Pour fixer les priorités de recharge solaire entre deux voitures, servez d’abord celle qui repart le plus tôt avec le plus d’énergie manquante, puis laissez l’autre prendre le surplus restant. En recharge entièrement solaire, les brancher ensemble ne sert que si le surplus atteint environ 1,4 kW par voiture en monophasé.
Vous saurez décrire les besoins de chaque voiture, choisir une règle de priorité adaptée à vos horaires, vérifier ce que votre borne sait réellement arbitrer et prévoir le complément réseau des jours gris, sans dépasser votre puissance souscrite.
Pourquoi deux voitures ne se partagent pas le surplus solaire à parts égales
Parce qu’une voiture ne se recharge pas en dessous d’un courant minimal : couper un petit surplus en deux peut n’alimenter aucune des deux.
Le surplus est la part de la production des panneaux que la maison ne consomme pas à l’instant. L’ADEME juge l’autoconsommation « très intéressante » quand les gros usages, comme la recharge d’un véhicule électrique, sont déplacés vers les heures d’ensoleillement.
La documentation Wallbox indique que son mode « Full green », une recharge uniquement solaire, ne démarre qu’à partir de 6 A de surplus, soit environ 1 380 W en monophasé, le plus faible courant auquel un véhicule peut charger selon elle. Le manuel de la borne zappi de myenergi va dans le même sens : pas de recharge sous 1,4 kW.
Prenons un surplus stable de 2 kW pendant quatre heures, une hypothèse à remplacer par vos relevés. Une seule voiture peut en recevoir jusqu’à 8 kWh (2 × 4). Partagé à parts égales, ce surplus donne 1 kW à chacune, sous le seuil de 1 380 W : en mode tout solaire, aucune ne démarre.
Monophasé ou triphasé : le seuil qui décide du démarrage
Chez Wallbox, le seuil est trois fois plus haut en triphasé : 3 × 6 A, soit environ 4 140 W de surplus, pour une recharge entièrement solaire.
Avec ces seuils, un surplus de 3 kW fait démarrer une voiture sur une borne monophasée, alors qu’une borne triphasée attend. Pour deux voitures en monophasé, un démarrage simultané en tout solaire suppose au moins 2 × 1 380 = 2 760 W de surplus ; en triphasé, 2 × 4 140 = 8 280 W.
Certaines bornes basculent seules entre triphasé et monophasé pour démarrer avec moins de surplus, mais la fonction est limitée à certains modèles. Chez Wallbox, la « Phase Optimisation » n’existe que sur les Pulsar Pro triphasées et les ABL Pulsar, et il faut débrancher puis rebrancher la voiture pour revenir en triphasé.
Le comportement de chaque modèle à faible courant se vérifie dans sa notice.
Décrire les deux usages avant de fixer une règle
Une priorité se décide à partir de trois faits : quand chaque voiture est garée à la maison, quand elle repart et combien d’énergie il lui manque. Notez-les sur deux semaines ordinaires.
Prenons une voiture qui consomme 17 kWh aux 100 km, une hypothèse à adapter : 60 km par jour demandent 17 × 60 / 100 = 10,2 kWh, et 15 km par jour 2,55 kWh. Ajoutez les pertes : l’ADAC a mesuré en 2026 de 5,1 à 7,0 % sur une borne de 11 kW, pour une recharge de 10 à 90 %.
Relevez aussi le chargeur embarqué, l’appareil de la voiture qui convertit le courant alternatif de la borne et limite la puissance acceptée. Renault annonce par exemple pour la Renault 5 E-Tech des chargeurs de 7 kW et de 11 kW et des batteries de 40 ou 52 kWh : la fiche technique de votre version tranche.
| Information à relever | Où la trouver | Ce qu’elle change |
|---|---|---|
| Jours et heures de présence en journée | Agenda du foyer | Seule une voiture garée au soleil prend le surplus |
| Heure du prochain départ | Habitudes, trajets prévus | Fixe l’échéance de la recharge |
| Kilomètres avant la prochaine recharge | Trajets habituels, compteur du véhicule | Donne l’énergie manquante |
| Chargeur embarqué, monophasé ou triphasé | Fiche technique, notice | Limite la puissance utile et le seuil de démarrage |
| Recharge possible ailleurs | Travail, bornes publiques | Permet à une voiture de céder sa place |
Quelles priorités de recharge solaire pour deux voitures ?
La règle la plus sûre sert d’abord la voiture dont le départ est le plus proche, à besoin comparable.
| Règle | Principe | Adaptée quand | Limite |
|---|---|---|---|
| Premier départ d’abord | La voiture qui part le plus tôt reçoit le surplus en premier | Les horaires changent d’un jour à l’autre | Demande de connaître les départs |
| Énergie manquante d’abord | La voiture la plus vide passe avant | Les kilométrages sont très différents | Le système doit connaître ou estimer ce niveau |
| Voiture de jour, voiture de nuit | Celle qui reste garée prend le surplus, l’autre recharge le soir au réseau | Une voiture part travailler pendant les heures de soleil | La voiture de nuit profite rarement du solaire |
| Alternance | Un jour chacune | Les deux usages se ressemblent | Ignore les imprévus sans réglage manuel |
Reprenons l’exemple : une voiture roule 60 km par jour et part à 7 h, l’autre roule 15 km et reste souvent à la maison. La seconde, garée en journée, prend naturellement le surplus ; la première recharge le soir, puis profite du soleil le week-end. À 1 380 W, ses 10,2 kWh demanderaient plus de sept heures (10,2 / 1,38 ≈ 7,4 h), soit une bonne partie d’une journée ensoleillée.
Écrivez la règle en une phrase, avec son exception : « un long trajet imprévu passe en priorité et autorise le réseau ». Une règle qu’un seul conducteur maîtrise risque d’être contournée par des réglages manuels.
Ce que le système de pilotage sait réellement arbitrer
Un système n’applique une priorité qu’à partir des informations qu’il reçoit. Demandez sur quoi il se fonde : horaires saisis, énergie déjà délivrée, niveau de batterie transmis par la voiture ou simple réglage manuel.
Le règlement européen AFIR définit la recharge intelligente comme une recharge adaptée en temps réel à partir d’informations reçues par communication électronique. Pour suivre le surplus, la borne a besoin d’une mesure des flux de la maison : Wallbox exige un compteur d’énergie de sa marque, la zappi un capteur de courant clipsé autour du câble d’arrivée du réseau. Le guide sur la mesure du surplus photovoltaïque détaille ces montages.
Si le système ne connaît pas le niveau réel des batteries, la priorité doit reposer sur une autre donnée documentée : une quantité d’énergie à délivrer avant une heure donnée, ou un ordre de passage fixe. Faites aussi préciser ce qui l’emporte en cas de conflit : chez Wallbox, les programmations horaires et les actions manuelles passent avant la recharge solaire.
Avec deux bornes, demandez laquelle décide et si elles partagent la même mesure du surplus. Obtenez la réponse par écrit, dans le devis ou la documentation.
Recharge solaire et partage de puissance : vérifier qu’ils fonctionnent ensemble
Deux fonctions annoncées séparément ne sont pas toujours utilisables ensemble. Selon la documentation Wallbox, sa recharge solaire ne peut pas fonctionner en même temps que la gestion statique de charge, la gestion dynamique entre plusieurs bornes ou le V2H.
Le partage de puissance, ou gestion dynamique de charge, répartit la puissance disponible entre plusieurs bornes pour ne pas dépasser la capacité de l’installation. Avec deux voitures, on a envie de l’ajouter : vérifiez, modèle par modèle, si elle coexiste avec le mode solaire.
La supervision compte aussi. L’OCPP est le protocole de communication entre une borne et un logiciel de supervision ; selon l’Open Charge Alliance, sa version 1.6 prend déjà en charge le « Smart Charging », c’est-à-dire la répartition de charge et les profils de charge. Wallbox précise qu’un pilotage OCPP Smart Charging peut limiter l’usage du surplus.
Posez ces questions avant l’achat. Le guide des compatibilités à vérifier avant d’acheter une borne solaire et celui sur le pilotage dynamique de plusieurs bornes listent les points à contrôler.
Les jours sans surplus : quel complément réseau, pour quelle voiture ?
Décidez à l’avance quelle voiture peut prendre de l’électricité du réseau, jusqu’à quel niveau et à quelle heure. Sans batterie domestique, rien n’est mis en réserve : la recharge de nuit vient du réseau. L’article L315‑1 du code de l’énergie décrit d’ailleurs une électricité autoconsommée « soit instantanément, soit après une période de stockage ».
Les bornes proposent des modes mixtes. En mode « Eco », Wallbox démarre dès 2 A de surplus, environ 460 W en monophasé, et le réseau complète ; en mode ECO de la zappi, le manque est pris au réseau quand le surplus descend sous 1,4 kW. Réservez ce mode à la voiture dont le départ approche et laissez l’autre en tout solaire.
L’heure du complément change le prix. Au 1ᵉʳ août 2026, le Tarif Bleu d’EDF en option Heures creuses facture 0,2142 € TTC le kWh en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses : 10 kWh coûtent environ 2,14 € d’un côté, 1,59 € de l’autre. Vos heures creuses sont fixées par Enedis, pas choisies ; en février 2025, la CRE a prévu d’en déplacer une partie vers l’après-midi, jusqu’à 3 heures entre 11 h et 17 h.
Suivez ensuite quelques semaines représentatives : énergie solaire estimée, énergie prise au réseau et départs préparés à temps. Le guide sur l’autoconsommation solaire et la recharge nocturne aide à lire ces chiffres, et celui sur la recharge en autoconsommation solaire à construire vos scénarios.
Puissance souscrite : éviter que deux recharges fassent disjoncter
Deux voitures branchées ensemble le soir peuvent dépasser votre puissance souscrite. Le compteur Linky coupe alors l’alimentation et affiche « PUISS DEPASSEE », selon Enedis.
Deux voitures qui tirent chacune 7 kW demandent 14 kW à elles seules, bien au-delà d’un contrat de 6 kVA, le kilovoltampère étant l’unité de la puissance souscrite. Le solaire n’aide plus la nuit.
Vérifiez votre marge sans rien ouvrir. L’écran du Linky affiche la puissance maximale atteinte dans la journée, remise à zéro à minuit : relevez-la le soir d’une journée chargée. Enedis invite aussi à consulter la puissance consommée dans votre espace client, puis à demander au fournisseur une hausse si besoin ; au Tarif Bleu, l’option Base n’est plus proposée de 9 à 36 kVA aux nouveaux souscripteurs depuis le 1ᵉʳ février 2026, l’option Heures creuses restant ouverte de 3 à 36 kVA.
Le tableau électrique reste l’affaire d’un professionnel : l’article D353‑2 du code de l’énergie impose un installateur qualifié pour une borne de plus de 3,7 kW dans un logement privé. Le guide sur la puissance de compteur pour une borne détaille le calcul.
Préparer le projet : ce qu’il faut réunir et demander
Une règle de priorité fiable part de vos usages et de l’état de votre installation. Préparez avant la visite technique :
- la fiche d’usage de chaque voiture : présence, départs, kilomètres, chargeur embarqué ;
- une facture d’électricité, avec la puissance souscrite et l’option tarifaire ;
- la puissance maximale lue sur le Linky après une soirée chargée ;
- les caractéristiques de l’installation solaire : puissance crête (mesurée en conditions de test), onduleur, batterie éventuelle ;
- des photos du tableau et du trajet jusqu’aux places de stationnement ;
- les fonctions voulues : recharge solaire, partage de puissance, supervision.
Posez trois questions : sur quelle donnée repose la priorité entre les deux voitures, quelles fonctions peuvent être actives en même temps, et que fait le système quand le surplus disparaît.
Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France pour la partie recharge : visite technique, devis détaillé et supervision OCPP si besoin. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet, en passant par la page de demande de devis pour une borne à domicile. La qualification IRVE ne couvre pas la pose de panneaux, qui demande un autre titre pour l’obligation d’achat et la TVA réduite.
L’essentiel à retenir
- Une voiture ne recharge pas sous un courant minimal : environ 1 380 W en monophasé et 4 140 W en triphasé chez Wallbox pour une recharge entièrement solaire.
- Avec un petit surplus, recharger les voitures l’une après l’autre vaut souvent mieux que les recharger ensemble.
- La priorité se fixe d’après la présence, l’heure du prochain départ et l’énergie manquante de chaque voiture.
- Vérifiez sur quelle donnée le système arbitre, et si recharge solaire et partage de puissance fonctionnent ensemble.
- Sans batterie domestique, la recharge de nuit vient du réseau : décidez quelle voiture y a droit, et à quelle heure.
- Deux recharges simultanées peuvent dépasser la puissance souscrite : relevez la puissance maximale sur le Linky et confiez toute modification de l’installation à un professionnel qualifié.
Questions fréquentes
Peut-on recharger deux voitures électriques en même temps avec des panneaux solaires ?
Oui, si le surplus suffit pour chacune. Chez Wallbox, une recharge entièrement solaire démarre à partir de 6 A, soit environ 1 380 W en monophasé : deux voitures demandent donc au moins 2 760 W de surplus au même moment. En dessous, les bornes se mettent en pause ou complètent avec le réseau, selon le mode choisi. Avec un petit surplus, recharger l’une après l’autre est souvent plus efficace.
Deux voitures et recharge solaire : quelles priorités pour un long trajet imprévu ?
Donnez la priorité à la voiture qui part et autorisez-lui le complément réseau, car le surplus seul ne suffira pas. Prenons 300 km à 17 kWh aux 100 km, une hypothèse : il faut 51 kWh, soit près de 37 heures au seuil de 1 380 W (51 / 1,38). Chez Wallbox, une programmation horaire ou une action manuelle passe avant la recharge solaire. En heures creuses, ces 51 kWh coûtent environ 8,10 € au Tarif Bleu du 1ᵉʳ août 2026.
Faut-il deux bornes pour deux voitures électriques et des panneaux solaires ?
Pas forcément. Une seule borne suffit si les deux voitures n’ont pas besoin d’être branchées en même temps, par exemple l’une présente en journée et l’autre rechargée la nuit. Deux bornes apportent de la souplesse, mais il faut vérifier qu’elles partagent la mesure du surplus et que le mode solaire reste compatible avec le partage de puissance : Wallbox, par exemple, l’exclut entre plusieurs bornes.
Mes panneaux solaires peuvent-ils recharger ma voiture la nuit ?
Non, pas sans batterie domestique. Le code de l’énergie décrit une électricité autoconsommée instantanément ou après stockage, et l’ADEME rappelle qu’avec une offre de « stockage virtuel », mécanisme purement comptable, l’électricité injectée n’est jamais restituée physiquement. La nuit, la voiture recharge donc sur le réseau, de préférence en heures creuses si votre contrat en comporte. Une batterie domestique permet, elle, de différer une partie des usages.
Pourquoi ma borne solaire s’arrête-t-elle puis redémarre ?
Parce que le surplus passe sous le seuil de recharge. Chez Wallbox, une session se met en pause si le surplus reste insuffisant 30 secondes d’affilée, puis reprend quand il revient, le démarrage intervenant généralement après 2 minutes de surplus. Le manuel myenergi signale aussi que certaines voitures, comme la Tesla Model S, réclament beaucoup de puissance pour réchauffer une batterie froide. Consultez les notices de la borne et du véhicule.
Deux recharges en même temps peuvent-elles faire disjoncter le compteur Linky ?
Oui, si la somme des appels de puissance dépasse votre puissance souscrite : le Linky coupe alors et affiche « PUISS DEPASSEE », selon Enedis. Relevez la puissance maximale du jour sur l’écran du compteur après une soirée chargée. Un professionnel qualifié peut ensuite proposer un partage de puissance entre les bornes, ou vous conseiller une hausse de puissance, à demander au fournisseur.


