Avant d’acheter une place de parking équipée d’une borne, demandez au vendeur les documents qui établissent trois points : à qui appartient l’équipement, comment il est alimenté et ce qu’il vous coûtera ensuite. Les pièces essentielles sont la facture, l’attestation de conformité, la convention qui encadre l’installation et les contrats en cours.
Vous saurez ensuite reconnaître le mode d’installation de la borne, réunir les pièces adaptées, chiffrer les frais qui continueront et organiser une remise sans zone d’ombre.
Pourquoi une borne visible ne suffit pas à savoir ce que vous achetez
Une borne ne dit ni qui la possède, ni d’où vient l’électricité, ni quel contrat la fait fonctionner. Ces réponses se trouvent dans des documents, pas sur la place.
En copropriété, une place peut être équipée de plusieurs façons. Selon Enedis, le résident peut financer seul sa borne et son raccordement (le « droit à la prise »), la copropriété peut financer une infrastructure collective, un tiers investisseur peut avancer les frais de cette infrastructure et en devenir propriétaire, ou Enedis peut la préfinancer. L’infrastructure collective désigne les lignes et tableaux communs qui desservent les places.
Méfiez-vous aussi du mot « équipée » dans une annonce. Dans les parkings de plus de dix places des immeubles résidentiels neufs, le code de la construction impose de pré-équiper toutes les places : des conduits et une alimentation dimensionnée pour au moins 20 % des places, pas une borne en état de marche. Le guide sur le pré-équipement des parkings détaille ce qu’il permet.
Acheter une place de parking avec borne : quels documents la loi prévoit-elle ?
La loi allège le dossier remis à l’acquéreur d’une place de parking ; pour la borne, presque tout reste à réclamer.
L’article L721‑2 du code de la construction et de l’habitation considère un emplacement de stationnement comme un lot annexe. Pour sa vente, plusieurs pièces normalement remises à l’acquéreur d’un lot de copropriété ne sont pas exigées : les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, le carnet d’entretien, la notice d’information, les conclusions du diagnostic technique global et le plan pluriannuel de travaux. Vous restez libre de les demander.
Si la borne a été posée au titre du droit à la prise, le syndic a dû inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée suivante une information des copropriétaires sur le projet : le procès-verbal en garde la trace. Une convention avec Enedis ou un opérateur pour une infrastructure installée sans frais pour le syndicat relève, elle, d’un vote en assemblée : depuis août 2021, à la majorité de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. Demandez les procès-verbaux qui mentionnent la recharge, même anciens.
Quatre montages courants et les documents propres à chacun
Identifiez d’abord comment la place est alimentée : le mode d’installation détermine les documents à réclamer. Le tableau résume les situations courantes en copropriété.
| Mode d’installation | Qui possède quoi | Documents à demander | Frais après l’achat |
|---|---|---|---|
| Droit à la prise sur le compteur des parties communes | Le résident demandeur possède sa borne et son câblage | Notification au syndic avec descriptif, plan et schéma ; convention avec le prestataire ; facture ; attestation de conformité | Électricité refacturée par le syndic, maintenance selon la convention |
| Infrastructure du réseau public (préfinancement Enedis) | La partie collective relève du réseau public ; le résident finance son raccordement et sa borne | Convention de raccordement, justificatif de la quote-part payée, référence du compteur Linky de la place | Contrat d’électricité auprès du fournisseur choisi |
| Infrastructure d’un opérateur (tiers investisseur) | L’opérateur possède l’infrastructure collective ; la borne, selon le contrat | Extrait de la convention avec l’opérateur, contrat de service du vendeur, grille tarifaire | Abonnement et tarifs fixés par l’opérateur |
| Borne branchée sur le logement du vendeur | À faire préciser par écrit : la borne dépend du logement | Schéma de raccordement, engagement de débranchement avant la vente | Nouveau raccordement à prévoir si vous n’achetez que la place |
Le guide de l’Avere-France (édition 2023) déconseille d’alimenter une borne de parking depuis un appartement : des câbles privés traversent les parties communes, la borne reste alimentée si les pompiers coupent le courant du garage, et la place ne peut plus être louée ou vendue séparément du logement. Si vous n’achetez que la place, demandez que le débranchement soit réalisé par un professionnel qualifié avant la signature.
Les pièces techniques qui décrivent la borne
La facture et l’attestation de conformité établissent qui a posé la borne et que l’installateur en a vérifié la conformité. Sans elles, vous ignorez l’origine et l’état de l’appareil.
Dans les bâtiments d’habitation collectifs, l’article 23 du décret n° 2017-26 exige une attestation de conformité pour la mise en service d’une infrastructure de recharge, quelle que soit sa puissance. L’installateur y vérifie notamment que chaque point de recharge dispose d’un circuit spécialisé, c’est-à-dire d’une ligne qui ne dessert que lui, protégé par un dispositif différentiel de 30 mA au plus.
La facture indique la référence de la borne, sa puissance, la date de pose et l’entreprise. Au-delà de 3,7 kW en habitat privé, l’article D353‑2 du code de l’énergie réserve la pose à un professionnel titulaire d’une qualification IRVE (infrastructures de recharge pour véhicules électriques). Si l’entreprise est qualifiée par QUALIFELEC, vérifiez-la dans l’annuaire en ligne de l’organisme et demandez le certificat en vigueur à la date des travaux, valable 12 mois.
Qui est propriétaire de la borne et que prévoit la convention ?
La propriété de la borne dépend de son mode d’installation ; la convention fixe les règles d’accès et d’entretien. Clarifiez ces deux points avant la promesse de vente.
Borne installée au titre du droit à la prise
Le droit à la prise, prévu par l’article L113‑16 du code de la construction et de l’habitation, permet à un locataire, un occupant de bonne foi ou un copropriétaire occupant d’équiper à ses frais une place privative d’accès sécurisé ; le syndicat ne peut s’y opposer que pour un motif sérieux et légitime. Selon l’Avere-France, le demandeur est propriétaire de ses équipements, borne et câblage compris. Avant les travaux, le syndic signe avec le prestataire une convention qui fixe les conditions d’accès aux parties communes, de gestion et d’entretien : demandez-la. Si la borne a été posée par un locataire du vendeur, son sort dépend du bail et des accords entre les parties : faites confirmer par écrit qu’elle est cédée avec la place.
Infrastructure d’un opérateur ou du réseau public
Avec un opérateur, l’article R353‑13‑2 du code de l’énergie impose à la convention de préciser notamment sa durée, ses conditions de résiliation, l’entretien et le remplacement des équipements, et la propriété des installations à son terme. Si l’opérateur gère aussi les branchements individuels, elle fixe en outre les tarifs et leur révision (article R353‑13‑3), sans pouvoir faire obstacle à d’autres solutions de recharge. Pour une infrastructure du réseau public, la convention de raccordement porte sur 20 ans à compter de sa signature, et tout point de recharge installé ensuite dans son périmètre y est raccordé. Voyez aussi comment identifier l’opérateur de recharge de son immeuble.
Chiffrer les frais qui continueront après la vente
Une borne déjà payée n’exclut pas des frais récurrents : électricité, abonnement éventuel, maintenance. Demandez au vendeur ses derniers relevés et factures.
Dans le droit à la prise raccordé aux services généraux, Enedis indique que l’électricité de la recharge est refacturée au résident par le syndic. L’Avere-France recommande que la convention précise qui relève le compteur et à quelle fréquence, comment les consommations sont refacturées, qui paie un éventuel surcoût d’abonnement de puissance et comment la maintenance est assurée. Le même guide préconise des sous-compteurs au standard MID, reconnaissables au marquage CE suivi de la lettre M : regardez-le sur place.
Pour un ordre de grandeur, prenons l’hypothèse de calcul du guide Avere-France : 20 kWh aux 100 km, soit 3 000 kWh pour 15 000 km par an. Au Tarif Bleu d’EDF du 1ᵉʳ août 2026, option Base en 6 kVA (0,2001 € TTC le kWh), cela fait 3 000 × 0,2001 = 600,30 € par an ; en option Heures creuses, avec toute la recharge en heures creuses (0,1589 €), 3 000 × 0,1589 = 476,70 €. Le prix réellement refacturé dépend du contrat de la copropriété et de la convention.
Si la place est desservie par une infrastructure du réseau public sans y être raccordée, prévoyez la quote-part : selon Enedis, de 456 € à 2 267 € TTC pour 2026, hors présence d’amiante ; pour une convention signée avant 2026, ce sont ses montants, actualisés le cas échéant. S’y ajoutent la dérivation individuelle (le câble entre l’infrastructure et la place, avec son compteur Linky), la borne et la consommation. Avec un opérateur, lisez la grille tarifaire et ses règles de révision. Le guide prix et financement d’une borne en copropriété détaille ces postes.
Faire un essai de recharge sur place avant de signer
Un essai avec le vendeur confirme que la borne fonctionne et révèle vite une borne désactivée ; il ne remplace pas les documents.
Venez avec un véhicule compatible, garez-le, repérez la trappe de recharge, déroulez le câble et vérifiez qu’il n’est ni écrasé ni fendu. Faites lancer une session avec le badge ou l’application du vendeur, puis observez l’affichage de la borne et de la voiture pendant quelques minutes. Notez la puissance annoncée et tout message d’erreur.
Relevez aussi le numéro de série sur l’étiquette de la borne et la référence du sous-compteur ou du compteur Linky de la place. En sous-sol, vérifiez aussi que la borne garde sa liaison au réseau mobile ou au Wi-Fi. N’ouvrez ni la borne ni le coffret électrique ; un doute sur l’installation se règle avec un professionnel qualifié. Les critères pour choisir sa borne de recharge vous diront si sa puissance convient à votre véhicule.
Organiser la remise : contrats, badges et comptes
Le vendeur ferme ses contrats et ses comptes, vous ouvrez les vôtres : la reprise d’un abonnement dépend du contrat de l’opérateur.
Faites décrire avec le notaire, dans l’avant-contrat, ce qui est vendu avec la place : borne, câble, badges, documents et état attendu à la remise. Demandez au vendeur les coordonnées de l’opérateur et la date de résiliation de ses contrats. Pour un contrat d’électricité, la résiliation hors changement de fournisseur prend effet à la date souhaitée par le consommateur, au plus tard trente jours après sa notification.
Le jour de la remise, récupérez badges et câble, faites supprimer le compte du vendeur sur la borne ou l’application et activez le vôtre. Les guides pour transmettre ou résilier ses accès de recharge et pour obtenir les bons accès dans une copropriété équipée détaillent les deux côtés de la démarche.
Votre liste de documents à demander au vendeur
Réunissez ces pièces avant la promesse de vente ; le vendeur peut obtenir celles qui manquent auprès du syndic. Chaque point sans réponse est à faire trancher par écrit.
- Facture de la borne et de sa pose (référence, puissance, installateur) et attestation de conformité.
- Notice du fabricant, procès-verbal de réception et historique des interventions.
- Pour un droit à la prise : notification au syndic, descriptif des travaux, plan d’intervention, schéma de raccordement et convention signée avec le prestataire.
- Pour une infrastructure collective : convention avec Enedis ou l’opérateur, justificatif de la quote-part ou des frais de raccordement payés.
- Contrats en cours (électricité, abonnement de recharge, maintenance) avec leurs conditions de résiliation.
- Procès-verbaux d’assemblée qui mentionnent la recharge et derniers décomptes de charges du lot.
Si un document manque ou si la borne vous laisse un doute, faites examiner l’installation avant de vous engager. Volticom, entreprise qualifiée QUALIFELEC IRVE, intervient partout en France : visite technique, puis devis détaillé si un remplacement ou un nouveau raccordement s’impose. Objectif : devis sous 48 h après dossier complet. Déposez votre demande de devis pour une borne ou posez votre question depuis la page contact de Volticom.
L’essentiel à retenir
- Une borne visible ne prouve ni sa propriété, ni son raccordement, ni son contrat.
- Pour une place de parking, lot annexe, le vendeur n’est pas tenu de fournir les procès-verbaux d’assemblée, mais vous pouvez les demander.
- En immeuble d’habitation collectif, la mise en service d’une borne exige une attestation de conformité, quelle que soit sa puissance.
- Le mode d’installation détermine qui possède la borne et quels frais continueront.
- Si vous n’achetez que la place, faites débrancher par un professionnel qualifié une borne alimentée depuis l’appartement du vendeur.
- Décrivez dans l’avant-contrat ce qui est vendu et datez la résiliation des contrats du vendeur.
Questions fréquentes
Quels documents demander pour acheter une place de parking avec borne ?
Demandez la facture de la borne, l’attestation de conformité exigée en immeuble d’habitation collectif, la notice, l’historique des interventions et les contrats en cours. Ajoutez la pièce qui explique le raccordement : convention signée avec le prestataire en cas de droit à la prise, convention avec Enedis ou l’opérateur pour une infrastructure collective. Les procès-verbaux d’assemblée qui mentionnent la recharge complètent utilement le dossier.
Le vendeur d’une place de parking doit-il fournir les procès-verbaux d’assemblée générale ?
Non. L’article L721‑2 du code de la construction et de l’habitation dispense la vente d’un lot annexe, comme un emplacement de stationnement, de plusieurs pièces : procès-verbaux des assemblées des trois dernières années, carnet d’entretien, notice d’information, diagnostic technique global et plan pluriannuel de travaux. Vous pouvez toutefois les demander. Pour une place équipée, ceux qui évoquent la recharge renseignent sur l’origine de la borne.
La borne est-elle forcément vendue avec la place de parking ?
Non, pas automatiquement. En droit à la prise, le résident qui a demandé les travaux possède sa borne et son câblage ; avec un opérateur, la convention fixe la propriété des installations à son terme. Si la borne a été posée par un locataire du vendeur, son sort dépend du bail et des accords entre les parties. Faites préciser dans l’avant-contrat ce qui est cédé avec la place.
Peut-on acheter seulement la place si la borne est branchée sur l’appartement du vendeur ?
Pas sans travaux. Le guide de l’Avere-France déconseille ce montage : câbles privés en parties communes, borne encore alimentée si les pompiers coupent le courant du garage, et place qui ne peut plus être vendue séparément du logement. Demandez que le débranchement soit réalisé par un professionnel qualifié avant la vente, puis prévoyez un nouveau raccordement pour votre place.
Une borne en copropriété doit-elle avoir une attestation de conformité ?
Oui. Dans les bâtiments d’habitation collectifs, l’article 23 du décret n° 2017-26 exige une attestation de conformité pour la mise en service d’une infrastructure de recharge, quelle que soit sa puissance ; ailleurs, elle n’est requise qu’au-delà de 36 kW. L’installateur y vérifie notamment le circuit spécialisé de chaque point de recharge et son différentiel de 30 mA au plus. Demandez-en une copie au vendeur.
Peut-on reprendre l’abonnement de recharge de l’ancien propriétaire ?
Pas forcément : le transfert d’un abonnement ou d’un compte de recharge dépend du contrat de l’opérateur. Demandez ses conditions avant la vente et prévoyez l’ouverture de votre propre compte. De son côté, le vendeur résilie ses contrats ; pour l’électricité, hors changement de fournisseur, la résiliation prend effet à la date qu’il choisit, au plus tard trente jours après sa notification.


