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Guide pratique · 12 min de lecture

Réseau Wi-Fi ou cellulaire pour les bornes : préparer la couverture

Wi-Fi, filaire ou cellulaire : mesurer la couverture à chaque borne du parking, anticiper l’arrêt de la 2G, les cartes SIM et le mode hors ligne OCPP.

Vérification de la couverture réseau dans un parking.
  • Entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE
  • Assurance décennale AXA
  • Partout en France
  • Objectif : devis sous 48 h après dossier complet
  • Supervision OCPP
  • Aides ADVENIR
Sommaire de l’article

Pour la connexion d’une borne en Wi-Fi ou en cellulaire dans un parking, aucune option ne s’impose partout : le bon choix dépend du signal mesuré à l’emplacement exact de chaque borne, avec l’opérateur et le matériel prévus. Quand un câble peut rejoindre les bornes, le réseau filaire offre une troisième voie.

Vous saurez ensuite comparer les trois options, organiser une mesure utile, vérifier les modems avant l’arrêt de la 2G et de la 3G, répartir les responsabilités et décider de ce qui doit fonctionner quand la liaison tombe.

Ce qui passe par la connexion d’une borne de parking

La connexion relie chaque borne à son logiciel de supervision, le système qui autorise, surveille et pilote les bornes à distance. Sans elle, l’exploitant perd la vue sur le parc et la main sur les bornes.

Ce dialogue suit un protocole, par exemple OCPP (Open Charge Point Protocol), le protocole ouvert que l’Open Charge Alliance (OCA) publie pour relier les bornes aux systèmes qui les gèrent. Par cette liaison transitent les autorisations de badges, les sessions, l’état de chaque prise et les commandes à distance : redémarrage, déverrouillage d’un connecteur, mise à jour du micrologiciel (firmware). Le guide du logiciel de supervision de bornes détaille ces fonctions.

Pour certains parkings, la connexion est une obligation. Depuis le 14 octobre 2024, le règlement européen AFIR sur les infrastructures de recharge exige que tous les points ouverts au public soient « connectés », capables notamment d’échanger des informations en temps réel et d’être surveillés et contrôlés à distance. En France, l’article 11 du décret n° 2017-26 leur impose aussi une supervision qui suit l’état des points en temps réel, sauf pour l’aménageur d’une station unique d’au plus 36 kVA et 5 points, non intégrée à un réseau, qui doit tout de même s’assurer du fonctionnement permanent de ses points.

Selon le considérant 11 d’AFIR, un parking de bureaux réservé aux salariés n’est pas « ouvert au public » : le règlement n’y impose pas la connexion, qui reste utile pour gérer les badges et suivre les consommations.

Wi-Fi, filaire ou cellulaire : comparer les options de connexion des bornes

Chaque liaison déplace la difficulté : le Wi-Fi dépend du réseau du bâtiment, le filaire des câbles, le cellulaire de l’opérateur et du modem. Voici ce qu’il faut examiner.

CritèreWi-FiFilaire (câble réseau)Cellulaire (4G, 5G)
Dépend surtout deLa portée et la configuration du réseau du bâtimentUn cheminement de câble jusqu’à chaque borne ou jusqu’à un équipement relaisL’opérateur, le modem de la borne et le signal à son emplacement
Qui fournit l’accèsLe propriétaire ou l’occupant, souvent son service informatiqueLe propriétaire du réseau localLe titulaire des cartes SIM : exploitant, fournisseur de supervision ou client, selon le contrat
Point de vigilanceMot de passe ou pare-feu modifié sans prévenir l’exploitantTravaux de passage de câble à chiffrer dès le devisModems limités à la 2G ou à la 3G, transfert des cartes SIM en fin de contrat
À testerChaque emplacement, portes fermées, aux heures chargéesLa continuité du lien jusqu’à chaque borneUne connexion réelle avec la carte SIM prévue, place par place

Pourquoi une carte de couverture ne suffit pas au sous-sol

Une carte de couverture donne une tendance, pas une mesure au pied de la borne, encore moins en sous-sol. Les cartes « Mon réseau mobile » publiées par l’Arcep sont des simulations numériques réalisées par les opérateurs ; l’Arcep en vérifie régulièrement la fiabilité, avec un seuil imposé de 98 %.

Un téléphone qui capte à l’entrée ne prouve pas qu’un modem fonctionnera au deuxième sous-sol. Aucune donnée publique ne renseigne la couverture à l’emplacement exact d’une borne : seules des mesures sur site font foi.

Organiser une mesure représentative

Faites mesurer place par place, avec l’opérateur réellement prévu et, si possible, avec un modem du modèle choisi, puisque c’est son antenne qui devra tenir. Pour le Wi-Fi, vérifiez chaque emplacement, portes coupe-feu fermées, voitures garées, aux heures les plus chargées.

Consignez les résultats sur un plan annoté : emplacement, opérateur ou réseau, niveau relevé, date et heure. Ce plan servira de référence si la liaison se dégrade après des travaux. Complétez ce test par un suivi des déconnexions pendant les premières semaines.

Arrêt de la 2G et de la 3G : vérifier le modem des bornes

Une borne dont le modem ne sait utiliser que la 2G ou la 3G perdra sa liaison à l’arrêt de ces réseaux. Les équipements qui ne sont pas compatibles 4G, 5G ou technologies alternatives devront avoir été remplacés, rappelle l’Arcep.

Selon la fiche de l’Arcep sur la fermeture des réseaux 2G et 3G, mise à jour le 10 septembre 2026, le calendrier annoncé en France métropolitaine est le suivant :

  • Orange : arrêt de la 2G généralisé de fin septembre à fin décembre 2026, 3G en 2028 ; Free Mobile, sans réseau 2G en propre, suit le même calendrier pour la 2G et n’a pas annoncé de date pour la 3G ;
  • SFR : arrêt de la 2G prévu le 15 novembre 2026, 3G fin 2028 ;
  • Bouygues Telecom : arrêt de la 2G le 15 novembre 2026 à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, puis généralisation du 1ᵉʳ au 15 décembre 2026, 3G fin 2029.

Ce calendrier peut encore évoluer. Pour un parc existant, demandez au fabricant de chaque modèle quelles technologies mobiles son modem prend en charge. Pour un projet neuf, exigez la 4G au minimum, vérifiée sur la fiche technique.

Qui fournit la connexion, qui la paie et qui intervient

Fixez les responsabilités avant la technologie : une borne « connectée » dans un devis ne signifie pas que l’abonnement, les travaux réseau et le support sont compris. Faites écrire qui fournit, paie et dépanne la liaison.

En Wi-Fi ou en filaire, le réseau appartient en général au bâtiment. Demandez au service informatique de prévenir l’exploitant avant tout changement de mot de passe ou de pare-feu, et de désigner un contact en cas de coupure. La reconfiguration à distance dépend de la version d’OCPP : la 1.6 ne prescrit pas comment configurer la connexion, alors que la 2.0.1 prévoit le message SetNetworkProfile et le retour à la dernière configuration fonctionnelle en cas d’échec.

Les cartes SIM, à régler dès le contrat

En cellulaire, selon le livre blanc de l’OCA sur la migration des bornes (novembre 2025), les cartes SIM sont rattachées au compte de l’ancien opérateur de supervision, qui doit en demander le transfert ; à défaut, il faut les remplacer, ce qui impose des déplacements sur site. Les eSIM à provisionnement à distance permettent de changer d’opérateur mobile sans remplacer la carte, mais la modification des réglages APN, les paramètres d’accès aux données mobiles, doit être testée.

Le guide pour préparer un changement de superviseur de bornes reprend ces étapes.

Ce que la supervision voit de la liaison : ping et Heartbeat

La supervision sait qu’une borne est joignable grâce à deux signaux réguliers dont OCPP permet de régler la fréquence ; ce réglage joue sur la détection des coupures et sur les données consommées.

Le premier est le « ping » WebSocket, du nom de la connexion permanente sur laquelle circulent les messages OCPP. Dans son livre blanc sur le suivi de disponibilité avec OCPP (septembre 2024), l’OCA suggère un intervalle de 50 à 600 secondes : trop long, il ne maintient pas la liaison mobile ; trop court, il augmente le coût des données. Le second est le message Heartbeat, dont l’intervalle, fixé par la supervision à la connexion puis modifiable, va généralement de 15 minutes à 24 heures ; l’OCA conseille 15 minutes ou 1 heure.

Par exemple, un Heartbeat toutes les 15 minutes représente jusqu’à 24 × 4 = 96 messages par jour et par borne, contre 24 avec un intervalle d’une heure. Demandez à l’exploitant les intervalles configurés.

La liaison ne dit pas tout : les statuts Unavailable et Faulted d’un connecteur peuvent signaler une indisponibilité, mais une erreur d’autorisation n’y apparaît pas. Le guide pour distinguer panne réseau et panne de recharge aide à trier les alertes.

Définir le mode dégradé avant la première coupure

Une borne OCPP hors ligne n’est pas une borne en panne : les recharges en cours continuent, mais autoriser de nouvelles sessions peut devenir impossible. Faites préciser par écrit le comportement du modèle retenu.

Selon l’OCA, la borne garde les messages des transactions et les transmet au retour de la connexion. Les autorisations refusées et les changements d’état survenus hors ligne ne remontent pas, sauf en OCPP 2.0.1 si la variable QueueAllMessages est activée.

Accepter les badges pendant la coupure

Deux mécanismes OCPP le permettent. Le cache d’autorisation présume valide un badge accepté la dernière fois, si bien qu’un badge révoqué peut encore passer. La liste d’autorisation locale, liste blanche tenue depuis la supervision, est optionnelle et absente de certaines bornes. Ces sessions hors ligne restent facturables.

Un troisième réglage, AllowOfflineTxForUnknownId en OCPP 1.6 ou AuthCtrlr.OfflineTxForUnknownIdEnabled en 2.0.1, fait accepter n’importe quel badge hors ligne, mais les sessions des badges inconnus ne pourront pas être facturées. Selon l’OCA, ce risque peut être acceptable sur des bornes AC, mais il est souvent jugé trop élevé sur les bornes DC rapides, beaucoup plus chères. Quel que soit le réglage retenu, faites tester la reprise après une coupure réseau plutôt que de vous fier à la fiche technique.

Sécuriser la liaison sans exposer les bornes

Une borne connectée est un équipement réseau : elle ne doit être joignable que par sa supervision et par les personnes habilitées. Associez l’équipe informatique aux règles d’accès dès la conception.

OCPP 2.0.1 a introduit trois profils de sécurité pour l’authentification entre borne et supervision et la mise à jour par micrologiciel signé, fonctions reportées sur OCPP 1.6 par une extension. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, le nouveau programme de certification OCPP 1.6 de l’OCA exige des bornes le profil de sécurité 2 : TLS 1.2 ou supérieur, TLS désignant le chiffrement des échanges, avec authentification de base. Vérifiez sur le certificat ce que la borne prend réellement en charge, avec les preuves à demander pour une borne annoncée OCPP.

Côté matériel, les exigences de cybersécurité du règlement délégué (UE) 2022/30 s’appliquent depuis le 1ᵉʳ août 2025 aux équipements radioélectriques, Wi-Fi et 4G compris, mis sur le marché de l’Union ; le règlement sur la cyberrésilience doit prendre le relais le 11 décembre 2027.

Restent des gestes simples : changer les mots de passe par défaut, comme le conseille Cybermalveillance.gouv.fr, et attribuer un identifiant à chaque personne, sans compte partagé, comme le recommande la CNIL.

Préparer le projet : la liste de contrôle avant le devis

Un projet bien préparé intègre le réseau dès l’étude. Réunissez ces éléments avant de consulter :

  • le plan du parking avec l’emplacement prévu de chaque borne et les niveaux concernés ;
  • les mesures Wi-Fi ou cellulaires relevées place par place, avec l’opérateur envisagé ;
  • l’accord écrit du service informatique si le réseau du bâtiment est utilisé, et un contact en cas de coupure ;
  • le modèle des bornes existantes, pour vérifier leur compatibilité 4G ;
  • le titulaire des cartes SIM, le payeur des données et les conditions de reprise en fin de contrat ;
  • le comportement attendu hors ligne : cache, liste locale, badges inconnus acceptés ou refusés ;
  • le profil de sécurité OCPP exigé et la gestion des accès à la supervision.

Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France : ces points se vérifient lors de la visite technique qui précède le devis détaillé, supervision OCPP comprise si le projet la prévoit. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Pour un parking d’entreprise, passez par la demande de devis professionnel ; la page supervision de bornes et étude du parc présente l’accompagnement proposé.

L’essentiel à retenir

  • Le choix entre Wi-Fi, filaire et cellulaire se fait après une mesure à l’emplacement de chaque borne, avec l’opérateur et le matériel prévus.
  • En métropole, l’arrêt de la 2G est annoncé entre fin septembre et fin décembre 2026 selon l’opérateur, celui de la 3G entre 2028 et fin 2029 : vérifiez les modems.
  • Faites écrire qui fournit et paie la connexion, à qui appartiennent les cartes SIM et qui intervient en cas de coupure.
  • Hors ligne, une borne OCPP poursuit les recharges en cours ; les nouvelles sessions dépendent du cache, de la liste locale et des réglages retenus.
  • Exigez un profil de sécurité OCPP vérifiable et des accès nominatifs, sans identifiants par défaut.

Questions fréquentes

Pour la connexion d’une borne dans un parking, vaut-il mieux le Wi-Fi ou le cellulaire ?

Aucune des deux options n’est préférable partout. Le Wi-Fi dépend du réseau du bâtiment et de l’accord du service informatique ; le cellulaire dépend de l’opérateur, du modem de la borne et du signal à son emplacement. Faites mesurer place par place avec le matériel prévu, et envisagez le filaire quand un câble peut rejoindre les bornes. La mesure et la répartition des responsabilités décident.

Une borne de recharge fonctionne-t-elle sans connexion internet ?

Oui, en partie. Selon l’Open Charge Alliance, une borne OCPP hors ligne poursuit les recharges en cours et garde leurs messages pour les transmettre au retour de la liaison. Autoriser de nouvelles sessions peut en revanche devenir impossible, sauf si la borne utilise un cache d’autorisation, une liste locale de badges ou un réglage qui accepte les badges inconnus, dont les sessions ne seront pas facturables.

Les bornes équipées d’un modem 2G ou 3G vont-elles perdre leur connexion ?

Oui, si leur modem ne prend pas en charge la 4G ou la 5G. Selon l’Arcep, l’arrêt de la 2G en métropole s’échelonne de fin septembre à fin décembre 2026 selon l’opérateur, et celui de la 3G entre 2028 et fin 2029. Les équipements non compatibles devront avoir été remplacés. Demandez au fabricant de chaque modèle quelles technologies son modem accepte.

Comment vérifier la couverture 4G dans un parking souterrain ?

Par une mesure sur place, à chaque emplacement de borne. Les cartes « Mon réseau mobile » de l’Arcep sont des simulations réalisées par les opérateurs et ne renseignent pas un sous-sol précis. Mesurez avec l’opérateur prévu et, si possible, un modem du modèle choisi, portes fermées et voitures garées. Notez les résultats sur un plan, puis suivez les déconnexions après la mise en service.

Que deviennent les cartes SIM des bornes quand on change d’opérateur de supervision ?

Elles restent rattachées au compte de l’ancien opérateur, qui doit en demander le transfert, selon l’Open Charge Alliance. Si le transfert échoue, il faut remplacer les cartes, ce qui impose des déplacements sur site. Les eSIM à provisionnement à distance permettent de changer d’opérateur mobile sans remplacer la carte, mais le changement des réglages APN doit être testé. Prévoyez ces conditions dès le contrat de supervision.

Une borne ouverte au public doit-elle obligatoirement être connectée ?

Oui. Depuis le 14 octobre 2024, le règlement européen AFIR exige que tous les points ouverts au public puissent être surveillés et contrôlés à distance. En France, le décret n° 2017-26 impose aussi une supervision qui suit l’état des points en temps réel, sauf pour une station unique d’au plus 36 kVA et 5 points, non intégrée à un réseau. Un parking de bureaux réservé aux salariés n’est pas ouvert au public au sens d’AFIR.

Relecture prévue par Anna Du Bois.
À valider avant de présenter cette relecture comme terminée.

Sources et lectures complémentaires

Documentation des organismes et fabricants pour approfondir le sujet. Pour une procédure propre à votre véhicule ou à votre borne, consultez la notice correspondant au modèle et à sa version.

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