fréquentes
Quel type de prise installer sur une borne de restaurant ?
Une prise ou un connecteur de type 2 au minimum pour la recharge normale en courant alternatif, et un connecteur Combo 2 pour la recharge rapide en courant continu. Le règlement européen AFIR, modifié par le règlement délégué (UE) 2025/656, l’impose aux points destinés aux voitures et utilitaires légers installés ou rénovés depuis le 8 janvier 2026. Un point en courant continu ouvert au public doit en outre avoir un câble fixe.
Un restaurant est-il obligé d’installer une borne de recharge ?
Oui, si le bâtiment non résidentiel dispose d’un parking de plus de 20 places : depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, l’article L113‑13 du code de la construction impose au moins un point de recharge, sur une place accessible aux personnes à mobilité réduite. L’obligation vise le propriétaire, et les bâtiments possédés et occupés par une PME en sont exemptés. Un bâtiment neuf ou en rénovation importante relève d’autres règles, au-delà de 10 places.
Peut-on offrir la recharge gratuitement aux clients du restaurant ?
Oui. Le règlement européen AFIR dispense les points gratuits des exigences de paiement, comme le lecteur de carte, le sans contact ou le code QR. La borne reste toutefois « ouverte au public » dès lors que vos clients y ont accès : elle doit être connectée, et les obligations françaises d’information s’appliquent. Fixez une règle d’usage claire, par exemple la place réservée pendant la durée du repas.
Combien de kilomètres un client récupère-t-il pendant un repas ?
Cela dépend de la puissance que sa voiture accepte, du temps passé sur place et de sa consommation. Exemple : une heure à 11 kW délivre 11 kWh ; avec les 5,1 à 7,0 % de pertes mesurées par l’ADAC à cette puissance, environ 10,3 kWh arrivent dans la batterie, soit une soixantaine de kilomètres pour une voiture consommant 17 kWh aux 100 km. Affichez des kWh ou une durée, jamais une distance promise.
Qui peut installer une borne de recharge dans un restaurant ?
Un professionnel titulaire d’une qualification IRVE délivrée par un organisme agréé : l’article D353‑2 du code de l’énergie l’exige pour une borne dédiée sur un parking de restaurant, quelle que soit sa puissance. Selon ADVENIR, QUALIFELEC, AFNOR et Qualit’EnR sont les organismes compétents. Chez QUALIFELEC, vérifiez l’indice : 1 jusqu’à 36 kVA appelables, 2 au-delà, 3 pour une borne en courant continu.
Existe-t-il une aide pour installer une borne de recharge dans un restaurant ?
Pas du côté d’ADVENIR : au 23 septembre 2026, la page des montants du programme ne comporte aucune prime pour un parking d’entreprise destiné aux voitures. Le taux de TVA de 5,5 % vise les bornes installées dans des locaux d’habitation et destinées aux résidents, pas un parking de clientèle. Quant au crédit d’impôt borne, il est supprimé pour les dépenses payées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.


