Pendant l’essai d’une première voiture électrique, les questions utiles portent sur quatre points : la version exacte (batterie, chargeur embarqué, recharge rapide), la consommation relevée sur un trajet proche du vôtre, le réglage de la récupération d’énergie et la recharge, avec les câbles fournis et une démonstration de branchement.
Vous saurez vérifier que la voiture essayée correspond à celle de l’offre, choisir un parcours qui renseigne vraiment, lire une autonomie WLTP sans la surestimer, faire montrer une recharge du début à la fin et repartir avec une grille pour comparer deux modèles.
Quelle version de la voiture essayez-vous exactement ?
Demandez la fiche de la version garée devant vous et comparez-la avec celle de l’offre : un même modèle existe souvent avec plusieurs batteries et chargeurs, et seule la version signée compte.
Selon Renault, la Renault 5 E-Tech existe avec une batterie de 40 kWh (jusqu’à 315 km WLTP) ou de 52 kWh (jusqu’à 430 km WLTP), et avec un chargeur embarqué de 7 kW ou de 11 kW selon la version. Le chargeur embarqué convertit le courant alternatif du réseau pour la batterie : sur une borne à domicile, la voiture ne se recharge jamais plus vite que ce qu’il accepte. Renault annonce la recharge rapide en courant continu sur les versions evolution, techno, iconic cinq et Roland-Garros, mais seulement « disponible fin 2026 » pour la version Five.
Faites donc noter sur l’offre les réponses à trois questions :
- quelle est la capacité de la batterie, et s’agit-il de la capacité totale ou utile ;
- quelle est la puissance de charge maximale en courant alternatif ;
- la recharge rapide en courant continu est-elle de série, en option ou absente.
Renault distingue la capacité totale, toute l’énergie stockée, de la capacité utile, celle réellement disponible pour rouler, qui dépend aussi de la température, de l’âge et des cycles de charge. Deux fiches fondées sur des notions différentes ne se comparent pas.
Avant de démarrer : installation à bord, coffre, trappe et téléphone
Passez dix minutes à l’arrêt : réglez le siège et les rétroviseurs, vérifiez la visibilité vers l’arrière, et venez avec ce que vous transportez vraiment, poussette ou valise. Sauf exceptions, un enfant de moins de 10 ans voyage à l’arrière dans un dispositif de retenue homologué, rappelle Service Public ; si son siège se fixe par Isofix, essayez-le sur les ancrages, obligatoires dans les véhicules neufs depuis 2011. Cherchez où ranger le câble sans vider le coffre.
Faites-vous montrer la trappe de recharge : son côté décide de la façon de vous garer devant une borne.
Si vous connectez votre téléphone pour tester l’écran, pensez à la fin de l’essai. La CNIL rappelle que le système d’infodivertissement peut enregistrer trajets, adresses recherchées et journal d’appels, et recommande d’effacer ces données avant de rendre un véhicule prêté ou loué. Supprimez l’appairage et vos données avant de partir.
Récupération d’énergie : faites-la expliquer avant de partir
Demandez au vendeur de vous montrer, voiture à l’arrêt, comment régler la récupération d’énergie et s’il existe une conduite à une pédale. Au premier lever de pied, le ralentissement peut surprendre un conducteur habitué à une voiture thermique.
Renault définit le freinage régénératif comme la transformation de l’énergie de mouvement en courant électrique quand le conducteur lève le pied ou freine légèrement. La fonction « one pedal » permet de ralentir jusqu’à l’arrêt complet en relâchant l’accélérateur. Les commandes et le nombre de niveaux varient selon les modèles : la notice les décrit.
Demandez combien de niveaux existent, lequel est actif par défaut et si le réglage choisi reste mémorisé au redémarrage. Essayez ensuite chaque niveau sur une portion calme, sans voiture derrière vous, puis au pas, en manœuvre dans un parking : une récupération forte s’y remarque davantage.
Quel parcours choisir pour que l’essai soit représentatif ?
Proposez au vendeur, dans des conditions sûres, un trajet qui ressemble au vôtre : un morceau de trajet domicile-travail, une voie rapide si vous en empruntez, une manœuvre de stationnement. Relevez la consommation affichée en kWh aux 100 km, avec vitesse, température et passagers.
Selon l’enquête d’Enedis de septembre 2024, une voiture 100 % électrique parcourt en moyenne 62 km par jour du lundi au vendredi et 52 km le week-end.
La vitesse pèse plus que la charge. Selon l'ADAC, passer de 100 à 120 km/h augmente la consommation de 26 % en moyenne, et l’hiver l’augmente de 20 à 30 %. Dans d’autres mesures de l’ADAC sur un Kia EV6, passer du conducteur seul à la charge maximale (280 kg de plus) n’a ajouté que 6 % sur un parcours mixte.
| Exemple : 15 kWh/100 km relevés à 100 km/h | Écart mesuré par l’ADAC | Consommation de l’exemple |
|---|---|---|
| Relevé de l’essai | Référence | 15 kWh/100 km |
| Même trajet à 120 km/h | +26 % en moyenne | 15 × 1,26 = 18,9 kWh/100 km |
| Même trajet en hiver | +20 à 30 % | 18 à 19,5 kWh/100 km |
| Voiture chargée (+280 kg) | +6 % (un modèle, parcours mixte) | 15,9 kWh/100 km |
Ces moyennes évitent de prendre le chiffre d’un essai pour une consommation annuelle ; voyez aussi l'autonomie en hiver.
Comment lire l’autonomie WLTP qu’on vous annonce ?
L’autonomie de la brochure est une valeur d’homologation WLTP, mesurée sur un cycle normalisé : elle sert à comparer des versions entre elles, pas à prévoir votre autonomie. Demandez toujours de quelle valeur il s’agit, et pour quelle version.
La procédure WLTP est obligatoire pour toutes les voitures neuves depuis septembre 2018 ; elle a remplacé le cycle NEDC, jugé non représentatif par la Commission européenne. Une autonomie « NEDC » ne se compare donc pas à une valeur WLTP. Selon le Centre commun de recherche de la Commission, le cycle d’essai dure 30 minutes pour 23,27 km, à 46,5 km/h de moyenne et 131,3 km/h au maximum.
La consommation WLTP, en Wh/km, est calculée à partir de l’énergie rechargée sur le secteur : elle inclut les pertes de recharge. Chaque version affiche aussi une plage, pas une valeur unique : le comparateur Car Labelling de l’ADEME donne par exemple, pour une fiche de Renault Mégane E-Tech, de 139 à 159 Wh/km et de 288 à 328 km d’autonomie mixte, contre 383 à 429 km en ville.
Ne comparez jamais une autonomie « ville » à une autonomie mixte : le guide autonomie et recharge pour débuter reprend ces notions.
Quelles questions poser sur la recharge pendant l’essai d’une première voiture électrique ?
Demandez les puissances de charge en courant alternatif (AC) et en courant continu (DC) de la version exacte, puis la liste des câbles livrés.
En courant alternatif, c’est la voiture qui limite. Volkswagen indique que ses modèles ID., branchés sur une borne de 22 kW, ne dépassent pas 11 kW ; Renault annonce la même limite pour la Renault 5 sur une borne publique de 22 kW. En courant continu, l'Avere-France rappelle qu’une borne rapide ne suffit pas : la voiture doit être compatible, donc équipée d’une prise Combo 2 ou CHAdeMO.
Côté câbles, Renault fournit de série pour la Renault 5 un câble mode 3 type 2, pour les bornes, et propose en option un câble mode 2 pour prise domestique. Voici ses temps de recharge de 15 à 80 %, publiés sur sa page des solutions de recharge.
| Point de recharge (Renault 5 E-Tech) | Batterie 40 kWh | Batterie 52 kWh |
|---|---|---|
| Borne rapide DC d’au moins 100 kW (versions équipées) | 30 min | 30 min |
| Borne AC d’au moins 11 kW | 2 h 37 | 3 h 13 |
| Borne domestique de 7,4 kW | 3 h 55 | 5 h 11 |
| Prise renforcée de 3,7 kW | 6 h 58 | 9 h 48 |
| Prise standard de 2,3 kW | 11 h 12 | 17 h 13 |
Ces valeurs ne se transposent pas à un autre modèle. Voyez comment vérifier le chargeur AC et vérifier la recharge DC avant de choisir.
Au retour, faites une démonstration de recharge
Si le point de vente dispose d’une borne, branchez la voiture vous-même, sous les yeux du vendeur, et observez le lancement, le signal qui confirme la charge, l’arrêt et le déverrouillage du câble.
Faites aussi montrer la programmation : heure de départ, limite de charge, préchauffage. L’ADAC note que préchauffer la voiture pendant qu’elle est branchée ne consomme pas moins d’énergie, mais préserve l’autonomie, ce qui compte en hiver.
Selon le règlement européen AFIR, depuis le 14 avril 2025, toutes les bornes publiques en courant continu doivent avoir un câble attaché ; sur une borne publique en courant alternatif de 22 kW au plus, vous pouvez en revanche trouver un simple socle type 2 où brancher votre propre câble. Et tout point de recharge public doit permettre de recharger à l’acte, sans abonnement ni inscription.
Demandez enfin ce qui est interdit avec les câbles : la notice de la Renault 4 E-Tech, par exemple, interdit de brancher le cordon sur un adaptateur, une multiprise ou une rallonge, en raison d’un risque d’incendie, et de l’utiliser s’il est abîmé.
Recharger chez vous : ce que l’essai doit déjà préparer
Pensez dès l’essai à votre recharge principale. Selon l’enquête d’Enedis d’octobre 2025, 77 % des propriétaires de véhicules électriques ou hybrides rechargeables interrogés rechargent principalement à domicile : 84 % des habitants de maison individuelle, mais 38 % de ceux qui vivent en immeuble.
Le point de charge change le temps passé et les pertes. D’après une étude de l’ADAC publiée le 6 août 2026 sur cinq voitures, les pertes entre le réseau et la batterie vont de 5,1 à 7,0 % sur une borne de 11 kW, contre 12,7 à 24,2 % sur une prise domestique. Le choix entre prise renforcée ou borne se fait donc avec la puissance de charge AC de la voiture en tête.
Au-delà de 3,7 kW dans une habitation privée, la pose revient à un installateur titulaire d’une qualification IRVE (infrastructure de recharge pour véhicules électriques), selon l’article D353‑2 du code de l’énergie. La pose dans un logement peut bénéficier d’une TVA à 5,5 %, aux conditions de l’article 278-0 bis N du code général des impôts ; le crédit d’impôt pour borne est supprimé pour les dépenses payées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. N’intervenez pas vous-même sur le tableau : la visite technique dira si votre installation convient.
Comparer à froid et préparer la suite
Remplissez la même grille juste après chaque essai, en séparant ce que vous avez testé de ce qui a seulement été annoncé. Voici la liste de contrôle à emporter et à compléter :
- fiche de la version essayée et de la version de l’offre : batterie, puissance AC, recharge DC ;
- consommation relevée, avec vitesse, température et passagers ;
- siège enfant, coffre et objets du quotidien essayés ;
- câbles livrés de série ou en option ;
- démonstration de recharge faite ou non ;
- appairage du téléphone supprimé ;
- budget complet, aides comprises.
Pour le budget, demandez si la version est éligible à la prime « Coup de pouce véhicules particuliers électriques », qui remplace le bonus écologique depuis le 1ᵉʳ juillet 2025 : voiture neuve 100 % électrique d’au plus 47 000 € TTC, de moins de 2 400 kg, avec un score environnemental d’au moins 60 points, louée ou conservée au moins deux ans. Son montant n’est pas fixé : il varie notamment selon l’entreprise qui la verse et vos revenus.
Notre grille pour comparer deux électriques et le guide d’achat 2026 prolongent cette méthode. Pour la borne, préparez des photos du tableau et de la place de stationnement, puis demandez un devis de borne à domicile : Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, organise une visite technique et remet un devis détaillé. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet.
L’essentiel à retenir
- Faites noter sur l’offre la batterie, la puissance de charge AC et la recharge rapide DC de la version signée.
- Relevez la consommation sur un trajet proche du vôtre : selon l’ADAC, 120 km/h au lieu de 100 coûte 26 % de plus en moyenne, l’hiver 20 à 30 %.
- L’autonomie WLTP sert à comparer des versions ; elle ne prédit pas votre autonomie et ne se compare pas à une valeur NEDC.
- En courant alternatif, la voiture fixe la limite : une borne de 22 kW ne recharge pas plus vite une voiture limitée à 11 kW.
- Faites une démonstration de recharge complète et demandez ce que la notice interdit : rallonge, multiprise, adaptateur.
- Au-delà de 3,7 kW à domicile, la pose d’une borne revient à un installateur qualifié IRVE (article D353‑2 du code de l’énergie).
Questions fréquentes
Quelles questions poser lors de l’essai d’une première voiture électrique ?
Commencez par la version : capacité de la batterie, puissance de charge en courant alternatif et présence de la recharge rapide en courant continu, à faire noter sur l’offre. Demandez ensuite comment régler la récupération d’énergie, quels câbles sont livrés et si vous pouvez faire une démonstration de recharge. Pendant le trajet, relevez la consommation en kWh aux 100 km, avec la vitesse et la température, sur un parcours proche du vôtre.
L’autonomie WLTP correspond-elle à l’autonomie réelle ?
Non. C’est une valeur d’homologation, mesurée sur un cycle normalisé de 30 minutes et 23,27 km, à 46,5 km/h de moyenne : elle sert à comparer des versions entre elles, pas à prévoir vos trajets. Vérifiez aussi de quelle valeur on parle : l’autonomie « ville » dépasse l’autonomie mixte, et une ancienne valeur NEDC ne se compare pas à une valeur WLTP. Votre autonomie réelle dépendra surtout de la vitesse et de la température.
La consommation affichée pendant un essai est-elle représentative ?
Seulement pour le trajet parcouru. Une boucle courte en ville, par temps doux, ne dit rien d’un trajet quotidien sur voie rapide ou d’un matin d’hiver. Relevez la consommation en kWh aux 100 km en notant vitesse, température et passagers, puis corrigez-la avec les ordres de grandeur de l’ADAC : environ 26 % de plus à 120 km/h qu’à 100 km/h, 20 à 30 % de plus en hiver.
Le câble de recharge est-il fourni avec une voiture électrique neuve ?
Pas toujours tous les câbles. Pour la Renault 5 E-Tech, Renault fournit de série le câble mode 3 type 2, pour les bornes, et propose en option le câble mode 2 pour prise domestique. Sur une borne publique en courant continu, le câble est attaché à la borne depuis le 14 avril 2025 ; sur une borne en courant alternatif sans câble, Volkswagen rappelle qu’on utilise le câble type 2 livré avec la voiture. Faites préciser sur l’offre les câbles fournis.
Une borne de 22 kW recharge-t-elle plus vite qu’une borne de 11 kW ?
Pas si la voiture est limitée à 11 kW en courant alternatif. Volkswagen indique que ses modèles ID., branchés sur une borne de 22 kW, ne dépassent pas 11 kW, et 7,4 kW sur une installation monophasée ; Renault annonce la même limite de 11 kW pour la Renault 5. C’est le chargeur embarqué qui fixe ce plafond : demandez sa puissance pendant l’essai, avant de choisir une borne pour la maison.
Faut-il un abonnement pour recharger sur une borne publique ?
Non. Le règlement européen AFIR impose que tout point de recharge public permette la recharge à l’acte, sans inscription ni contrat ; sur les points installés depuis le 13 avril 2024, on paie au moins par carte bancaire ou, sous 50 kW, par un moyen en ligne. Selon l’Avere-France, un conducteur type (11 000 km par an) dépensait au second semestre 2025 de 18,94 à 29,71 € par mois sur les bornes publiques, selon qu’il avait un abonnement ou non.


