Pour la recharge d’un visiteur, l’entreprise prépare l’accueil avant son arrivée : une place repérée, un moyen d’activation temporaire, un prix ou la gratuité annoncés, et un contact joignable pendant la visite. Si le parking reçoit le public, et pas seulement des personnes autorisées, le règlement européen AFIR ajoute ses propres obligations.
Après cette lecture, vous saurez qualifier votre parking, rédiger un message d’arrivée complet, choisir un accès temporaire, annoncer une durée de charge réaliste et clore la visite sans laisser d’accès ouvert ni de données inutiles.
Parking de visiteurs : réservé aux personnes autorisées ou ouvert au public ?
Cette question décide des obligations applicables. Le règlement européen AFIR (UE) 2023/1804, applicable depuis le 13 avril 2024, fixe le critère : un point de recharge situé sur une propriété privée ouverte au public est « ouvert au public », même si son accès est limité à un groupe d’utilisateurs, par exemple des clients.
À l’inverse, selon le même texte, les parkings d’immeubles de bureaux auxquels seuls les employés ou les personnes autorisées ont accès ne relèvent pas de cette catégorie. Un visiteur invité et admis à l’entrée relève a priori de ce second cas : vos points ne sont alors pas « ouverts au public », et c’est vous qui fixez leurs règles d’usage.
La frontière suit l’usage du lieu. Une salle d’exposition ou un parking clients à barrière levée en journée accueillent le public : leurs points sont ouverts au public, même réservés à la clientèle. En cas de doute, faites relire votre configuration d’accès par votre conseil avant de choisir le matériel.
Pensez aux visiteurs à mobilité réduite. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un bâtiment non résidentiel dont le parc compte plus de 20 emplacements doit disposer d’au moins un point de recharge sur un emplacement dimensionné pour les personnes à mobilité réduite, sauf exceptions, notamment pour une PME propriétaire et occupante de ses locaux. Vérifiez qu’un visiteur en fauteuil peut l’atteindre.
Ce que change un point de recharge ouvert au public
Un point ouvert au public doit permettre de recharger sans abonnement et informer clairement sur le prix ; un point privé n’y est pas tenu. Voici les principales exigences.
| Exigence | Ce que prévoit le texte | Points concernés |
|---|---|---|
| Recharge à l’acte | Recharger sans abonnement (AFIR, article 5 ; code de l’énergie, R353‑4‑2) | Points ouverts au public |
| Moyen de paiement | Lecteur de carte, lecteur sans contact ou, sous 50 kW, dispositif en ligne sécurisé comme un code QR | Points déployés depuis le 13 avril 2024, sauf si la recharge est gratuite |
| Information sur le prix | Prix disponibles à la station avant la session : par kWh, par minute, par session, puis autres éléments | Points ouverts au public de moins de 50 kW |
| Borne connectée | Données en temps réel, surveillance et commande à distance | Tous les points ouverts au public depuis le 14 octobre 2024 |
| Itinérance | Badges et applications d’autres opérateurs acceptés | Infrastructures ouvertes au public et supervisées, installées après le 14 janvier 2017 |
| Incident | Information publique si un incident rend tout ou partie de l’infrastructure inutilisable plus de deux heures | Infrastructures ouvertes au public installées après le 14 janvier 2017 |
En France, chaque manquement aux obligations des articles R353‑4‑2 à R353‑4‑6 du code de l’énergie expose l’aménageur à une amende administrative d’au plus 300 euros par point de recharge concerné. Sur un parking réservé aux personnes autorisées, ces règles ne s’imposent pas, mais elles restent de bons repères.
Recharge des visiteurs en entreprise : ce que le message d’arrivée doit contenir
Le message envoyé avec l’invitation règle la plupart des difficultés à l’avance. Il sépare trois étapes que le visiteur confond souvent : entrer sur le site, trouver la place, lancer la session.
Voici les éléments à y faire figurer :
- l’adresse exacte de l’entrée du parking et les horaires de la barrière ;
- le repère de la place équipée ;
- le statut de la recharge : place réservée à son nom, ou disponible seulement si elle est libre ;
- le raccordement : câble attaché à la borne, ou prise seule, le visiteur apportant alors son câble ;
- le moyen d’activation (badge, lien, code QR) et qui le fournit ;
- le prix ou la gratuité, ou le lien vers les conditions, avant toute utilisation ;
- un numéro joignable pendant toute la visite.
Ne présentez pas la recharge comme assurée si la place ne peut pas être bloquée. Écrire tôt « recharge possible, sans réservation » laisse au visiteur le temps de partir avec assez d’autonomie. Si vous avez fixé des priorités entre salariés et visiteurs, reprenez-les ; notre guide salariés ou visiteurs : définir les priorités de recharge aide à les établir.
Faites relire le message par une personne qui ne connaît pas le site : si elle doit poser une question, il n’est pas prêt.
Quel accès temporaire donner à un visiteur ?
Le bon accès est celui que le visiteur comprend seul, qui ne sert qu’à lui et que vous pouvez retirer après son départ. Ce que votre borne permet se vérifie auprès de votre exploitant.
| Moyen d’activation | Déroulement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Badge d’accueil numéroté | Remis contre signature, rendu au départ | Désactiver tout badge non rendu |
| Compte temporaire dans la supervision | Créé avant la visite pour une date donnée | Vérifier que la date de fin coupe réellement l’accès |
| Code QR ou carte bancaire à la borne | Le visiteur s’identifie ou paie seul | Prévoir le justificatif ; exigé sous conditions si le point est ouvert au public |
| Carte de son opérateur habituel | Le visiteur utilise son badge ou son application de recharge | Ne fonctionne que si votre point accepte l’itinérance |
| Recharge libre | La borne démarre au branchement | Aucun contrôle de qui recharge |
Deux pratiques sont à proscrire : prêter le badge personnel d’un salarié, qui attribue les sessions à la mauvaise personne, et transmettre un identifiant d’administrateur, qui ouvre à un tiers des fonctions de gestion.
En supervision OCPP, le protocole ouvert qui relie les bornes au logiciel de gestion, demandez la version utilisée (1.6, 2.0.1 ou 2.1) et comment l’accueil crée puis supprime un accès. Le guide qui doit administrer les accès aux bornes dans une entreprise détaille la répartition des rôles.
Quelle durée de charge annoncer au visiteur ?
Aucune durée ne peut être promise à partir de la seule puissance affichée sur la borne. Selon le guide pratique d’Enedis sur la recharge, une voiture branchée sur une borne qui délivre plus de kW qu’elle ne peut en accepter se recharge à son propre maximum, donc moins vite que ce qu’annonce le matériel.
Calculez donc avec la puissance que la voiture accepte. Exemple : une borne de 22 kW, une voiture qui n’accepte que 7 kW en courant alternatif et une réunion de deux heures. L’énergie reçue sera au plus de 7 × 2 = 14 kWh ; à 17 kWh aux 100 km, cela représente environ 14 ÷ 17 × 100 ≈ 82 km.
Retranchez encore les pertes de charge : dans une étude publiée le 6 août 2026, l’ADAC, l’automobile-club allemand, a mesuré entre 5,1 % et 7,0 % de pertes sur une borne de 11 kW, pour cinq voitures rechargées de 10 à 90 %. L’accueil annonce donc une estimation, jamais un chiffre ferme.
Enedis relève une autre conséquence : si la recharge est facturée au temps, le conducteur dont la voiture accepte peu de puissance paie un service qu’elle ne peut pas obtenir. Un prix au kWh, ou la gratuité, évite ce malentendu. Le simulateur de temps de recharge permet de refaire le calcul avec son modèle.
Accompagner le démarrage de la session
Le visiteur doit vérifier que la charge a réellement démarré avant de rejoindre sa réunion, sinon il retrouvera deux heures plus tard une batterie au même niveau.
La séquence à décrire dans le message est la suivante :
- garer la voiture trappe de recharge côté borne, sans tendre le câble ;
- s’identifier avec le badge, le lien ou le code QR fourni et brancher le câble, dans l’ordre indiqué sur la borne : certaines demandent l’identification avant le branchement, d’autres après ;
- attendre le voyant ou le message de démarrage, puis contrôler la session sur l’écran de la voiture ou dans l’application ;
- noter le numéro du point, qui sera demandé en cas d’appel.
Donnez un contact capable de distinguer trois situations : un problème d’accès (badge refusé, barrière fermée), une difficulté de paiement et une anomalie technique. Seule la troisième exige un professionnel.
Selon le code du travail, les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne peuvent être effectuées que par des travailleurs habilités, et la maintenance des bornes est confiée à des professionnels habilités. Un agent d’accueil n’ouvre donc pas le coffret et ne réarme pas une borne : il appelle le mainteneur.
Prévoir une solution de repli si la borne est occupée ou en panne
Le plan B s’annonce dans le message d’arrivée, pas au moment de la panne : il peut s’agir d’une autre place équipée du site, d’un créneau libéré par un salarié ou d’une station publique proche. Prévenez aussi les visiteurs attendus dès qu’un point est hors service.
Les stations publiques sont nombreuses : selon le baromètre de l’Avere-France, la France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public fin août 2026. Leurs données de localisation et leurs caractéristiques techniques sont publiées sur le site prévu à l’article D1115-1 du code des transports, et notre carte des bornes de recharge en France aide à en repérer. Indiquez la plus proche, avec sa puissance et son moyen de paiement.
Une voiture de salarié chargée mais branchée toute la journée bloque aussi la place du visiteur ; notre guide prévenir les voitures ventouses sur les places équipées traite de la rotation des places.
Fin de visite : arrêter la session, rendre l’accès, limiter les données
La visite se termine quand la session est close, l’accès retiré et le justificatif remis. Précisez dans le message comment arrêter la charge : badge présenté à nouveau, bouton de l’application ou commande de la voiture, puis déverrouillage du câble.
Vérifiez que la sortie reste possible si la réunion se prolonge le soir. Récupérez le badge temporaire ou désactivez le compte le jour même, pas à la prochaine revue des accès.
Les badges, réservations et historiques de sessions rattachés à une personne sont des données personnelles : le RGPD demande de les limiter au nécessaire et de ne pas les garder sous une forme identifiante plus longtemps que leur finalité ne l’exige. Pour le contrôle d’accès aux locaux par badge, la CNIL indique que les données de journalisation devraient être supprimées trois mois après leur enregistrement.
Si vous facturez la recharge, la facture relève en revanche des pièces comptables, conservées dix ans selon le code de commerce. Séparez donc la facture, gardée, du journal nominatif des sessions, purgé.
Préparer le parcours des visiteurs avec votre installateur
Le parcours du visiteur se conçoit avec le projet, pas après la pose : lors de la visite technique, montrez le trajet réel, de la barrière à la place prévue.
Les questions à poser pour obtenir un devis détaillé qui en tient compte :
- le parking sera-t-il réservé aux personnes autorisées ou ouvert au public, et quelles obligations en découlent ;
- quels moyens d’activation la supervision permet ;
- qui crée et supprime les accès temporaires, et depuis quel écran ;
- quelles données de session sont conservées, et pendant combien de temps ;
- qui intervient en cas de panne, dans quel délai contractuel.
Sur un parking d’entreprise, une borne dédiée à la recharge doit être posée par un installateur titulaire d’une qualification IRVE délivrée par un organisme agréé, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France pour l’installation de bornes de recharge en entreprise. Décrivez votre site dans une demande de devis professionnel ; objectif : devis sous 48 h après dossier complet.
Notre guide des bornes en entreprise traite des usages partagés entre visiteurs, salariés et flotte.
L’essentiel à retenir
- Un parking de bureaux réservé aux employés et aux personnes autorisées n’est pas « ouvert au public » au sens d’AFIR ; un parking clients l’est, même réservé à la clientèle.
- Un point ouvert au public doit permettre la recharge sans abonnement et informer sur ses prix avant la session.
- Le message d’arrivée donne l’entrée, la place, le moyen d’activation, le prix et un contact joignable.
- La durée de charge se calcule avec la puissance acceptée par la voiture, pas avec celle de la borne.
- L’accès temporaire est propre au visiteur, retiré le jour même, et les données nominatives ne se gardent que le temps nécessaire.
Questions fréquentes
Comment organiser la recharge d’un visiteur à l’accueil d’une entreprise ?
Envoyez avant la visite un message qui précise l’entrée du parking, la place équipée, le moyen d’activation, le prix ou la gratuité et un contact joignable. Remettez un accès temporaire propre au visiteur, jamais le badge d’un salarié. Demandez-lui de vérifier le démarrage de la session avant sa réunion, prévoyez une solution de repli et retirez l’accès le jour même, à son départ.
Une borne réservée aux visiteurs est-elle une borne publique ?
Cela dépend de qui entre sur le parking. Selon le règlement européen AFIR, un point situé sur un terrain privé ouvert au public est « ouvert au public », même s’il est réservé aux clients. En revanche, un parking de bureaux accessible aux seuls employés et personnes autorisées n’en fait pas partie : un visiteur invité et admis à l’entrée ne change pas, a priori, ce statut.
Peut-on faire payer la recharge à un visiteur ?
Oui pour un point ouvert au public, à certaines conditions : recharge possible sans abonnement, prix transparents et, pour les points déployés depuis le 13 avril 2024, paiement par carte, sans contact ou, sous 50 kW, par code QR. Sous 50 kW, le prix doit être affiché à la station avant le début de la session. Sur un parking privé, faites valider la facturation et la TVA par votre expert-comptable avant d’annoncer un prix.
Combien de kilomètres un visiteur récupère-t-il pendant une réunion ?
Cela dépend de la puissance que sa voiture accepte, pas de celle affichée sur la borne, rappelle Enedis. Par exemple, une voiture limitée à 11 kW et branchée une heure et demie reçoit au plus 16,5 kWh ; à 17 kWh aux 100 km, cela fait environ 97 km, un peu moins après les pertes de charge. L’accueil annonce donc une estimation, jamais une durée ou une distance ferme.
Que faire si la borne ne démarre pas pendant la visite ?
Appelez le contact indiqué en donnant le numéro du point et le symptôme : badge refusé, paiement bloqué ou message d’erreur. Les problèmes d’accès et de paiement se règlent souvent à l’accueil ou avec l’exploitant. Une anomalie technique relève d’un professionnel habilité : l’agent d’accueil n’ouvre pas le coffret et ne réarme rien. Proposez alors la solution de repli prévue dans le message d’arrivée.
Combien de temps garder les données de badge d’un visiteur ?
Pour le contrôle d’accès aux locaux par badge, la CNIL indique que les données de journalisation devraient être supprimées trois mois après leur enregistrement. Pour les historiques de recharge nominatifs, aucune durée propre n’est fixée : le RGPD impose de les limiter au nécessaire et de ne pas les garder plus longtemps que leur finalité. Une facture de recharge se conserve en revanche dix ans comme pièce comptable.


