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Guide pratique · 12 min de lecture

Recharger au solaire : comparer présence de la voiture et production

Recharge solaire : croisez heure par heure la production, la consommation et la présence de la voiture pour estimer le surplus utile, sans promesse chiffrée.

Recharge d’une voiture au domicile équipé de panneaux photovoltaïques.
  • Entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE
  • Assurance décennale AXA
  • Partout en France
  • Objectif : devis sous 48 h après dossier complet
  • Supervision OCPP
  • Aides ADVENIR
Sommaire de l’article

La recharge solaire d’une voiture dépend d’abord de sa présence en journée : sans batterie domestique, seule l’électricité produite pendant que la voiture est branchée peut aller dans sa batterie. Comparez donc, heure par heure, la production des panneaux, la consommation de la maison et les heures de stationnement, plutôt que des totaux annuels.

Vous saurez relever ces trois séries, lire un surplus sans le surestimer, choisir un mode de charge adapté à vos horaires et estimer ce que vaut un kWh solaire mis dans la voiture.

Recharge solaire : la présence de la voiture en journée compte plus que la puissance des panneaux

Une installation puissante ne sert pas une voiture absente pendant les heures de production. Le code de l’énergie, à l'article L315‑1, définit l’autoconsommation comme le fait de consommer soi-même, sur le même site, tout ou partie de l’électricité que l’on produit, « soit instantanément, soit après une période de stockage ».

Sans batterie domestique, il ne reste que l’instantané. Selon l’ADEME, chez un particulier raccordé au réseau, le surplus que la maison ne consomme pas part directement et automatiquement dans le réseau ; il n’est vendu que si un contrat d’obligation d’achat a été conclu au préalable. Une recharge lancée à 20 h est donc alimentée par le réseau, même après un midi très productif.

L’ADEME juge l’autoconsommation très intéressante quand les usages les plus consommateurs, comme la charge d’un véhicule électrique, sont déplacés pendant les heures d’ensoleillement. Pour une voiture, cela veut dire être garée et branchée au moment où le toit produit. Le principe général est décrit dans notre guide recharger sa voiture en autoconsommation solaire.

Quelles données relever pour croiser production, consommation et présence ?

Il faut trois séries sur la même période et au même pas de temps, idéalement l’heure. Un total annuel de production et un kilométrage annuel ne disent pas si les deux se rencontrent.

La production

L’application de l’onduleur, l’appareil qui convertit le courant continu des panneaux en courant alternatif, peut afficher la production heure par heure : vérifiez-le sur votre modèle. Si les panneaux sont en projet, PVGIS, outil gratuit du Centre commun de recherche de la Commission européenne, estime la production d’une installation pour un lieu donné et sa variation au fil de l’année.

La consommation de la maison

Avec un compteur Linky, vous pouvez obtenir auprès d’Enedis l’historique de votre courbe de charge, c’est-à-dire la puissance consommée relevée à intervalles réguliers. Selon la CNIL, seules les consommations journalières sont collectées par défaut : les données horaires ou à la demi-heure demandent votre accord. Faites la démarche quelques semaines avant l’étude.

La présence de la voiture

Notez pendant une semaine les heures d’arrivée et de départ, et si la voiture était branchée. Ajoutez le niveau de batterie à l’arrivée : une voiture déjà à son niveau cible à midi n’absorbera plus le surplus de l’après-midi.

Construire une grille horaire sur une semaine représentative

Une semaine suffit pour une première lecture, si elle ressemble à vos semaines habituelles. Recommencez quand vos usages changent (vacances, télétravail) et pour une saison moins ensoleillée : PVGIS montre l’écart de production entre les mois. La méthode tient en cinq étapes.

  1. Découpez chaque journée en tranches d’une heure, de l’aube au coucher du soleil.
  2. Reportez pour chaque tranche la production et la consommation de la maison hors voiture.
  3. Calculez le surplus de chaque tranche : production moins consommation.
  4. Cochez les tranches où la voiture était présente et branchée.
  5. Additionnez le surplus des seules tranches cochées.

Le total obtenu est un plafond théorique, pas une prévision. Prenons un exemple : un mercredi de télétravail où, entre 11 h et 15 h, le surplus relevé est de 2,5 kW en moyenne. Le plafond vaut 4 h × 2,5 kW = 10 kWh ; pour une voiture qui consomme 17 kWh aux 100 km, cela représente au plus 10 ÷ 17 × 100, soit environ 59 km.

Si la voiture parcourt 40 km par jour ouvré, elle consomme 40 × 17 ÷ 100 = 6,8 kWh par jour, soit 34 kWh sur cinq jours. Le mercredi solaire couvre alors moins d’un tiers du besoin ; le reste dépend du week-end et du réseau.

Lire le surplus avec prudence : puissance, seuils et interruptions

Un surplus se lit en puissance instantanée (kW), pas en énergie (kWh), et il change d’une minute à l’autre. Dans un exemple simplifié, les panneaux produisent 4 kW et la maison consomme 1,5 kW hors voiture : le surplus est de 2,5 kW, tant que rien ne bouge. Qu’un four démarre, et il fond aussitôt. Ce surplus n’a rien à voir avec la puissance crête (kWc) des panneaux, mesurée en conditions de test standard selon l’arrêté tarifaire dit « S21 ».

Les seuils de démarrage des bornes

Une voiture ne charge pas avec quelques centaines de watts. Selon l’aide en ligne de Wallbox, le mode « Full green », 100 % solaire, démarre à partir de 6 A de surplus, soit environ 1 380 W en monophasé et 4 140 W en triphasé ; en mode « Eco », la charge démarre dès 2 A (environ 460 W) en monophasé et le réseau complète. Le manuel de la borne zappi de myenergi indique que la norme de recharge ne permet pas de charger sous 1,4 kW.

Avec les 2,5 kW de l’exemple, une Wallbox peut donc charger 100 % solaire en monophasé, pas en triphasé sans bascule automatique. Selon Wallbox, cette bascule n’existe que sur certains de ses modèles, et la session se met en pause après 30 secondes de surplus insuffisant, puis reprend. Le guide recharger quand les nuages passent détaille ces variations.

Quatre profils de présence, quatre réglages à discuter

Le tableau résume les situations courantes et les réglages à discuter avec l’installateur.

Profil de présenceCe que le solaire peut apporterRéglage à discuter
Voiture présente la journée (télétravail, retraite, horaires décalés)Des recharges directes fréquentes les jours de productionMode 100 % solaire ou mixte, seuil de démarrage, niveau de batterie cible
Voiture absente en semaine, présente le week-endDes recharges solaires limitées aux jours de présenceCharge solaire le week-end, complément sur le réseau en semaine
Départ à heure fixe avec une autonomie minimaleUne partie de l’énergie, le réseau assurant le resteConsigne de niveau avant le départ, priorité entre soleil et charge nécessaire
Deux voitures sur le même surplusUn surplus partagé ou attribué à l’une des deuxOrdre de priorité, capacité des bornes à se coordonner

Pour un départ à heure fixe, décidez ce qui prime : attendre le soleil au risque de partir moins chargé, ou atteindre un niveau minimal quoi qu’il arrive grâce au réseau. Faites démontrer ce comportement à la mise en service, un jour nuageux de préférence. Pour deux voitures, le guide deux voitures et panneaux solaires détaille les règles de priorité.

Voiture absente en journée : ce qui reste possible

Si la voiture part tôt et rentre tard, la recharge solaire directe se limite aux jours de présence et le reste vient du réseau. Le guide autoconsommation solaire et recharge nocturne explique pourquoi une charge de nuit ne consomme pas l’énergie du midi.

Les heures creuses de l’après-midi

Les heures creuses ne sont pas toujours la nuit. Selon un document de la CRE de février 2025, les foyers en option heures creuses gardent 8 heures creuses par jour, dont au moins 5 consécutives la nuit et au plus 3 l’après-midi, entre 11 h et 17 h, notamment en été. Enedis fixe ces plages : vous ne les choisissez pas. Au 1ᵉʳ août 2026, le Tarif Bleu d’EDF facture le kWh 0,1589 € TTC en heure creuse contre 0,2142 € en heure pleine : un complément réseau pris dans ces plages coûte moins cher.

Batterie domestique ou stockage virtuel

Une batterie domestique permet l’autoconsommation « après stockage », avec un équipement et un budget en plus. Le « stockage virtuel » de certains fournisseurs est, selon l’ADEME, un mécanisme comptable : l’électricité injectée n’est jamais restituée physiquement.

Ce que vaut un kWh solaire mis dans la voiture plutôt qu’injecté

Chaque kWh de surplus envoyé dans la voiture évite d’acheter un kWh au prix du réseau, alors qu’injecté il rapporte très peu. Dans l’arrêté S21 en vigueur depuis le 5 juin 2026, le tarif d’achat du surplus est de 1,1 c€/kWh hors TVA pour une installation sur bâtiment de 100 kWc au plus en métropole continentale, avec un contrat de vingt ans. Un contrat plus ancien garde son tarif pendant toute sa durée. La prime à l’investissement a été supprimée en juin 2026, selon l’ADEME.

Reprenons les 10 kWh du mercredi. Achetés au Tarif Bleu d’EDF en option Base (0,2001 € TTC/kWh au 1ᵉʳ août 2026, en 6 kVA), ils coûteraient 10 × 0,2001 = 2,00 €. Vendus au tarif S21, ils rapporteraient 10 × 0,011 = 0,11 € hors TVA. Répété 40 fois dans l’année, l’écart atteindrait 40 × 1,89 = 75,60 €, à comparer au coût du pilotage solaire.

Une partie de l’énergie se perd avant d’arriver dans la batterie : l’ADAC a mesuré de 5,1 à 7,0 % de pertes sur une borne de 11 kW (étude publiée le 6 août 2026, cinq voitures). Ces pertes existent aussi sur le réseau et réduisent surtout les kilomètres de l’exemple ; l’étude ne mesure pas une borne réglée à la faible puissance d’une recharge au surplus.

Mesurer un résultat, pas seulement afficher « solaire »

Avant d’annoncer un pourcentage, sachez ce que l’application mesure : production totale, énergie envoyée à la borne, import du réseau pendant la charge ou part solaire estimée.

Enedis distingue l’autoconsommation, consommer sur place l’électricité produite, et l’autoproduction, la part de la consommation du logement couverte par cette production, dont le taux « oscille entre 20 % et 50 % » selon sa FAQ. La CRE relevait qu’à fin 2023, 69 % des installations de 0 à 9 kWc en vente du surplus avaient un taux d’autoconsommation compris entre 30 et 65 %, et 98 % un taux inférieur à 80 %. Ces chiffres ne portent pas sur la recharge, mais un taux supérieur à 80 % y était l’exception.

La mesure doit venir d’un capteur bien placé : Wallbox exige un compteur d’énergie de sa marque, la zappi un capteur de courant clipsé sur le câble d’arrivée du réseau. Voyez ce que la borne doit pouvoir mesurer et comment suivre la part solaire d’une recharge.

Préparer l’étude de votre recharge solaire avec l’installateur

Arrivez avec des relevés plutôt qu’avec une puissance de panneaux : c’est ce qui permet un scénario lié à votre quotidien. Réunissez avant la visite technique :

  • la courbe de charge Linky sur quelques semaines, ou à défaut vos relevés de consommation ;
  • l’historique de production de l’onduleur, ou une estimation PVGIS si les panneaux sont en projet ;
  • votre grille de présence de la voiture, avec les heures de départ et le niveau de batterie souhaité ;
  • votre puissance souscrite et le type d’alimentation, monophasée ou triphasée ;
  • le modèle de la voiture et la puissance de son chargeur embarqué.

Posez aussi les questions de compatibilité. Chez Wallbox, la recharge solaire ne fonctionne pas en même temps que la gestion dynamique multi-bornes ni le V2H, et un pilotage OCPP (le protocole de supervision des bornes) peut limiter l’usage du surplus.

Dans une habitation privée, une borne de plus de 3,7 kW doit être posée par un installateur qualifié (code de l’énergie, article D353‑2). Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, étudie la borne et son pilotage : joignez vos relevés à votre demande de devis de borne. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Si les panneaux restent à poser, leur installateur doit être qualifié ou certifié en photovoltaïque pour ouvrir droit à l’obligation d’achat ; voyez notre page panneaux solaires et borne.

L’essentiel à retenir

  • Sans batterie domestique, la voiture ne consomme l’énergie solaire qu’au moment où elle est produite : sa présence en journée décide du résultat.
  • Relevez heure par heure, sur la même période, la production, la consommation hors voiture et la présence de la voiture : la somme obtenue est un plafond.
  • Une charge 100 % solaire demande un seuil, environ 1 380 W en monophasé et 4 140 W en triphasé chez Wallbox ; en dessous, pause ou complément réseau.
  • Un kWh solaire mis dans la voiture évite 0,2001 € TTC d’achat en option Base d’EDF au 1ᵉʳ août 2026, contre 1,1 c€ hors TVA s’il est vendu au tarif S21.
  • Aucun taux d’autoconsommation ne peut être promis : demandez ce que l’application mesure.

Questions fréquentes

La recharge solaire d’une voiture exige-t-elle sa présence en journée ?

Oui, pour une recharge directe. Sans batterie domestique, l’électricité solaire est consommée à l’instant où elle est produite ; le surplus non consommé part dans le réseau, sauf installation réglée sans injection. Une voiture branchée le soir se recharge donc sur le réseau, même après une journée ensoleillée. Pour profiter physiquement de cette production, il faut une voiture branchée en journée, les jours de télétravail ou le week-end, ou une batterie domestique.

Quelle puissance de surplus faut-il pour une recharge 100 % solaire ?

Il faut en général au moins 6 A de surplus. Chez Wallbox, le mode « Full green » démarre à partir d’environ 1 380 W en monophasé et 4 140 W en triphasé. Le manuel de la borne zappi précise que la norme de recharge ne permet pas de charger sous 1,4 kW. En dessous de ces seuils, la borne se met en pause ou complète avec le réseau, selon le mode choisi.

Combien vaut un kWh solaire mis dans la voiture plutôt que vendu ?

Il évite l’achat d’un kWh au réseau, soit 0,2001 € TTC en option Base du Tarif Bleu d’EDF au 1ᵉʳ août 2026 (6 kVA). Vendu, le même kWh rapporte 1,1 c€ hors TVA au tarif S21 en vigueur depuis le 5 juin 2026, pour les installations qui en relèvent. Pour 10 kWh, l’écart est d’environ 1,89 €. Un contrat d’achat plus ancien garde son propre tarif pendant toute sa durée : reprenez le chiffre inscrit au contrat.

Comment obtenir sa consommation électrique heure par heure ?

Demandez à Enedis l’historique de votre courbe de charge si vous avez un compteur Linky. Selon la CNIL, seules les consommations journalières sont collectées par défaut ; la collecte des données horaires ou à la demi-heure suppose votre accord, d’où l’intérêt de la demander tôt. Pour un suivi en direct, la sortie de télé-information du Linky transmet ses données toutes les 2 secondes à un afficheur ou à un gestionnaire d’énergie compatible.

Une batterie domestique permet-elle de recharger la voiture le soir avec l’énergie solaire ?

Oui, en partie : l’article L315‑1 du code de l’énergie prévoit l’autoconsommation après une période de stockage. La réserve reste modeste face à la batterie d’une voiture : Tesla annonce 13,5 kWh pour le Powerwall 3, Renault 52 kWh pour une version de la Renault 5 E-Tech, et la maison peut aussi y puiser le soir. Vendus et facturés ensemble, panneaux et batterie relèvent entièrement de la TVA à 20 %.

Quel taux d’autoconsommation espérer en rechargeant sa voiture au solaire ?

Aucun chiffre ne peut être promis : il dépend de vos horaires et de votre installation. Selon la CRE, à fin 2023, 69 % des installations de 0 à 9 kWc en vente du surplus avaient un taux d’autoconsommation compris entre 30 et 65 %, et 98 % un taux inférieur à 80 %. L’ADEME juge l’autoconsommation très intéressante quand la charge du véhicule est déplacée pendant les heures d’ensoleillement.

Relecture prévue par Anna Du Bois.
À valider avant de présenter cette relecture comme terminée.

Sources et lectures complémentaires

Documentation des organismes et fabricants pour approfondir le sujet. Pour une procédure propre à votre véhicule ou à votre borne, consultez la notice correspondant au modèle et à sa version.

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