Pour comparer un abonnement de recharge en copropriété, calculez le coût d’un mois normal de recharge, partie fixe et kWh compris, puis ajoutez les frais d’entrée étalés sur votre durée d’usage et les frais de sortie. Les offres possibles dépendent du modèle retenu par l’immeuble.
Vous saurez ensuite identifier ce modèle, reconstituer le coût mensuel de chaque offre avec vos kilomètres, lire les clauses de prix, d’engagement et de résiliation, et réunir les bons documents.
Quel modèle de recharge votre immeuble a-t-il retenu ?
Les offres proposées découlent du modèle de financement choisi par la copropriété : on ne compare pas les mêmes choses selon qu’un opérateur gère le parking ou que vous avez votre propre compteur.
Enedis distingue quatre modèles : le droit à la prise, où le résident finance seul sa borne et son raccordement ; l’infrastructure financée par la copropriété, dont elle peut être propriétaire en tout ou partie ; le tiers investisseur, qui avance les frais de l’infrastructure collective et en devient propriétaire ; le préfinancement par Enedis. L’infrastructure collective désigne ici le câblage commun du parking, auquel chaque place se raccorde ensuite.
| Modèle | Ce que paie le résident | Ce que vous comparez |
|---|---|---|
| Droit à la prise | La pose de sa borne, puis l’électricité, en général refacturée par le syndic | Les devis d’installateurs et les règles de relève et de refacturation |
| Infrastructure financée par la copropriété | Sa part et sa borne, selon les décisions d’assemblée | Le coût de connexion et, s’il existe, l’opérateur de service |
| Tiers investisseur | Sa borne et un abonnement auprès de l’opérateur | Les formules de l’opérateur entre elles, et leurs conditions de sortie |
| Préfinancement Enedis | Une quote-part, sa dérivation individuelle, sa borne, puis son contrat d’électricité | Les fournisseurs d’électricité et les installateurs |
Pour savoir lequel s’applique chez vous, demandez au syndic le procès-verbal de l’assemblée qui a voté le projet : le guide pour identifier l’opérateur de recharge de son immeuble détaille la démarche, et celui qui aide à comparer une solution individuelle et une infrastructure collective éclaire le choix en amont.
Ce que recouvre un abonnement de recharge en copropriété
Un abonnement peut réunir des frais d’entrée, une partie fixe mensuelle et un prix de l’énergie. Les services compris et les conditions de sortie font le reste de sa valeur.
Quand un opérateur installe l’infrastructure sans frais pour le syndicat, l’article L353‑13 du code de l’énergie impose une convention qui précise les sommes dues par les utilisateurs. Si l’opérateur gère aussi les branchements individuels, l’article R353‑13‑3 du code de l’énergie ajoute que la convention fixe les conditions tarifaires pour l’utilisateur, éventuellement différenciées selon la puissance, les modalités de révision tarifaire, l’entretien et la résiliation. Elle ne peut pas faire obstacle à d’autres solutions de recharge pour les places de l’immeuble.
Pour comparer ligne à ligne, séparez les postes :
- frais d’activation ou de mise en service du compte ;
- raccordement de la place : quote-part, branchement, travaux particuliers ;
- borne : achetée, louée ou incluse dans la mensualité ;
- partie fixe mensuelle, et ce qu’elle comprend ;
- prix de l’énergie, au kWh ou à la session ;
- options : puissance supérieure, badge supplémentaire, accès à une borne partagée ;
- frais de résiliation, de dépose ou de transfert.
Comparez toujours à puissance égale : une formule moins chère peut correspondre à une puissance plus faible.
Comment calculer le coût réel d’un mois de recharge ?
Multipliez vos kWh mensuels par le prix du kWh, ajoutez la partie fixe, puis refaites le calcul pour un petit mois et pour un gros mois. Le classement de deux offres peut s’inverser selon votre usage.
Partez de la consommation réelle de votre voiture, lue sur l’ordinateur de bord ou dans son application. À défaut, le guide 2023 de l’Avere-France retient, à titre d’hypothèse, 20 kWh aux 100 km, soit 3 000 kWh par an pour 15 000 km : environ 250 kWh par mois. Ce n’est pas une mesure.
Prenons deux offres fictives, sans lien avec une offre réelle : l’offre A à 12 € par mois plus 0,25 €/kWh, l’offre B à 5 € par mois plus 0,35 €/kWh.
| Énergie rechargée par mois | Offre A (12 € + 0,25 €/kWh) | Offre B (5 € + 0,35 €/kWh) |
|---|---|---|
| 50 kWh | 24,50 € | 22,50 € |
| 100 kWh | 37,00 € | 40,00 € |
| 250 kWh | 74,50 € | 92,50 € |
Le point de bascule se calcule simplement : 12 + 0,25 × kWh = 5 + 0,35 × kWh donne 70 kWh par mois. Avec l’hypothèse de 20 kWh aux 100 km, cela représente 350 km par mois. En dessous, l’offre B coûte moins ; au-dessus, c’est l’offre A. Le guide du coût de la recharge à domicile vous aide à affiner ce calcul avec vos relevés.
Le prix du kWh face à votre propre contrat d’électricité
Le prix du kWh d’un opérateur se juge par rapport à ce que vous paieriez avec votre propre contrat, quand ce choix existe, et par rapport à ce qu’il comprend.
Au 1ᵉʳ août 2026, le Tarif Bleu d’EDF est de 0,2001 € TTC le kWh en option Base pour 6 kVA ; en option Heures creuses, 0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses. Pour 250 kWh, l’énergie coûte donc 50,03 € en Base, et 39,73 € si toute la recharge se fait en heures creuses. Il faut y ajouter l’abonnement du contrat, selon la puissance souscrite, puis la quote-part et la borne étalées dans le temps. Avec l’offre A, les mêmes 250 kWh coûtent 62,50 € d’énergie plus 12 € de partie fixe : la différence doit correspondre à des services que vous utilisez.
Vérifier comment les kWh sont comptés
Demandez où se trouve le compteur qui sert à la facturation. Quand la recharge part du compteur des services généraux, le syndic répartit les coûts grâce à des sous-compteurs certifiés ou agréés, précise l’Avere-France : des modèles au standard MID, reconnaissables au marquage CE suivi de la lettre M.
Ne comparez pas non plus vos factures avec les kWh affichés par la voiture. Dans une étude publiée le 6 août 2026 sur cinq voitures, l’ADAC a mesuré sur une borne de 11 kW, pour une charge de 10 à 90 % et une batterie entre 20 et 30 °C, des pertes de 5,1 à 7,0 % entre l’énergie tirée du réseau et celle arrivée dans la batterie. Le compteur de la borne en compte donc davantage.
Étaler les frais d’entrée sur votre durée d’usage
Des frais d’entrée élevés peuvent rendre une offre plus chère qu’elle n’en a l’air si vous ne restez que quelques années. Divisez-les par le nombre de mois pendant lesquels vous comptez vous en servir.
Avec le préfinancement, Enedis indique que la quote-part 2026 d’un copropriétaire qui raccorde sa place est comprise entre 456 € et 2 267 € TTC, hors présence d’amiante, selon la puissance de son raccordement et le coût de l’infrastructure. Pour une convention signée avant 2026, reportez-vous à ses montants. S’y ajoutent la dérivation individuelle, la borne et l’électricité.
Étalée sur 60 mois, cette quote-part représente de 7,60 € à 37,78 € par mois ; sur 120 mois, de 3,80 € à 18,89 €. Ajoutez ce montant mensuel à la partie fixe avant de comparer avec une offre sans frais d’entrée. Attendre n’évite pas la dépense : pendant les 20 ans de la convention de raccordement, la contribution est due pour toute nouvelle demande.
Côté aides, n’intégrez pas le crédit d’impôt pour borne : il est supprimé pour les dépenses payées depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Pour un point de recharge individuel en immeuble collectif, la prime ADVENIR couvre 50 % du montant hors taxe de la fourniture et de l’installation, plafonnés à 1 000 € par point, pour les dossiers signés depuis le 1ᵉʳ avril 2026, sans être acquise d’avance. Demandez si le prix affiché s’entend avant ou après la prime, et quel taux de TVA figure sur le devis : l’article 278-0 bis N du code général des impôts prévoit 5,5 % pour la pose et l’entretien d’infrastructures de recharge situées dans des locaux à usage d’habitation et destinées aux résidents, sous conditions.
Quels services comparer au-delà du prix ?
Comparez ce qui se passe quand la borne tombe en panne, qui l’entretient et ce que vous voyez de vos consommations. Ce sont ces postes qui justifient, ou non, une partie fixe plus élevée.
Il n’existe pas de délai d’intervention réglementaire commun à toutes les offres : il est fixé par la convention ou par votre contrat. La convention d’un opérateur doit en tout cas préciser les conditions de gestion, d’entretien et de remplacement des équipements. Demandez le délai écrit et ce qui est facturé en cas de déplacement. Le service de dépannage d’Enedis concerne le réseau public, pas votre borne : le guide pour suivre une panne de borne en copropriété indique qui appeler.
Regardez ensuite l’accès aux données. Un historique par session, avec date, durée et kWh, sert à contrôler les factures. Selon la CNIL, les données collectées doivent rester limitées à ce qui est nécessaire à leur finalité.
Enfin, interrogez la puissance réellement disponible. Quand l’installation part du compteur des services généraux, le pilotage doit maintenir la recharge dans la limite de la puissance souscrite, selon l’Avere-France : demandez comment les voitures sont servies le soir, quand tout le monde branche en même temps.
Engagement, hausses de prix et sortie : les clauses à lire
Avant de signer, repérez la durée d’engagement, la règle de révision du prix et le coût de la sortie. C’est souvent là que deux offres proches se séparent.
Pendant le contrat
Quand l’opérateur gère les branchements individuels, sa convention doit préciser les modalités de révision tarifaire : demandez l’indice ou la règle utilisés, la fréquence et le préavis. Pour un abonnement à durée déterminée reconduit tacitement, l’article L215‑1 du code de la consommation oblige le professionnel à vous informer par écrit, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant la date limite, de votre possibilité de ne pas reconduire. Si vous avez souscrit en ligne, vous devez pouvoir résilier en ligne, grâce à une fonctionnalité gratuite.
Au départ du logement
Le transfert d’un compte à l’occupant suivant relève du contrat de chaque opérateur. Avec le préfinancement, votre contrat d’électricité se résilie à la date souhaitée, au plus tard trente jours après votre demande, hors changement de fournisseur. Dans le droit à la prise, vous êtes propriétaire de votre borne : ce qu’elle devient à la fin d’un bail ou à la vente dépend des accords passés. Demandez aussi l’effacement de vos données : si la demande est fondée, il intervient au plus tard sous un mois, trois si elle est complexe, sauf obligation légale de conservation. Le guide consacré au fait de transmettre ou résilier ses accès de recharge détaille ces étapes.
Les documents à demander avant de choisir
Comparez sur pièces écrites : l’offre d’un voisin n’est peut-être plus proposée à l’identique. Réunissez pour chaque offre :
- la grille tarifaire complète, avec la puissance à laquelle chaque prix s’applique ;
- les conditions générales : durée, reconduction, préavis, frais de résiliation ;
- la règle de révision des prix ;
- le délai d’intervention promis par écrit et le numéro d’assistance ;
- le mode de comptage des kWh et l’accès à l’historique ;
- le sort de la borne et du compte en cas de déménagement.
En droit à la prise ou en préfinancement, vous commandez vous-même la pose de votre borne : au-delà de 3,7 kW, l’article D353‑2 du code de l’énergie exige un professionnel qualifié. En immeuble collectif d’habitation, une attestation de conformité est requise quelle que soit la puissance ; vérifiez qu’elle figure dans le prix. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France, avec visite technique et devis détaillé. La demande se fait sur la page demander un devis de borne de recharge. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Pour une question sur une offre reçue, utilisez la page de contact.
L’essentiel à retenir
- Les offres possibles dépendent du modèle de l’immeuble : droit à la prise, infrastructure de la copropriété, tiers investisseur ou préfinancement Enedis.
- Comparez un coût mensuel complet, partie fixe et kWh compris, pour un petit et un gros mois : le classement peut s’inverser.
- Étalez les frais d’entrée, comme la quote-part Enedis de 456 € à 2 267 € TTC en 2026, sur votre durée d’usage réelle.
- Mettez le prix du kWh face à votre propre contrat quand vous en avez un, et vérifiez comment les kWh sont comptés.
- Lisez la règle de révision des prix, la durée d’engagement et les conditions de départ avant de signer.
Questions fréquentes
Comment comparer deux abonnements de recharge en copropriété ?
Calculez pour chaque offre le coût d’un mois de recharge : kWh consommés multipliés par le prix du kWh, plus la partie fixe. Refaites le calcul pour un petit et un gros mois, car le classement peut s’inverser. Ajoutez les frais d’entrée divisés par le nombre de mois d’usage prévus, puis comparez les services compris, la révision des prix et les frais de sortie, toujours à puissance égale.
L’assemblée générale peut-elle imposer un seul opérateur de recharge ?
Il n’y a pas de réponse générale : tout dépend de la convention et du type d’infrastructure. L’article R353‑13‑3 du code de l’énergie prévoit que la convention conclue avec un opérateur ne peut pas faire obstacle à d’autres solutions de recharge pour les places de l’immeuble. Dans une infrastructure relevant du réseau public, les nouveaux points de recharge s’y raccordent, ce qui ne règle pas le choix de l’opérateur. Faites examiner votre cas par le syndic ou un juriste.
Peut-on choisir son fournisseur d’électricité pour recharger en copropriété ?
Oui avec le préfinancement par Enedis : selon Enedis, chaque copropriétaire intéressé paie sa quote-part et son raccordement, puis souscrit un contrat auprès du fournisseur de son choix. Dans le droit à la prise branché sur les services généraux, l’électricité est refacturée par le syndic. Avec un tiers investisseur, vous passez en principe par l’opérateur et sa grille tarifaire, selon la convention signée par la copropriété.
Que devient mon abonnement de recharge si je déménage ?
Cela dépend de votre contrat : le transfert d’un compte à l’occupant suivant n’est prévu par aucune règle générale. Lisez le préavis et les frais de résiliation avant de signer. Si vous avez souscrit en ligne, vous devez pouvoir résilier en ligne gratuitement. Un contrat d’électricité se résilie au plus tard trente jours après votre demande, hors changement de fournisseur. Pensez aussi à demander l’effacement de vos données.
Le prix du kWh d’un opérateur peut-il augmenter en cours de contrat ?
Oui, dans les conditions prévues. Quand un opérateur gère les branchements individuels, la convention signée avec la copropriété doit préciser les modalités de révision tarifaire, selon l’article R353‑13‑3 du code de l’énergie. Demandez la règle exacte : indice ou formule, fréquence et préavis. Refaites ensuite votre comparaison avec une hausse, par exemple de 10 %, pour voir si le classement des offres tient toujours.
Le syndic peut-il refuser que j’installe ma propre borne plutôt que de prendre l’abonnement ?
Pas sans motif sérieux et légitime. Le droit à la prise permet à un locataire, un occupant de bonne foi ou un copropriétaire occupant d’équiper à ses frais sa place privative d’accès sécurisé d’une installation à comptage individuel. L’existence d’installations de ce type, ou un projet collectif décidé par le syndicat pour un délai raisonnable, constitue notamment un tel motif. Pour s’opposer, le syndic doit saisir le tribunal judiciaire dans les trois mois suivant la notification.


