Pour une location de voiture électrique, les vérifications au départ portent sur cinq points : le niveau de batterie noté au contrat, les câbles remis, le moyen de payer la recharge, les conditions de restitution et le contact d’assistance. Faites-vous aussi montrer, avant de quitter l’agence, comment lancer puis arrêter une recharge.
Vous saurez ensuite identifier ce que la voiture accepte en recharge, lire l’autonomie affichée, contrôler le coffre, payer une borne publique dans l’Union européenne et éviter les frais de restitution.
Identifier le modèle exact et ce qu’il accepte en recharge
Lisez le modèle et la version inscrits au contrat : selon l’offre, la réservation peut ne porter que sur une catégorie de voitures. Deux chiffres de sa fiche technique décident de vos arrêts : les puissances maximales acceptées en courant alternatif et en courant continu. Notez-les : vous les comparerez à la puissance annoncée par chaque borne.
En courant alternatif (AC), le courant est converti par le chargeur embarqué de la voiture. Selon l’Avere-France, association de la mobilité électrique, la vitesse dépend alors de ce chargeur et de l’intensité maximale acceptée par le câble : une borne de 22 kW ne rechargera pas à 22 kW une voiture limitée à 11 kW en AC. En courant continu (DC), sur les bornes rapides, la borne convertit elle-même le courant.
Côté prise, le règlement européen AFIR, qui encadre les bornes publiques, impose au minimum le connecteur Type 2 en courant alternatif et le connecteur Combo 2 (CCS) en courant continu sur les points publics installés ou rénovés depuis le 8 janvier 2026, sauf pour les petits points de 3,7 kW au plus dédiés au mode 2, qui peuvent n’offrir qu’une prise domestique ; les points plus anciens restent conformes aux normes antérieures jusqu’à leur rénovation. Notre guide recharge AC ou DC : quelle différence détaille ces notions.
Location de voiture électrique : les vérifications au départ, point par point
Faites l’état de départ avec l’agent, voiture garée, trappe accessible, en suivant ce tableau.
| Élément | À vérifier | Pourquoi |
|---|---|---|
| Niveau de batterie | Pourcentage affiché au tableau de bord, reporté sur le contrat | Il sert de référence au retour |
| Autonomie affichée | Kilomètres estimés, à ne pas confondre avec une distance assurée | L’estimation peut ignorer vos conditions de trajet |
| Câbles | Nombre, type, état de la gaine et des fiches | Une borne en courant alternatif peut n’avoir aucun câble attaché |
| Trappe et prise | Ouverture, capuchon, connecteur de recharge rapide | Le découvrir devant la borne fait perdre du temps |
| Paiement | Badge ou application du loueur, tarif, refacturation | Le prix peut différer du prix affiché à la borne |
| Restitution | Niveau demandé, option de recharge, frais | Les seuils varient selon l’offre |
| Assistance | Numéro, horaires, conduite à tenir si la batterie se vide | Vous en aurez besoin loin de l’agence |
Photographiez aussi le tableau de bord allumé, pourcentage visible, et le coffre : ces images datées serviront au retour.
Niveau de batterie et autonomie affichée : ce que les chiffres veulent dire
Reportez au contrat le pourcentage, car les kilomètres restants ne sont qu’une estimation. Le manuel de Tesla, par exemple, précise que l’autonomie affichée repose sur une consommation standardisée, peut ignorer les conditions extérieures et baisser plus vite que la distance parcourue.
L’autonomie homologuée WLTP ne prédit pas non plus l’autoroute : le cycle d’essai dure 30 minutes, à environ 46,5 km/h de moyenne, dans une salle d’essai à 23 °C. Au test d’hiver 2026 de l’ADAC, club automobile allemand, aucune des 14 voitures familiales annoncées à au moins 500 km WLTP ne pouvait parcourir sans arrêt les 582 km d’autoroute entre Munich et Berlin, à 0 °C.
Un calcul à faire avant la première étape
Dans ce même test, la consommation sur autoroute, pertes de recharge rapide comprises, allait de 22,2 à 35,3 kWh aux 100 km selon les modèles. Prenons une voiture qui dispose de 50 kWh utilisables au départ, valeur d’exemple : 50 ÷ 35,3 × 100 donne environ 142 km, et 50 ÷ 22,2 × 100 environ 225 km. L’écart vient du seul modèle.
Selon l’ADAC, passer de 100 à 120 km/h augmente aussi la consommation de 26 % en moyenne. Aucune règle officielle ne fixe la réserve à garder à l’arrivée : l’icône de batterie de Tesla devient jaune à 20 % ou moins, et le simulateur de trajet de Renault retient 15 % en route et 10 % à l’arrivée. Notre guide kilomètres restants ou pourcentage aide à croiser ces informations.
Câbles et accessoires : ce qui doit se trouver dans le coffre
Sans câble adapté, certaines bornes publiques vous resteront inaccessibles. Depuis le 14 avril 2025, AFIR impose un câble fixe sur tous les points de recharge publics en courant continu. Il ne prévoit rien d’équivalent en courant alternatif, où un point peut n’offrir qu’un socle de prise Type 2 : le câble est alors à fournir par l’utilisateur.
Vérifiez donc la présence d’un câble Type 2, ses deux fiches et l’état de la gaine, puis essayez-le dans la prise de la voiture. Un câble abîmé ne s’utilise pas : demandez-en un autre. Notre guide du câble de recharge Type 2 aide à reconnaître un modèle adapté.
Un câble pour prise domestique, avec boîtier de contrôle intégré, correspond à la recharge en mode 2, que l’Avere-France décrit comme réservée à un usage domestique. Elle perd davantage d’énergie : sur cinq voitures, l’ADAC a mesuré en 2026 des pertes de 12,7 à 24,2 % sur prise domestique, contre 5,1 à 7,0 % sur une borne de 11 kW.
Si vous devez vous en servir, n’utilisez ni rallonge ni multiprise, et renoncez si la prise chauffe ou paraît vétuste : un doute sur un circuit relève d’un électricien.
Démarrer et arrêter une recharge : la démonstration à demander
Quelques minutes au comptoir évitent de chercher les commandes devant une borne, loin de l’agence. Demandez à voir, sur la voiture, ces gestes :
- ouvrir la trappe de recharge et repérer la prise rapide ;
- lancer une recharge avec le badge ou l’application fournis ;
- l’arrêter depuis la voiture ou l’application, puis libérer le câble ;
- régler la limite de charge dans les menus ;
- programmer un chargeur rapide dans la navigation intégrée.
Ce dernier point compte en hiver : selon l’ADAC, une batterie froide limite nettement la puissance de recharge rapide, et Tesla conseille de programmer la navigation vers le chargeur pour que la batterie soit préchauffée à l’arrivée. L’ADAC réserve ce chauffage, gourmand en énergie, aux longs trajets par temps froid.
Les commandes de conduite qui surprennent
Faites-vous montrer le mode Éco, qui réduit la puissance et l’accélération, parfois la vitesse maximale et, sur beaucoup de voitures, le chauffage. Demandez aussi où se règle la récupération d’énergie au relâchement de l’accélérateur.
Tesla précise que cette décélération peut être limitée lorsque la batterie est froide ou déjà pleine, et, pour son mode d’arrêt « Serrage », qu’il faut toujours être prêt à freiner avec la pédale. Notre guide sur la conduite à une pédale détaille cette prise en main.
Payer la recharge : badge du loueur, application ou carte bancaire
Dans l’Union européenne, un abonnement n’est pas nécessaire : AFIR impose que tout point ouvert au public permette une recharge « à l’acte ». Sur les points déployés depuis le 13 avril 2024, elle doit être payable par carte, avec un lecteur ou un dispositif sans contact, ou, sous 50 kW seulement, par un paiement en ligne sécurisé comme un code QR.
Les points plus anciens d’au moins 50 kW ne devront avoir un lecteur de carte ou un dispositif sans contact qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, et seulement sur le réseau routier transeuropéen (RTE-T) ou une aire de stationnement sûre et sécurisée. Gardez donc le badge du loueur sur vous.
Si le loueur fournit un badge, demandez le tarif des sessions, leur mode de paiement (débit direct ou refacturation) et les frais de gestion éventuels. AFIR oblige le fournisseur d’un badge ou d’une application à communiquer tous les éléments de prix avant la session et lui interdit toute redevance supplémentaire pour l’itinérance transfrontière. Son prix peut différer de celui de la borne.
À la borne, sur les points d’au moins 50 kW déployés depuis le 13 avril 2024, le prix se fonde sur le kWh livré, plus d’éventuels frais d’occupation à la minute, affichés avant la session. Hors de l’Union, voyez notre guide pour traverser une frontière en électrique.
Restitution : lire les conditions de recharge avant de signer
Le niveau de charge demandé au retour, et les frais en cas d’écart, dépendent de l’offre signée : aucune règle générale ne les fixe. Faites-les écrire sur le contrat avant de partir.
Exemple lu en septembre 2026 : sur sa page consacrée à l’option d’achat de recharge, Hertz indique qu’elle permet de rendre la voiture sans la recharger soi-même, avec un niveau compris entre 10 % et 70 %. En dessous de 10 %, des frais de service supplémentaires s’ajoutent ; au-dessus de 70 %, les frais de l’option sont annulés et les frais standard de recharge s’appliquent ; au-dessus de 80 %, l’option est annulée.
Si vous devez rendre la voiture chargée, placez la dernière recharge près de l’agence et comptez-en la durée avant un train ou un avion. Selon Renault, recharger en rapide de 80 à 100 % prend autant de temps que de 15 à 80 % : viser un niveau élevé coûte des minutes.
Repérez aussi une borne de secours : selon le baromètre de l’Avere-France, 8 % des points publics étaient indisponibles plus de 7 jours consécutifs en août 2026. Notre guide pour choisir sa dernière recharge aide à placer cet arrêt.
Assistance et imprévus : les numéros et les règles à connaître
Enregistrez le numéro d’assistance du loueur et demandez la conduite à tenir si la batterie se vide. Pour un remorquage, la notice du constructeur fait foi : laissez l’assistance l’organiser.
Sur autoroute et route express, le dépannage d’un véhicule de moins de 3,5 t est facturé à un prix forfaitaire réglementé : 151,00 € TTC depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, et 186,72 € TTC pour le remorquage d’un véhicule dont le PTAC (poids total autorisé en charge) dépasse 1,8 tonne. Ce prix est majoré de 50 % entre 18 h et 8 h, le week-end et les jours fériés. Vérifiez si l’assistance incluse couvre la panne d’énergie.
Si une borne ne démarre pas, appelez son exploitant : depuis le 14 avril 2025, AFIR l’oblige à publier gratuitement un téléphone d’assistance, repris en France sur transport.data.gouv.fr.
Une fois la recharge terminée, déplacez la voiture. Selon Service-public.fr, stationner devant une borne est un stationnement gênant, puni d’une amende forfaitaire de 35 € (75 € si elle est majorée). Le contrat de location précise comment le loueur répercute une amende.
Avant de quitter l’agence : la liste de contrôle
Voici les points à cocher au comptoir :
- modèle et version notés, puissances maximales AC et DC relevées ;
- pourcentage de batterie reporté au contrat et photographié ;
- câble Type 2 présent, en bon état, essayé dans la prise de la voiture ;
- badge ou application activés, tarif et mode de refacturation connus ;
- niveau exigé au retour, option de recharge et frais écrits ;
- numéro d’assistance enregistré ;
- première recharge repérée sur l’itinéraire, avec une station de secours.
Pour le trajet, notre guide recharge sur autoroute et longs trajets aide à placer les premiers arrêts.
Si la location sert d’essai avant un achat
Notez la puissance AC acceptée par la voiture et vos trajets réels : ils guideront le choix d’une borne à domicile. Au-delà de 3,7 kW dans un logement, l’article D353‑2 du code de l’énergie impose un installateur titulaire d’une qualification IRVE. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, établit un devis détaillé après visite technique : demander un devis de borne à domicile. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet.
L’essentiel à retenir
Cinq points résument les vérifications avant de partir :
- Relevez le modèle exact et ses puissances de recharge AC et DC : la catégorie réservée ne suffit pas.
- Reportez au contrat le pourcentage de batterie, pas les kilomètres affichés, qui ne sont qu’une estimation.
- Vérifiez la présence d’un câble Type 2 en bon état : les bornes rapides publiques ont un câble fixe, pas forcément les bornes en courant alternatif.
- Dans l’Union européenne, toute borne publique doit permettre de recharger sans abonnement ; le paiement par carte bancaire (ou, sous 50 kW, en ligne) est prévu sur les points déployés depuis le 13 avril 2024.
- Faites écrire le niveau de charge exigé au retour et les frais : ils dépendent de l’offre, pas d’une règle générale.
Questions fréquentes
Quelles vérifications faire au départ d’une location de voiture électrique ?
Contrôlez avec l’agent le pourcentage de batterie, à reporter au contrat, le câble Type 2 et son état, le badge ou l’application fournis avec leur tarif, le niveau de charge exigé au retour et les frais, puis le numéro d’assistance. Photographiez le tableau de bord allumé et le coffre. Faites-vous enfin montrer comment ouvrir la trappe, lancer une recharge, l’arrêter et libérer le câble.
Le câble de recharge est-il fourni avec une voiture électrique de location ?
Cela dépend du loueur : vérifiez-le dans le coffre avant de partir. Selon le règlement européen AFIR, les bornes rapides publiques en courant continu ont toutes un câble fixe depuis le 14 avril 2025. En courant alternatif, en revanche, un point de recharge peut n’offrir qu’un socle de prise Type 2 : sans votre propre câble Type 2, vous ne pourrez pas l’utiliser.
Peut-on payer une borne de recharge publique avec sa carte bancaire ?
Oui, sur les points ouverts au public déployés depuis le 13 avril 2024 dans l’Union européenne : AFIR y impose un lecteur de carte, un dispositif sans contact ou, sous 50 kW, un paiement en ligne sécurisé, par exemple par code QR. À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les points plus anciens d’au moins 50 kW du réseau transeuropéen devront aussi en être équipés. Toutes les bornes publiques permettent déjà de recharger sans abonnement.
Quel niveau de batterie faut-il rendre avec une voiture électrique de location ?
Celui que fixe votre contrat : aucune règle générale ne l’impose. Chez Hertz, par exemple, l’option d’achat de recharge permet, selon sa page lue en septembre 2026, de rendre la voiture entre 10 % et 70 % sans la recharger soi-même, avec des frais de service supplémentaires en dessous de 10 %. Faites écrire le niveau exigé et les frais avant de quitter l’agence.
L’autonomie affichée au départ de l’agence est-elle fiable ?
Non, elle reste une estimation, pas une distance assurée. Chez Tesla, par exemple, elle repose sur une consommation standardisée, peut ignorer vos conditions de trajet et baisser plus vite que la distance parcourue ; l’application Énergie donne une autonomie prévue d’après la consommation des 15, 150 ou 300 derniers kilomètres. Sur autoroute en hiver, l’écart peut être important. Fiez-vous au pourcentage et à votre consommation réelle.
Combien coûte un dépannage sur autoroute si la batterie de la voiture louée est vide ?
Sur autoroute et route express, le dépannage d’un véhicule de moins de 3,5 t suit un forfait réglementé : 151,00 € TTC depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, ou 186,72 € TTC pour remorquer un véhicule de plus de 1,8 tonne de PTAC, majoré de 50 % entre 18 h et 8 h, le week-end et les jours fériés. Votre contrat et son assistance disent qui le paie : appelez d’abord l’assistance du loueur.


