Pour un devis d’installation de borne de recharge, envoyez des photos qui relient trois points : la place où la voiture stationne, l’emplacement prévu pour la borne et le tableau électrique, avec le parcours du câble entre eux. Ajoutez le compteur, un croquis coté et la puissance de votre contrat.
Vous saurez quelles vues prendre et comment les cadrer, quoi lire sur le compteur sans rien ouvrir, quelles informations ajouter, quelles données masquer, et ce que la visite technique vérifiera.
À quoi servent les photos dans une demande de devis de borne ?
Elles permettent à l’installateur de comprendre votre projet avant de se déplacer : où poser la borne, par où passer le câble, et si le tableau et le contrat semblent adaptés. Elles font aussi apparaître tôt les postes qui pèsent sur le prix.
L’article 23 du décret n° 2017-26 lui demande de vérifier que l’installation est conforme aux exigences de sécurité en vigueur et qu’elle dispose d’un circuit spécialisé pour chaque point de recharge, protégé par un différentiel de 30 mA au plus dédié à ce circuit. Un circuit spécialisé est une ligne qui part du tableau et n’alimente que la borne ; le différentiel, ou DDR, coupe le courant quand il détecte une fuite vers la terre.
Vos photos l’aident donc à anticiper la place disponible dans le tableau, la longueur de la ligne à créer et les murs à traverser. Au-delà de 3,7 kW dans une maison, la pose revient à un professionnel titulaire d’une qualification IRVE, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie.
Les photos indispensables pour un devis d’installation de borne de recharge
Le tableau suivant liste huit vues, dans l’ordre du trajet de la voiture jusqu’au compteur, avec la façon de les prendre et ce que l’installateur en tire.
| Photo | Comment la prendre | Ce qu’elle apprend à l’installateur |
|---|---|---|
| 1. Place de stationnement | Voiture garée comme chaque soir, vue depuis l’entrée | Position de la voiture, passages à laisser libres |
| 2. Trappe de charge | Trappe ouverte, avec le mur ou le sol prévu dans le même cadre | Côté de la prise du véhicule et distance jusqu’à la borne |
| 3. Emplacement de la borne | De face, puis de biais, un mètre ruban déplié contre le support | Nature du support : mur, poteau, sol pour un pied |
| 4. Tableau électrique | Porte fermée avec la pièce autour, puis rangées de disjoncteurs visibles sans outil | Accès, encombrement, place pour un nouveau circuit |
| 5. Compteur | Écran lisible, sans reflet, photographié de face | Type de compteur, monophasé ou triphasé |
| 6. Disjoncteur de branchement (ancien compteur) | Face avant, chiffre en ampères lisible | Puissance souscrite en monophasé |
| 7. Parcours du câble | Une photo par tronçon, numérotée dans l’ordre | Murs, plafonds, portes et revêtements à traverser |
| 8. Sol à creuser, le cas échéant | Vue large entre la maison et la dépendance | Nature du sol et des travaux : pelouse, allée, terrasse |
Pour une borne connectée, ajoutez une capture de votre téléphone montrant le signal Wi-Fi à l’endroit prévu. Schneider Electric, par exemple, demande pour sa borne Schneider Charge un Wi-Fi en 2,4 GHz ou, si le signal est faible, un câble Ethernet ou un répéteur.
Cadrer la place de stationnement et l’emplacement de la borne
Commencez large, puis rapprochez-vous : l’installateur doit situer chaque élément par rapport aux autres, ce qu’une série de gros plans sans repère ne permet pas.
Garez la voiture comme d’habitude, en marche avant ou arrière, puis photographiez depuis l’entrée. Ouvrez la trappe de charge et prenez une seconde vue qui montre à la fois la prise du véhicule et l’endroit prévu pour la borne. Si deux voitures se partagent la place, photographiez les deux positions.
Cette distance compte pour le câble de charge. La fiche technique de la borne Schneider Charge, prise ici comme exemple, propose un câble attaché de 5 ou 7 m : une trappe placée à l’opposé de la borne peut imposer le câble long ou un autre emplacement. Le guide pour choisir sa borne de recharge passe en revue ces options.
Pour le support, montrez le mur en entier et écrivez ce que la photo ne dit pas : parpaing, brique, bardage bois, isolation par l’extérieur. Sans mur proche, photographiez le sol où un pied pourrait être fixé et les passages autour. Le guide borne sur mur ou sur pied détaille ce choix.
Photographier le tableau électrique et le compteur sans rien démonter
On photographie, on n’ouvre pas : aucun outil, aucun capot retiré, aucun disjoncteur manipulé pour les besoins du dossier. Tout ce qui touche à l’installation revient au professionnel qualifié.
Le tableau électrique
Prenez d’abord le tableau porte fermée, avec la pièce autour : l’installateur voit l’accès et la place pour travailler. Si la porte de façade s’ouvre à la main, une seconde vue des rangées de disjoncteurs et de leurs étiquettes l’aide à repérer la place libre pour un nouveau circuit. Le plastron, cette plaque fixée qui cache les câbles, ne se retire jamais.
Le compteur Linky
Le Linky est le compteur communicant posé par Enedis. Sa notice d’utilisation rappelle qu’il reste sous tension même disjoncteur coupé, qu’il ne faut pas le démonter et que seule Enedis autorise le retrait des scellés. Photographiez l’écran en faisant défiler les affichages avec la touche +, sauf celui du numéro PRM : selon Enedis, on y lit la puissance appelée à l’instant, la puissance maximale atteinte dans la journée et la puissance de coupure.
La puissance maximale s’affiche en VA : divisez-la par 1 000 pour la comparer aux kVA de votre contrat, l’unité de la puissance souscrite. En triphasé, la puissance appelée apparaît phase par phase, ce qui permet de reconnaître ce type de branchement.
Un compteur plus ancien
Photographiez de face le disjoncteur de branchement et son calibre en ampères. En monophasé, Enedis donne la correspondance : 15 A pour 3 kVA, 30 A pour 6 kVA, 45 A pour 9 kVA et 60 A pour 12 kVA. Le guide monophasé ou triphasé avant un devis complète cette lecture.
Montrer le parcours du câble, tronçon par tronçon
Photographiez le trajet dans l’ordre, du tableau jusqu’à la borne, avec une image à chaque changement de direction ou obstacle. Le parcours détermine la longueur de câble et les percements.
À l’intérieur, montrez chaque mur à traverser, le plafond du garage, les portes et les surfaces à préserver : carrelage neuf, parquet, doublage. Placez-vous à l’endroit de la photo précédente pour que les images s’enchaînent. Promotelec rappelle que la section d’un câble se calcule selon la puissance et la chute de tension liée à la longueur : c’est pourquoi l’installateur demande la distance avant de chiffrer. Si le tableau est éloigné, le guide borne loin du tableau électrique liste les points à préparer.
Garage séparé ou borne au bout de l’allée
Selon Promotelec, un garage non attenant à la maison n’a pas besoin d’un nouveau compteur : il peut être alimenté par un câble enterré depuis le tableau principal. Une autre fiche de Promotelec indique qu’une canalisation enterrée doit l’être à au moins 50 cm sous les aires piétonnières et 85 cm sous les aires carrossables et les trottoirs. Photographiez donc le sol à traverser : pelouse, gravier, enrobé ou terrasse changent la nature des travaux.
Avant tout terrassement, des démarches préalables d’identification des réseaux présents dans la zone du chantier sont obligatoires, selon le guichet unique des réseaux et canalisations. Voir aussi le guide sur la borne dans un garage séparé.
Les informations écrites qui complètent les images
Un croquis coté et quelques lignes de contexte répondent aux questions que les photos laissent ouvertes. Dessinez la maison, le tableau, le compteur, la place et la borne, puis reportez la longueur de chaque tronçon.
Précisez ce qui est mesuré et ce qui est estimé, puis ajoutez ces informations :
- la puissance souscrite et l’option tarifaire, lues sur votre contrat ;
- le modèle exact de la voiture et la puissance de son chargeur embarqué ;
- les kilomètres parcourus un jour ordinaire et les heures où la voiture reste garée ;
- les gros appareils de la maison : pompe à chaleur, chauffe-eau, plaques de cuisson ;
- le diagnostic électricité, si vous en avez un ;
- les travaux déjà prévus : carport, ravalement, réfection de l’allée.
Le chargeur embarqué est l’appareil de la voiture qui convertit le courant alternatif de la borne en courant continu pour la batterie ; il plafonne la puissance de recharge. Volkswagen indique par exemple que ses modèles de la famille ID. se rechargent en courant alternatif au maximum à 11 kW sur une installation triphasée et à 7,4 kW en monophasé. Le diagnostic électricité, remis à la vente ou à la location quand l’installation a plus de 15 ans, ne valide pas une borne, mais il renseigne l’installateur sur les protections existantes.
Retirer les données personnelles avant l’envoi
Une photo de devis doit montrer l’installation, pas votre vie privée : relisez chaque image avant de l’envoyer. Recadrez ou floutez ce qui n’apporte rien au chiffrage : plaque d’immatriculation, visages, courrier posé sur un meuble, code du portail ou de l’alarme.
Le numéro PRM, aussi appelé PDL, est une suite de 14 chiffres qui identifie votre logement sur le réseau, selon Enedis ; il figure sur la facture et s’affiche sur le Linky. Si l’installateur en a besoin pour une démarche, transmettez-le par un canal privé plutôt que dans une image. Pour le contrat, une capture où seules la puissance et l’option restent lisibles suffit souvent.
Ce que les photos ne remplacent pas : la visite technique
Les photos préparent le devis ; plusieurs points ne se vérifient que sur place, lors de la visite technique.
La mise à la terre en est l’exemple type. Promotelec rappelle de vérifier sa présence avant de poser une borne : sans elle, il y a un risque d’électrisation, et certains véhicules ne peuvent pas se recharger correctement. Aucune photo ne dit si elle est efficace.
Le choix des protections se fait aussi sur place. La partie NF C 15-100-7-722 de la norme des installations électriques basse tension, qui encadre la recharge dans les habitations, demande un différentiel de 30 mA par point de recharge, de type A, F ou B selon le système de recharge ; l’installateur le choisit avec la notice de la borne.
Reste la puissance disponible. Selon Enedis, si la borne est branchée sur l’installation existante, on vérifie avec son fournisseur si la puissance souscrite doit augmenter, et programmer la recharge la nuit permet souvent de l’éviter. Le guide puissance souscrite et puissance de recharge explique la différence.
Préparer et envoyer votre dossier de devis
Rassemblez photos, croquis et informations dans un seul envoi, après avoir vérifié cette liste :
- les huit vues numérotées, nettes et prises de jour ;
- un croquis avec les longueurs, mesurées ou estimées, signalées comme telles ;
- la puissance souscrite, l’option tarifaire et le type de compteur ;
- le modèle de la voiture et vos horaires de stationnement ;
- les travaux prévus et les contraintes d’accès ;
- aucune donnée personnelle inutile sur les images.
Envoyez le même dossier à chaque installateur consulté : vous comparerez des offres qui portent sur le même projet. Demandez un devis détaillé qui sépare la borne, la ligne, les protections, les percements ou la tranchée, et la mise en service. La pose d’une borne dans un logement relève de la TVA à 5,5 %, selon l’article 278-0 bis N du code général des impôts, sous des conditions de configuration et de qualification. Le crédit d’impôt borne, lui, est supprimé pour les dépenses payées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
Chez Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, vous déposez ce dossier dans la demande de devis pour une borne à domicile. Ce dossier prépare la visite technique et le devis détaillé. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Pour une simple question, passez par la page contact.
L’essentiel à retenir
- Les photos d’un devis de borne relient la place de stationnement, l’emplacement de la borne, le tableau et le compteur, dans l’ordre du trajet du câble.
- On photographie sans rien ouvrir : ni plastron du tableau, ni capot, ni scellés du compteur, qui reste sous tension même disjoncteur coupé.
- Un croquis coté, le modèle de la voiture et la puissance souscrite complètent les images.
- Le numéro PRM, les plaques, les visages et les codes n’ont rien à faire sur les photos : masquez-les ou transmettez-les à part.
- Les photos préparent le chiffrage ; la terre, les protections et la puissance disponible se confirment lors de la visite technique.
Questions fréquentes
Combien de photos faut-il pour un devis d’installation de borne de recharge ?
Aucun nombre n’est imposé. Chaque élément du projet doit apparaître au moins une fois et pouvoir être situé : une vue large, puis un plan rapproché. Pour une maison, les huit vues décrites dans ce guide suffisent en général ; ajoutez une image par tronçon si le câble fait un long parcours. Des photos nettes, prises de jour et numérotées dans l’ordre du trajet valent mieux qu’une longue série floue.
Faut-il ouvrir le tableau électrique pour le prendre en photo ?
Non. Photographiez le tableau porte fermée, puis, si la porte de façade s’ouvre à la main, les rangées de disjoncteurs telles qu’elles apparaissent. Si le tableau est dans un placard encombré, dégagez seulement l’accès pour la photo. Ne retirez jamais le plastron et ne manipulez aucun disjoncteur. Pour le compteur, la notice Linky d’Enedis rappelle qu’il reste sous tension même disjoncteur coupé et qu’il ne faut pas le démonter.
Comment connaître la puissance de mon compteur pour la demande de devis ?
Votre contrat d’électricité indique la puissance souscrite en kVA. Sur un ancien compteur monophasé, le calibre du disjoncteur de branchement la donne aussi : selon Enedis, 30 A correspondent à 6 kVA, 45 A à 9 kVA et 60 A à 12 kVA. Sur un Linky, la puissance maximale du jour s’affiche en VA : divisez-la par 1 000 pour la comparer à votre contrat.
Faut-il donner son numéro PRM à l’installateur ?
Pas dans les photos. Le PRM, ou PDL, est une suite de 14 chiffres qui identifie votre logement sur le réseau, selon Enedis ; il figure sur la facture et s’affiche sur le Linky. Si l’installateur en a besoin pour une démarche liée à votre point de livraison, transmettez-le par un canal privé, dans un message ou un formulaire, et masquez-le sur les images du dossier.
Un installateur peut-il établir un devis définitif sur photos ?
Pas entièrement. Les photos permettent un premier chiffrage, mais l’installateur doit vérifier que l’installation est conforme aux exigences de sécurité et qu’elle offre un circuit spécialisé protégé par un différentiel de 30 mA, selon l’article 23 du décret n° 2017-26. La mise à la terre, l’état du tableau et le parcours réel du câble se confirment lors de la visite technique, avant le devis détaillé.
Faut-il augmenter sa puissance souscrite avant de demander un devis ?
Non, pas avant l’étude. La notice du Linky demande de vérifier la compatibilité de l’installation avant d’augmenter la puissance, et Enedis indique que programmer la recharge la nuit permet souvent de l’éviter. Si une hausse est retenue, elle passe par le fournisseur ; avec un Linky, elle peut se faire à distance sous 24 heures, pour 4,32 € TTC au catalogue d’Enedis en vigueur au 1ᵉʳ août 2026, hors frais éventuels du fournisseur.


