Aller au contenu
09 55 92 66 32
FR
Commencer mon devis
Menu

Guide pratique · 12 min de lecture

Préparer la recharge d’un utilitaire chargé en hiver

Utilitaire électrique chargé en hiver : mesurer la tournée, calculer l’énergie à recharger au dépôt, préconditionner la batterie et prévoir un plan de secours.

Préparation de la tournée d’un utilitaire électrique chargé en hiver.
  • Entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE
  • Assurance décennale AXA
  • Partout en France
  • Objectif : devis sous 48 h après dossier complet
  • Supervision OCPP
  • Aides ADVENIR
Sommaire de l’article

Pour préparer la recharge d’un utilitaire électrique chargé en hiver, partez d’une tournée réelle mesurée par temps froid, avec le chargement habituel, et non d’un relevé d’été à vide. Calculez ensuite l’énergie à restituer au dépôt avant le départ suivant, et programmez le préconditionnement de la batterie avant de rouler et avant chaque recharge rapide.

Vous saurez décrire la mission la plus exigeante, mesurer sa consommation, traduire ce relevé en kWh et en heures de branchement, vérifier que le dépôt suit et bâtir un plan de secours.

Utilitaire électrique chargé en hiver : pourquoi un relevé d’été à vide ne suffit pas

Parce que le froid et le chargement augmentent la consommation, et que le froid ralentit aussi la recharge. Un relevé d’été à vide décrit la mission facile ; c’est la mission difficile qui décide si le véhicule repart à l’heure.

Trois mécanismes s’additionnent. Le chauffage de l’habitacle et de la batterie puise dans l’énergie embarquée, d’autant plus que les portes s’ouvrent souvent. La masse transportée pèse sur la consommation, surtout dans les montées et les relances. Enfin, selon la documentation de Fastned sur la vitesse de recharge, une batterie froide, ou trop chaude, recharge plus lentement, et elle ne se réchauffe pas simplement en roulant.

Il n’existe pas, à notre connaissance, de mesure publique de la surconsommation hivernale d’un utilitaire chargé : les chiffres qui circulent portent sur des voitures. La seule valeur fiable est celle que vous relèverez sur la version exacte du véhicule, dans votre activité.

Décrire la tournée la plus exigeante, masses comprises

Prenez comme référence la tournée qui pose problème, pas la tournée moyenne : la plus longue, la plus chargée, celle qui part le plus tôt ou enchaîne le plus d’arrêts.

Pour cette tournée, notez les éléments suivants :

  • le kilométrage et la part de voie rapide, où une vitesse soutenue pèse davantage ;
  • le chargement représentatif, pesé ou reconstitué d’après les bons de livraison ;
  • le nombre d’arrêts et d’ouvertures de portes ;
  • les équipements qui puisent dans la batterie, selon la notice ;
  • l’heure de retour, le lieu de stationnement de nuit et l’heure du départ suivant.

Les masses : un contrôle à faire avant l’essai

Selon la fiche Service-public sur le permis B, ce permis couvre les véhicules de marchandises dont le poids total autorisé en charge (PTAC, la masse maximale autorisée véhicule chargé) ne dépasse pas 3,5 tonnes. Elle ne mentionne aucune dérogation pour les utilitaires électriques. Or la batterie pèse sur la charge utile : relevez le PTAC et la masse à vide sur le certificat d’immatriculation de la version exacte, puis comparez-les au chargement réel.

Mesurer la consommation sur un essai représentatif

Faites rouler le véhicule sur la tournée de référence, par temps froid et avec son chargement, et répétez l’essai sur plusieurs journées pour voir l’écart entre un jour doux et un matin de gel.

La méthode tient sur une fiche :

  1. au départ, notez l’heure, le kilométrage, le niveau de charge affiché et la température extérieure ;
  2. pendant la tournée, laissez le conducteur travailler normalement, chauffage compris ;
  3. au retour, relevez les mêmes données et la consommation moyenne de l’ordinateur de bord, en kWh aux 100 km ;
  4. à la recharge suivante, lisez l’énergie comptée par la borne pour la session.

Les deux derniers relevés diffèrent : l’ordinateur de bord indique l’énergie consommée depuis la batterie, le compteur de la borne l’énergie prélevée sur le réseau, pertes comprises. Avec une supervision OCPP (le protocole ouvert qui relie les bornes à leur logiciel de gestion), l’énergie de chaque session peut remonter automatiquement, selon la borne et le logiciel.

Si vous reconstituez le parcours par géolocalisation, la CNIL l’admet notamment pour mieux répartir les moyens entre des lieux dispersés, mais pas pour contrôler la vitesse ni pour suivre le conducteur hors du temps de travail. Informez chaque salarié et les représentants du personnel avant la mise en place.

Calculer l’énergie à recharger au dépôt : un exemple chiffré

L’énergie à recharger chaque nuit se déduit de la distance, de la consommation d’hiver et des pertes de recharge, puis se convertit en heures de branchement.

Prenons une tournée de 140 km et une consommation relevée de 30 kWh aux 100 km : ce sont des hypothèses de calcul, à remplacer par vos relevés. Pour les pertes, l’étude de l’ADAC sur les pertes de recharge, publiée le 6 août 2026, a mesuré de 5,1 à 7,0 % sur une borne de 11 kW, sur cinq voitures, batterie entre 20 et 30 °C ; nous retenons 7 % de l’énergie prélevée.

ÉtapeCalculRésultat
Énergie sortie de la batterie pendant la tournée140 × 30 ÷ 10042 kWh
Énergie à prélever sur le réseau, 7 % de pertes42 ÷ 0,9345,2 kWh environ
Durée sur un point de 11 kW, si le véhicule l’accepte45,2 ÷ 114 h 06 environ
Durée sur un point de 7,4 kW45,2 ÷ 7,46 h 06 environ
Cinq utilitaires identiques5 × 45,2226 kWh environ
Puissance moyenne sur une fenêtre de 12 h226 ÷ 1218,8 kW environ
Puissance moyenne si tout doit tenir en 5 h226 ÷ 545,2 kW environ

À 11 kW, la recharge tient dans cinq heures consécutives, le bloc de nuit minimal des nouvelles plages d’heures creuses présentées plus bas ; à 7,4 kW, elle déborde. Cinq utilitaires demandent 18,8 kW en moyenne sur douze heures, plus du double sur cinq : c’est ce qui décide la puissance à prévoir et l’intérêt du pilotage dynamique de la charge. Pour une flotte complète, voyez comment dimensionner le besoin énergétique des tournées avec retour au dépôt.

Préconditionner la batterie avant le départ et avant une recharge rapide

Le préconditionnement consiste à amener la batterie, et souvent l’habitacle, à une température favorable avant de rouler ou de recharger. En hiver, il pèse sur la durée et les pertes d’une recharge rapide.

Les mesures de l’ADAC, réalisées sur quatre voitures en recharge rapide en courant continu, donnent un ordre de grandeur. À 0 °C, les pertes sont restées entre 1 et 6 % avec préconditionnement, contre 6 à 10 % sans ; le chauffage de la batterie à la borne a ajouté 2 à 8 % de pertes. Ce ne sont pas des valeurs pour un utilitaire chargé, mais le sens de l’écart est net.

Sur le terrain, trois vérifications suffisent :

  • au dépôt, programmez l’heure de départ pour que l’habitacle et la batterie se préparent pendant que le véhicule est encore branché, si la notice le permet ;
  • vérifiez si la batterie se prépare seule quand le conducteur choisit une borne rapide dans la navigation, ou s’il faut l’activer à la main ;
  • une fonction de chauffage de l’habitacle ne signifie pas que la batterie sera prête pour une recharge rapide : testez-la une fois, borne en vue, en notant la puissance obtenue.

Recharge rapide en tournée : froid, gabarit et puissance réelle

Une pause de recharge rapide se dimensionne avec la puissance que l’utilitaire accepte, pas avec celle affichée sur la borne. Selon Enedis, un véhicule branché sur une borne plus puissante que ce qu’il accepte recharge à son propre maximum ; une batterie froide ralentit encore la recharge.

Pour un utilitaire, quatre points se vérifient avant d’intégrer une station à la tournée :

  • le gabarit : hauteur d’un auvent, longueur de l’emplacement, place pour manœuvrer ; repérez la station avant d’en faire une étape ;
  • le câble : depuis le 14 avril 2025, les points en courant continu ouverts au public doivent avoir un câble fixe ; vérifiez qu’il atteint la trappe une fois le fourgon garé ;
  • le connecteur : les points en courant continu pour voitures et utilitaires légers installés ou rénovés depuis le 8 janvier 2026 offrent au minimum un connecteur Combo 2 ;
  • le paiement : sur un point ouvert au public déployé depuis le 13 avril 2024, un conducteur sans badge doit pouvoir payer à l’acte avec au moins un de ces moyens, selon la station : lecteur de carte, lecteur sans contact ou, sous 50 kW, code QR.

Pendant l’essai, notez la puissance obtenue à chaque arrêt : c’est elle qui fixe la durée de la pause. Le guide des longs trajets aide à repérer les stations ; gardez-en toujours une seconde sur l’itinéraire.

Équiper le dépôt pour restituer l’énergie avant le départ suivant

Le véhicule doit repartir le lendemain avec l’énergie prévue. Tout se joue entre le retour et le départ : place disponible, puissance délivrée la nuit, plage tarifaire.

Partez de la puissance que l’utilitaire accepte en courant alternatif, lue dans la notice : une borne plus puissante ne raccourcira pas la recharge au-delà de ce maximum. Comparez ensuite l’énergie comptée par la borne et celle de l’ordinateur de bord : les pertes de l’ADAC ont été mesurées batterie tempérée, pas dans un dépôt froid.

Pour un dépôt au Tarif Bleu, l’option Heures creuses du Tarif Bleu d’EDF compte 8 heures creuses par jour, fixées par Enedis. Depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, Enedis déplace progressivement ces plages : au moins cinq heures consécutives entre 23 h et 7 h, les trois autres pouvant tomber entre 11 h et 17 h. Les clients professionnels sont annoncés au second semestre 2027 : relisez la plage sur la facture et reprogrammez les bornes à chaque changement (voir la recharge de nuit au dépôt).

La pose relève d’un professionnel : selon l’article D353‑2 du code de l’énergie, une borne dédiée à la recharge sur un site d’entreprise est installée par une entreprise titulaire d’une qualification IRVE. Chez QUALIFELEC, l’indice 1 couvre les stations jusqu’à 36 kVA, l’indice 2 au-delà et l’indice 3 le courant continu. N’intervenez pas vous-même sur le tableau ou la ligne ; le guide des bornes pour utilitaires électriques détaille les choix de matériel.

Prévoir une solution de secours quand la météo s’écarte du scénario

Un plan de secours se décide avant le premier matin de gel : ce que fait le conducteur si la charge baisse trop vite, qui modifie la tournée, quel véhicule prend le relais.

Voici la liste de contrôle à valider avec l’exploitation :

  • un seuil de charge à partir duquel le conducteur rejoint la borne rapide repérée, fixé d’après l’essai et non au jugé ;
  • une seconde station sur l’itinéraire, compatible avec le gabarit du véhicule ;
  • un moyen de paiement à l’acte en plus du badge de la flotte ;
  • un ordre de priorité des recharges au dépôt quand une borne est hors service ;
  • un véhicule de réserve pour les jours où la mission dépasse le scénario.

Revoyez ce plan après chaque épisode de froid, en comparant la consommation prévue et la consommation relevée. Le guide pour prévoir une solution de secours pour un véhicule de service détaille l’organisation.

Ce qu’il faut préparer avant de demander l’équipement du dépôt

Un installateur dimensionne juste avec des données mesurées. Réunissez avant la visite technique :

  • le nombre d’utilitaires, leurs modèles exacts et la puissance qu’ils acceptent en courant alternatif ;
  • les relevés des essais d’hiver : distance, consommation, énergie comptée à la borne ;
  • les heures de retour et de départ de chaque véhicule ;
  • la puissance souscrite, le type de contrat et la plage d’heures creuses figurant sur la facture ;
  • un plan du dépôt avec l’emplacement du tableau général et des places de nuit ;
  • les besoins de suivi : énergie par véhicule, alerte en cas de session interrompue, accès par badge.

Avec ces éléments, l’étude compare une puissance fixe par borne et un pilotage de la charge. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France avec visite technique, devis détaillé et supervision OCPP. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet ; déposez votre dossier sur la page de demande de devis professionnel.

L’essentiel à retenir

  • Préparez l’hiver avec la tournée la plus exigeante, mesurée par temps froid et chargement réel.
  • Vérifiez le PTAC et la charge utile de la version exacte : la fiche officielle du permis B fixe la limite à 3,5 tonnes de PTAC et ne mentionne aucune dérogation pour les utilitaires électriques.
  • Convertissez la consommation mesurée en kWh à prélever, pertes comprises, puis en heures de branchement selon la puissance acceptée par le véhicule.
  • Utilisez le préconditionnement selon la notice : à 0 °C, l’ADAC a mesuré moins de pertes en recharge rapide avec préconditionnement que sans.
  • Relisez la plage d’heures creuses du dépôt, qu’Enedis déplace progressivement jusqu’en 2027.
  • Fixez un plan de secours avant le premier gel et confiez la pose des bornes à une entreprise qualifiée IRVE.

Questions fréquentes

Comment préparer la recharge d’un utilitaire électrique chargé en hiver ?

Partez d’un essai sur votre tournée la plus exigeante, par temps froid et avec le chargement réel. Convertissez la consommation relevée en kWh à prélever au dépôt, pertes de recharge comprises, puis en heures de branchement selon la puissance que le véhicule accepte. Programmez le préconditionnement selon la notice, repérez deux stations rapides compatibles avec le gabarit et fixez un plan de secours avant le premier gel.

Faut-il préconditionner la batterie avant une recharge rapide en hiver ?

Oui, si le véhicule le permet. Dans les mesures de l’ADAC sur quatre voitures en recharge rapide à 0 °C, les pertes sont restées entre 1 et 6 % avec préconditionnement, contre 6 à 10 % sans. Fastned rappelle aussi qu’une batterie froide ralentit la recharge. Vérifiez dans la notice si la préparation se déclenche en choisissant la borne dans la navigation ou s’il faut l’activer à la main.

Peut-on conduire un utilitaire électrique de plus de 3,5 tonnes avec le permis B ?

Non, selon la fiche officielle de Service-public : le permis B couvre les véhicules dont le PTAC ne dépasse pas 3,5 tonnes, avec 9 places au plus conducteur compris, et ne mentionne aucune dérogation pour les utilitaires électriques. La limite de 4 250 kg parfois citée concerne l’ensemble véhicule et remorque avec la mention 96. Vérifiez donc les masses de la version exacte sur le certificat d’immatriculation.

Une borne rapide de 150 kW recharge-t-elle un utilitaire à 150 kW ?

Non, pas si l’utilitaire accepte moins. Selon Enedis, un véhicule branché sur une borne plus puissante que ce qu’il peut accepter recharge à son propre maximum. En hiver, une batterie froide ralentit encore la recharge, d’après Fastned. Dimensionnez donc la pause avec la puissance maximale indiquée dans la notice de la version exacte, puis corrigez-la avec la puissance observée pendant vos essais.

Les heures creuses suffisent-elles pour recharger un utilitaire la nuit ?

Cela dépend de l’énergie à restituer et de la puissance acceptée. Avec l’option Heures creuses du Tarif Bleu, Enedis fixe 8 heures creuses par jour et déplace progressivement les plages : au moins cinq heures consécutives entre 23 h et 7 h. Dans l’exemple de ce guide, 45,2 kWh tiennent dans ce bloc à 11 kW, pas à 7,4 kW. Relisez la plage indiquée sur la facture du dépôt.

Qui peut installer une borne de recharge dans un dépôt d’utilitaires ?

Une entreprise titulaire d’une qualification IRVE délivrée par un organisme agréé, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie. Chez QUALIFELEC, l’indice 1 couvre les stations jusqu’à 36 kVA, l’indice 2 au-delà et l’indice 3 le courant continu : vérifiez que l’indice correspond à votre projet. La maintenance de ces bornes exige elle aussi un professionnel qualifié. N’intervenez jamais vous-même sur le tableau.

Relecture prévue par Anna Du Bois.
À valider avant de présenter cette relecture comme terminée.

Sources et lectures complémentaires

Documentation des organismes et fabricants pour approfondir le sujet. Pour une procédure propre à votre véhicule ou à votre borne, consultez la notice correspondant au modèle et à sa version.

Passer du guide au projet

Un parking qui répond aux besoins de vos équipes

Nombre de véhicules, horaires de présence, accès salariés ou visiteurs : présentez-nous votre site. Nous étudierons les bornes de recharge, la puissance disponible et les étapes de votre projet pour construire un devis exploitable.

Simulateurs utiles : Avantage en nature · Frais kilométriques

▤   Livres blancs gratuits

Un guide PDF pour préparer votre projet

Choisissez votre sujet et recevez le guide PDF par e-mail.

Livret sélectionné : La borne de recharge en entreprise

Votre e-mail ne sert qu’à cet envoi. Aucune revente, aucun spam. Confidentialité

Ouvrir directement ce PDF