Une préautorisation sur carte bancaire, lors d’une recharge électrique, est une somme bloquée avant la session parce que l’opérateur ne connaît pas encore le prix final. Ce n’est pas une facture : seul le prix de la recharge est prélevé, puis la réservation est levée, parfois plusieurs jours plus tard.
Après lecture, vous saurez reconnaître une réservation sur votre relevé, la rapprocher du reçu de recharge, estimer la somme immobilisée pendant un trajet et savoir à qui écrire si un débit semble en double.
Préautorisation de carte bancaire : pourquoi une somme est bloquée avant la recharge
Au moment du branchement, personne ne sait combien d’énergie la voiture va prendre. L’opérateur réserve donc un montant forfaitaire sur votre carte, appelé préautorisation, empreinte bancaire ou, dans le langage courant, caution.
Une préautorisation est une demande adressée à votre banque pour mettre une somme de côté sans la prélever. Le prix final dépend de l’énergie délivrée, donc de la batterie à l’arrivée et du moment où vous débranchez ; chez certains opérateurs, des frais d’occupation à la minute peuvent s’y ajouter.
Le mot « caution » prête à confusion : rien n’est encaissé lors de la réservation. La somme reste sur votre compte, mais elle n’est plus disponible pour d’autres paiements tant que la banque la tient bloquée. Après la session, selon l’opérateur, la réservation est ramenée au montant final, ou bien elle est libérée pendant que seule la somme réelle est prélevée.
C’est pourquoi deux lignes peuvent apparaître pour une seule recharge sans double facturation : ce qui compte, c’est leur statut et leur montant, comparés au reçu de la session.
Ce que le code monétaire et financier impose à votre banque
La loi encadre le blocage lui-même : votre banque ne peut bloquer des fonds que si vous avez accepté le montant exact, et elle doit les libérer sans retard injustifié dès qu’elle connaît le montant exact.
L’article L133‑42 du code monétaire et financier vise les paiements par carte dont le montant n’est pas connu quand le client donne son accord, ce qui est le cas d’une recharge. La banque ne peut alors bloquer des fonds que si le titulaire de la carte a consenti au montant exact à bloquer. Avant de valider une session, cherchez donc la somme annoncée dans l’application ou sur l’écran : c’est à elle que vous donnez votre accord.
L’article L133‑43 complète la règle. La banque débloque les fonds sans retard injustifié après réception des informations sur le montant exact de l’opération, et au plus tard immédiatement après avoir reçu l’ordre de paiement.
Deux limites à connaître
La loi ne fixe aucun nombre de jours. Les délais publiés par les opérateurs sont leurs propres indications, pas une règle générale. Ensuite, l’obligation de déblocage pèse sur votre banque, pas sur l’opérateur de recharge : quand une réservation s’attarde, chacun des deux détient une partie de la réponse.
Combien est réservé, et pour combien de temps : IONITY et Electra
Deux réseaux de recharge rapide publient leurs règles en détail : IONITY réserve 40 € et Electra 34 € en France, avec des délais de libération différents. Le tableau reprend leurs conditions au 23 septembre 2026, telles qu’elles figurent dans l’aide en ligne d’IONITY et dans celle d’Electra sur l’empreinte bancaire.
| Point à vérifier | IONITY | Electra |
|---|---|---|
| Somme réservée en France | 40 € | 34 € (49 € en Allemagne, en Italie ou en Belgique, 29 € en Espagne) |
| Recharges concernées | Paiement par l’application ou le site de paiement | Paiement par l’application, y compris avec la carte Electra |
| Recharge sans réservation | Session lancée avec la carte IONITY | Aucun cas indiqué |
| Tentatives de démarrage | Chaque tentative peut créer une réservation | Chaque tentative peut créer une préautorisation |
| Après la session | Réservation ajustée au montant final, facture en général dans la journée | Seule la somme réelle de la recharge est prélevée |
| Libération annoncée | Le plus souvent sous 5 jours ouvrés, jusqu’à 28 jours ouvrés | Fonds libérés sous 24 heures au plus, visibles en 5 à 7 jours ouvrés en moyenne |
Chez Electra, l’écart entre 24 heures et 5 à 7 jours ouvrés tient à la banque : l’opérateur libère les fonds, votre établissement met ensuite l’affichage à jour à son rythme.
Ces conditions d’opérateurs peuvent changer et ne valent pas pour les autres réseaux : chez un nouvel opérateur, lisez d’abord la rubrique paiement de son aide en ligne.
Lire son relevé : réservation, débit définitif, restitution
Pour savoir ce qui a été payé, partez du reçu de recharge, pas du relevé. Comme le signale Electra, l’affichage varie selon les banques : une préautorisation peut apparaître comme un débit suivi d’un crédit, ou disparaître simplement une fois levée.
La méthode tient en quatre étapes :
- Retrouvez le reçu ou la facture de la session, dans l’application ou dans vos courriels : date, heure, station, énergie en kWh, prix unitaire et total.
- Cherchez sur le relevé une ligne du même montant que ce total : c’est le paiement de la recharge.
- Repérez les autres lignes du même opérateur ce jour-là : un montant rond égal à la réservation annoncée, comme 40 € ou 34 €, signale une préautorisation.
- Notez le statut de chaque ligne et la date, puis attendez le délai annoncé par l’opérateur avant de conclure.
Prenons un exemple chez IONITY. Au 23 septembre 2026, son prix avec l’application sans abonnement démarre à 0,52 € le kWh en France. Pour 45 kWh à ce prix, le calcul donne 45 × 0,52 = 23,40 €. La réservation de 40 € est ramenée à ce montant, qui doit se retrouver sur la facture. Si la station est plus chère, seul le total change.
Pour contrôler la facture elle-même, voyez comment lire une facture de borne publique.
Plusieurs tentatives de démarrage, plusieurs réservations
Chaque essai de démarrage raté peut laisser sa propre réservation, même si une seule recharge a eu lieu : IONITY et Electra l’indiquent tous deux.
Un exemple chez Electra, en France : deux essais échouent et la troisième tentative démarre la session. Trois préautorisations, soit 3 × 34 = 102 €, sont bloquées pour une seule recharge. Si celle-ci délivre 30 kWh au prix le plus haut de l’application, 0,61 € le kWh, vous paierez 30 × 0,61 = 18,30 €. Les 102 € ne sont pas dépensés, mais ils manquent sur votre compte jusqu’à leur libération.
Limiter les essais inutiles
Avant de relancer, faites les vérifications simples :
- enfoncez le connecteur jusqu’au bout et attendez que la voiture le verrouille ;
- contrôlez dans l’application que le numéro du point de charge correspond à celui inscrit sur la borne ;
- regardez si la voiture n’a pas une recharge programmée qui retarde le démarrage ;
- après deux échecs, changez de point plutôt que d’insister.
Notez l’heure de chaque tentative ou photographiez l’écran d’erreur : cela permettra au service client de distinguer les essais de la session réellement effectuée, et d’annuler les réservations orphelines si elles tardent.
Carte au terminal, application ou badge : ce qui change
Le moyen de paiement décide s’il y aura une réservation, et de quel montant ; le cadre européen impose au moins un accès sans inscription.
Le paiement à l’acte sur les bornes publiques
Depuis le 13 avril 2024, le règlement européen AFIR (UE) 2023/1804 impose à l’exploitant de tout point de recharge ouvert au public de proposer la recharge « à l’acte » : vous payez la session sans vous enregistrer ni signer de contrat. Sur les points déployés depuis cette date, ce paiement passe par un lecteur de carte, un dispositif sans contact ou, sous 50 kW seulement, un moyen connecté comme un code QR. À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les points de 50 kW ou plus situés le long du réseau routier transeuropéen devront accepter la carte bancaire, y compris ceux installés avant le 13 avril 2024.
Au terminal, les conditions de réservation dépendent de l’exploitant : lisez l’écran avant de présenter la carte. Chez Electra, le paiement par carte sur la borne coûte 0,61 € TTC le kWh, et des frais d’occupation de 0,40 € par minute s’appliquent après 60 minutes de recharge, que la charge soit terminée ou non. Voyez comment éviter les frais d’occupation après recharge.
Badge ou abonnement
Avec la carte IONITY, aucune préautorisation n’est prise. Avec le badge d’un autre fournisseur, c’est son contrat qui fixe la facturation ; il doit vous communiquer les prix de la session avant son démarrage, élément par élément.
Avant un long trajet, prévoir la marge sur votre carte
Les réservations s’additionnent tant qu’elles ne sont pas levées. Elles peuvent réduire votre plafond disponible bien au-delà de ce que vous dépensez. Le plafond de paiement est le montant maximal que votre carte peut régler sur une période donnée, fixé par votre contrat de carte.
Prenons un aller avec quatre recharges IONITY payées par l’application, dont une précédée d’un essai raté : cinq réservations de 40 €, soit 200 € qui peuvent être bloqués au même moment, même si chaque session coûte moins. Leur annulation intervenant le plus souvent sous 5 jours ouvrés, parfois jusqu’à 28, elles peuvent encore peser au retour.
La liste de contrôle avant le départ :
- consultez votre plafond de paiement et votre solde, en tenant compte des réservations possibles ;
- demandez à votre banque comment elle affiche les préautorisations et si une hausse temporaire du plafond est possible ;
- installez les applications des réseaux prévus et enregistrez-y votre carte avant de partir ;
- emportez un second moyen de paiement, carte ou badge ;
- conservez chaque reçu.
Pour organiser les arrêts, consultez le guide de la recharge sur autoroute et des longs trajets, puis estimez le budget recharge d’un départ en vacances.
Double débit ou réservation qui dure : les démarches dans l’ordre
Écrivez d’abord à l’opérateur, une fois le délai annoncé dépassé ; la banque, puis le médiateur, viennent ensuite. Une réservation plus un débit, c’est normal ; deux débits définitifs pour une seule recharge, non.
- Attendez le délai annoncé par l’opérateur, compté en jours ouvrés, avant toute réclamation.
- Écrivez à l’opérateur par son formulaire ou son adresse de support : date, heure, station, numéro du point, montants, référence de la session, capture du relevé. Masquez le numéro complet de la carte et toute donnée non demandée ; ne communiquez jamais votre code.
- Interrogez votre banque sur le statut exact de chaque ligne, réservation ou débit comptabilisé. Pour un débit définitif contesté, demandez la procédure prévue par votre contrat de carte.
- Si la réclamation écrite n’aboutit pas, saisissez le médiateur de la consommation dont relève l’opérateur, qui doit vous en garantir l’accès.
Le recours au médiateur est gratuit, selon les articles L612‑1 et suivants du code de la consommation. Il n’examine le litige que si vous avez d’abord adressé une réclamation écrite au professionnel, et s’il est saisi moins d’un an après cette réclamation.
À domicile, une recharge sans réservation bancaire
À la maison, la recharge passe par votre contrat d’électricité : aucune préautorisation n’est prise à chaque session, et le coût se calcule à l’avance à partir du prix de votre kWh. Voyez le calcul du coût de la recharge à domicile.
Si vous rechargez surtout en public faute de solution chez vous, une borne murale réduit les sessions payées par carte. Sa pose, au-delà de 3,7 kW en habitat privé, doit être confiée à un professionnel titulaire d’une qualification IRVE, selon l’article D353‑2 du code de l’énergie.
Pour un devis utile, préparez :
- la puissance souscrite, lue sur votre facture d’électricité ;
- une photo de votre tableau électrique, porte ouverte, sans rien toucher ;
- l’emplacement de stationnement et la distance approximative jusqu’au tableau ;
- le modèle de votre voiture et vos kilomètres habituels.
Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France, avec visite technique et devis détaillé. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Déposez votre projet sur la page demande de devis pour une borne à domicile, ou posez votre question via la page contact.
L’essentiel à retenir
- Une préautorisation bloque une somme sans la prélever : seul le prix réel de la recharge est payé.
- Votre banque ne bloque que le montant exact accepté et le libère sans retard injustifié (articles L133‑42 et L133‑43 du code monétaire et financier).
- Au 23 septembre 2026, IONITY réserve 40 € et Electra 34 € en France ; chaque tentative de démarrage peut créer une réservation.
- Rapprochez le reçu de session du relevé avant de parler de double facturation.
- Avant un long trajet, prévoyez une marge sur le plafond de votre carte et un second moyen de paiement.
- En cas de litige, écrivez d’abord à l’opérateur ; le médiateur de la consommation, gratuit, vient ensuite.
Questions fréquentes
Pourquoi ma carte est-elle débitée deux fois après une recharge électrique ?
Le plus souvent, elle ne l’est pas. La première ligne est une préautorisation, une somme bloquée avant la session parce que le prix final est inconnu ; la seconde est le paiement réel de la recharge. Comparez les montants au reçu de la session : un montant rond, comme 40 € chez IONITY ou 34 € chez Electra en France, correspond en général à la réservation, qui sera levée.
Combien de temps dure une préautorisation de carte bancaire pour une recharge électrique ?
Cela dépend de l’opérateur et de votre banque, car la loi ne fixe aucun nombre de jours. Au 23 septembre 2026, IONITY annonce une annulation le plus souvent sous 5 jours ouvrés, jusqu’à 28 jours ouvrés. Electra libère les fonds sous 24 heures au plus, mais la somme redevient visible en 5 à 7 jours ouvrés en moyenne, selon la banque.
Peut-on recharger sur une borne publique sans application ni abonnement ?
Oui. Depuis le 13 avril 2024, le règlement européen AFIR impose aux exploitants de bornes ouvertes au public de proposer la recharge à l’acte, sans inscription ni contrat. Sur les points installés depuis cette date, le paiement passe par un lecteur de carte, le sans-contact ou, sous 50 kW, un moyen connecté comme un code QR. Les conditions de réservation dépendent alors de l’exploitant.
Pourquoi ai-je plusieurs réservations pour une seule recharge ?
Parce que chaque tentative de démarrage peut créer sa propre réservation, comme l’indiquent IONITY et Electra. Chez IONITY, deux essais ratés suivis d’une session réussie bloquent par exemple 3 × 40 = 120 €, pour une seule recharge payée. Ces sommes ne sont pas prélevées, mais elles restent indisponibles jusqu’à leur libération. Notez l’heure de chaque essai pour le service client.
Que faire si la somme bloquée n’est pas rendue ?
Attendez d’abord le délai annoncé par l’opérateur, puis écrivez-lui avec la date, l’heure, la station, les montants et la référence de session. Interrogez ensuite votre banque sur le statut de la ligne, car c’est elle qui doit débloquer les fonds. Si le litige persiste, le médiateur de la consommation est gratuit, à saisir moins d’un an après votre réclamation écrite.
Une préautorisation peut-elle bloquer mes autres paiements ?
Oui, elle peut réduire votre plafond disponible tant qu’elle n’est pas levée. Quatre recharges Electra payées par l’application en France immobilisent par exemple 4 × 34 = 136 €, même si chaque session coûte moins. Avant de partir, vérifiez votre plafond de paiement, demandez à votre banque si une hausse temporaire est possible et emportez un second moyen de paiement.


